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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 15:19

Avec un peu de retard, voici quelques impressions sur la représentation du 28 mars dernier qui voyait les premiers pas de Myriam Ould-Braham dans le rôle titre de la Bayadère.

Cette représentation était très attendue des balletomanes qui étaient d’ailleurs nombreux dans la salle. Depuis un an, la première danseuse Myiram Ould-Braham réussit à obtenir au moins une date sur chaque reprise de ballet classique et a même été l’une des héroïne de la re création de la Source.

 

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Sur cette reprise de la Bayadère, elle est distribuée pour la première fois sur le rôle de Nikiya pour trois représentations. Les espoirs de nominations que suscitait cette distribution se sont quelque peu évanouis après les nominations successives de Josua Hoffalt et Ludmila Pagliero mais l’intérêt du public restait grand. D’autant plus que Gamzatti devait être interprétée par la sujet Mathilde Froustey qui avait dû faire une prise de rôle à haut risque en cours de représentation lors de la blessure de Dorothée Gilbert il y a une semaine. Au final, la jeune femme était souffrante et c’est Charline Giezendanner sujet elle aussi qui a assuré le spectacle.

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Myriam Ould-Braham a toutes les qualités d’une bonne Nikiya. Son travail de bras est magnifique et ses cambrés spectaculaires. Elle prend le partit de camper une Nikiya très femme, moins immatérielle que ses camarades. Elle semble néanmoins un peu effacée au premier acte et peine à imposer son personnage. Elle s’illumine toutefois lorsqu’apparait Florian Magnenet étonnant dans le rôle du guerrier Solor. Le premier danseur impose un personnage tout à fait intéressant. Il est éperdument amoureux de Nikiya et on ne le sent jamais hésiter sur ses sentiments. Le reproche que l’on peut faire à la plupart des titulaires du rôle est de camper des personnages très volatiles dans leurs sentiments. Ils hésitent au premier acte et sont ravis de leur nouvelle fiancée au second. Ici Florian Magnenet est clairement opposé à ce mariage forcé. Il a même un geste assez intéressant et que je n’avais jamais remarqué chez les autres danseurs lors de sa confrontation avec le Rajah. Après concertation avec ses amis, il se tourne vers le Rajah et fait très clairement « non » de la main. A ce moment le Rajah lui attrape le bras pour placer sa main dans celle de sa fille accentuant bien le côté « arrangé » de l’histoire. Même lors des fiançailles il n’est jamais pleinement heureux et semble faire les choses machinalement.

Il est en revanche tout amour dès qu’il croise le regard de sa Bayadère. Le pas de deux du premier acte était très réussi, très fluide. Les deux partenaires forment un couple assez inattendu mais plutôt convaincant. Il faut qu’ils doivent être le seul partenariat d’origine dont les deux membres sont encore debout.

 

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Au deuxième acte, place au divertissement avec les festivités des fiançailles. Allister Madin a campé une excellente idole dorée, très précise et aussi très bien maquillée (et bien oui ça compte aussi !).

Heloïse Bourdon était surprenante en danseuse indienne et très bien épaulée par le trop rare Sébastien Bertaud.

Eleonore Guérineau quant à elle était une danseuse Manou très joueuse et pleine de peps.

Charline Giezendanner de son côté entrait donc pour la première fois dans les habits de Gamzatti. Je n’ai pas été très fan au premier acte de son côté gamine pourri-gâtée. Elle m’a fait penser à une enfant à qui on cherchait à piquer son jouet préféré. C’est une interprétation qui se défend mais qui m’a un peu surprise car on en perdait un peu le côté princesse. Elle était en revanche formidable au deuxième acte assurant techniquement toute la difficile partition de son rôle. Je serais curieuse de la revoir une seconde fois pour constater l’évolution de son personnage.

Le deuxième acte se termine par la mort tragique Nikiya où Myriam Ould-Braham a véritablement brillé. Elle était extrêmement touchante d’un bout à l’autre. Même la coda qui arrive souvent comme un cheveu sur la soupe était très maîtrisée et en cohérence avec le reste de son interprétation. Il restait quelque chose de très mélancolique qui était intéressant.

 

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Le troisième acte a débuté par une descente des ombres assez chaotique. Le trio d’ombre n’était pas non plus au mieux de sa forme. Heureusement le couple phare a brillé. Il était totalement à son aise dans ce style. Myriam m’a plusieurs fois fait penser à un cygne blanc. Florian Magnenet était un partenaire solide et a réussi à passer toutes les difficultés techniques du rôle.

 

Au final une soirée très attendu et très agréable. J’ai maintenant hâte de revoir cette distribution le 15 avril lors de la dernière.

D’ici là un retour sur la venue de Svetlana Zakharova et enfin quelques mots sur la soirée Robbins/Ek !

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Published by danse-opera.over-blog.com - dans Ballets opéra de Paris
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