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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 13:35

 

La saison parisienne démarrant un peu doucement, le week end dernier était l’occasion de voir ce qu’il se fait ailleurs en France en allant découvrir les deux seules compagnies d’envergure du pays à proposer du classique (mais pas que !) en dehors de l’Opéra de Paris.

Les ballets de Toulouse et Bordeaux ont chacun choisi de rendre hommage à Serge Lifar quasiment en même temps ce qui nous permet de pouvoir (re)découvrir pas mal d’œuvres du chorégraphe en à peine deux jours.

 

Samedi, direction Toulouse. Une ville au passage très agréable avec une belle architecture et une bonne ambiance (même s’il n’y a plus de restos ouverts après 22h30 !).

 

Le ballet de Toulouse dirigé depuis 3 ans par l’ancien danseur étoile de l’Opéra de Paris Kader Belarbi est une compagnie en plein de renouveau qui propose des saisons extrêmement intéressantes. La troupe est de petite taille (environ 35 danseurs) mais regorge de talents.

J’ai été totalement séduite par cette compagnie qui respire la joie de danser. Les artistes ont de quoi faire en enchainant de nombreux rôles au fil de la même soirée. Ils ont présenté au public un spectacle très aboutit et il faut bien le dire, franchement enthousiasmant. J’en suis ressortie enchantée.

 

Le programme nous offrait deux œuvres (assez rares à Paris) de Serge Lifar et Roland Petit ayant pour point commun leur compositeur Henri Sauguet. Les deux partitions étaient pour moi des découvertes (hors extraits entendus de ci de là).  Elles ont chacune une ambiance bien à elles et permettent d’entrer dans le ballet avec force.

 

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La soirée débute avec les Mirages qui nous fait pénétrer dans le palais de la Lune avec un homme qui va dérober la clé des songes et rejoindre un univers où il croisera des femmes, des marchands avant de voir tout ce à quoi il aspire s’évanouir.

De prime abord, l’argument du ballet n’est pas limpide et il me faudra une petite explication pour tout comprendre. Cela n’empêche pas d’apprécier le spectacle.

L’atmosphère du ballet est tout à fait particulière et mystérieuse.

Dans ce décor gris, les numéros s’enchainent. On croise ainsi la très pétillante Chimère de Caroline Betancourt, la séduisante femme de Béatrice Carbone. Mais aucune d’elle ne s’éternise laissant l’homme (rôle finalement assez peu valorisant qui semble plus ‘passer les plats’ qu’autre chose) seule avec son ombre.

Car la véritable ‘star’ de la pièce c’est bien elle. Tour à tour implacable ou mélancolique elle trouve en Maria Gutierrez une interprète de choix. Extrêmement charismatique, elle propose une palette très large d’émotions et nous emporte à travers la nuit.

 

Un très beau ballet, très bien servi par ses interprètes qui laisse un souvenir durable.

 

À côté, les Forains, œuvre de jeunesse de Roland Petit peut paraître plus anecdotique. La danse n’est pas encore très développée mais le sens du spectacle lui est déjà là. Petit a toujours su raconter des histoires fortes de manière limpide et nous en avons un bel exemple ici.

Ces forains sont franchement émouvants avec l’énergie qu’ils mettent dans le spectacle pour offrir les meilleurs numéros possibles à un public enthousiaste mais bien ingrat qui ne leur laissera même pas une petite pièce pour vivre. La pièce est pleine de mélancolie et touche juste.

 

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Sa construction (une suite de numéros) permet à chaque interprète de briller même s’il est vrai que le clown et la petite fille (absolument adorable) sont des rôles particulièrement valorisants qui remportent facilement l’adhésion du public. À leurs côtés Artyom Maksakov et Béatrice Carbone forment un beau couple de « héros » dans les rôles du prestidigitateur et de la belle endormie, tandis que Virginie Baïet-Dartilongue fait une belle apparition en Loïe Fuller après avoir joliment ouvert la pièce.

 

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On ne peut donc qu’être frustré par cette salle si peu remplie. Lorsque le spectacle est d’une telle qualité, on aimerait que le plus grand nombre en profite.

Alors si vous habitez la région ou avez l’occasion d’y faire un petit voyage, ne manquez surtout pas le ballet du Capitole, vous y passerez une soirée dont vous vous souviendrez !

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 17:06

Cela fait maintenant plusieurs années que le théâtre du Châtelet propose régulièrement au public parisien des comédies musicales de Broadway, souvent rares ou inédites en France, en version originale.

Des rendez-vous à ne pas manquer. La venue de ces spectacles est une vraie chance et les shows proposés sont d’une grande qualité.

Après West Side Story (une de mes meilleures soirées l’an dernier), Sweeney Todd ou encore My Fair Lady, c’est au tour d’Into the Woods d’arriver sur les planches parisiennes.

 

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Quasi inconnu en France, ce musical est pourtant un grand classique américain composé par l’un des maîtres du genre Stephen Sondheim (Company, Gipsy, Sweeney Todd, les paroles de West Side Story…).

L’action se situe aux abords de la forêt enchantée (les fameux woods). Un boulanger frappé par une malédiction et sa femme sont si désespérés de ne pouvoir avoir d’enfants qu’ils vont passer un deal avec la vilaine sorcière du coin. Pour avoir un enfant, ils doivent lui rapporter une vache aussi blanche que le lait, une cape aussi rouge que le sang, des cheveux aussi jaunes que le maïs et un soulier aussi pur que l’or.

Dans les bois ils vont donc croiser Jack parti vendre sa vache (qu’il va échanger contre des haricots magiques), le petit chaperon rouge en visite chez sa mère grand, Raiponce enfermée dans sa tour, Cendrillon allant puis s’enfuyant du bal, son prince lui courant après…

 

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D’abord plutôt classique, l’histoire va rapidement devenir assez décalée avec des traits d’humour (les princes ringards, Cendrillon scotchée sur les marches du palais…) assez bienvenue, et osant même les accès d’hémoglobine (les scènes avec la géante, les oiseaux percent les yeux…) aussi brusque et surprenant qu’ils provoquent instantanément l’hilarité de la salle ! Le livret signé James Lapine, s’amuse avec les codes du genre, s’éloignant de plus en plus du conte de fée avec ses princes infidèles et Raiponce en mère célibataire.

Si l’histoire ne se prend pas au sérieux, elle est servie par une redoutable équipe de professionnels.

Le décor est assez magnifique, impressionnant et surtout très malin avec sa scène tournante nous emmenant dans tout les recoins du bois. Les interprètes sont fantastiques et très bien castés pour nous offrir cette palette de personnages très différents mais tous valorisants. Il vaut évidemment citer la drôlissime sorcière de Berverly Klein qui a remporté un franc succès. Et si chaque interprète mérite d’être cité je retiendrai tout de même plus particulièrement l’interprétation sensible de Nicholas Garret en boulanger et la fraîcheur de Francesca Jackson en petit chaperon rouge (et la superbe voix de Kimy McLaren en Cendrillon).

 

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Le tout forme un ensemble drôle, touchant, dynamique, surprenant, avec une énergie qui nous embarque pendant près de 3h que l’on ne voit pas passer. Une belle réussite.

Je ne saurais que trop vous encourager à découvrir ces spectacles musicaux que nous offre le Châtelet, c’est un pur bonheur à chaque fois.

 

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À noter qu’Into the woods va être adapté en film l’année prochaine avec Meryl Streep en sorcière, Anna Kendrick en Cendrillon et Johnny Depp en grand méchant loup (choix assez étonnant car le personnage est mineur dans le spectacle).

Je ne suis pas spécialement fan des adaptions de pièces sur grand écran. Toutes ne se valent pas mais cela peut être l’occasion pour le grand public de découvrir cette œuvre et ces si belles chansons.

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 15:10

 

Avant la reprise d’Onéguine voici la fin des aventures londonienne.

 

Je vous avais laissé au Royal Ballet à la fin de Giselle et après une bonne pose scones, nous voilà parties pour le Coliseum pour découvrir le Corsaire de l’English National Ballet.

 

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Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on change totalement d’ambiance ! Du romantisme éthéré en noir et blanc on se retrouve dans la débauche de technique et de couleurs.

Etonnamment absent du répertoire de l’Opéra de Paris (pourtant plus grande compagnie de ballet du monde si l’on en croit sa directrice) le Corsaire est un grand classique à l’affiche de nombreuses compagnies internationales. Tous les codes du grand ballet sont là. Une histoire épique faite d’amour, de trahison et de vengeance, trois actes, une musique entrainante, un (presque) acte blanc. Le ballet fait un peu penser à Don Quichotte tant dans sa construction (une place de ville, un amour, une fuite, une partie rêvée…) que pour son côté « grand divertissement ». Pas besoin en effet de chercher ici de la profondeur psychologique ou du drame (même si je ne me suis pas remise du fait qu’Ali et Gulnare passent par dessus bord pendant le naufrage sans que ça n’émeuve personne !), on est là pour voir du spectacle.

 

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Et force est de constater que l’on est bien servi ! À l’image du Royal Ballet, l’ENB respire la joie de vivre et l’envie de danser. Il y a sur scène un dynamisme assez impressionnant aussi bien chez le corps de ballet que chez les solistes. Dès le début de l’acte on est impressionné par l’explosivité de Junior Souza (le marchand d’esclave) pour qui la scène semble presque trop petite, et charmé par la grâce et la technique d’acier de la superbe Laurretta Summerscales, future étoile à n’en pas douter.

 

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Une bonne préparation pour le feu d’artifice du deuxième acte qui a fait exploser la salle en applaudissement et en bravi. Une atmosphère très galvanisante donnant tout d’un coup l’impression de vivre tous ensemble quelque chose de fort, ce que l’on aimerai connaître plus souvent. Un public qui n’a pas peur d’applaudir ça fait plaisir !

Dans le rôle titre de Medora, Tarama Rojo met toutes ses concurrentes KO. C’est elle la star de cette soirée un point c’est tout. Elle ne s’excuse pas d’être là et déploie à 39 ans une technique qui ferait baver d’envie n’importe quelle petite jeune. À l’âge où toutes nos étoiles françaises ont délaissé le classique depuis quelques temps déjà cela fait rêver… Il faut préciser qu’elle est également directrice de la compagnie et est en train d’y accomplir un beau travail. Impressionnant.

À ses côté Matthew Golding sort son plus beau sourire et sa belle mèche blonde pour camper le Corsaire Conrad. On pourrait ne pas y croire une seconde, être énervé par ses manières et son côté sosie de Brad Pitt qui ne fait quand même pas très corsaire viril, mais cela passe étonnamment bien ! L’étoile montre une telle générosité dans sa danse et une technique tellement précise que l’on est aussi séduite que Médora.

 

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Je ne vais pas citer tous les interprètes (en partie parce que je n’ai pas la fiche de distribution sur moi !) mais ils étaient tous assez formidables de talent et d’investissement et faisaient passer ce ballet, tout de même assez long, à toute allure. On en redemanderait.

 

Une belle représentation qui vient donc conclure une superbe journée. Deux compagnies enthousiasmantes dans deux œuvres radicalement différentes mais aussi sympathiques l’une que l’autre… Cela donnerai presque envie de prendre un abonnement pour l’Eurostar !

 

La semaine prochaine on se retrouve pour le début de la série d’Onéguine au Palais Garnier qui s’annonce pour le moins mouvementée.

On ne sait pas trop ce qui est passé par la tête de la direction quand elle a décidé que 3 distributions seraient suffisantes. Aujourd’hui les plannings sont déjà en train d’être modifiés et le spectateur est dans le flou.

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 10:14

Le week end du 18 janvier, une grande partie des balletomanes parisiens a traversé la Manche pour découvrir pendant deux jours l’univers du ballet anglais. Il faut dire que le programme était particulièrement alléchant. Giselle au Royal Ballet, le Corsaire à l’English National ballet et Swan Lake de Matthew Bourne. J’ai pour ma part mis le dernier de côté mais ai bien profité du Royal Opera House et du Coliseum.

 

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On commence donc avec Giselle. J’étais très enthousiaste a l’idée de retrouver la troupe du Royal Ballet qui m’avait tant impressionnée à Monaco et encore plus de revoir le couple Marquez/ McRae dans une nouvelle œuvre.

Après un trajet un peu chaotique, c’est en srpintant que j’arrive au Royal Opera House. Tout d’un coup on comprend la détresse des touristes étrangers se perdant à Garnier ou Bastille. Mais je vais garder ma mauvaise foi bien française et dire que c’est la faute au bâtiment qui est un vrai labyrinthe d’escalier fait pour perdre le spectateur.

 

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Le rideau rouge s’ouvre (une chose que j’aime. Il s’ouvre en deux contrairement au parisien qui se lève) sur le traditionnel petit village de Giselle. L’enchantement peut commencer. Je suis peut être un public facile mais j’ai toujours aimé Giselle. Depuis toute petite il est dans la top liste de mes ballets préférés. C’est aussi le premier que j’ai vu à l’Opéra de Paris. Giselle c’est le charme désuet du premier acte, la pantomime, les villageois puis les willis, l’ambiance mystérieuse du deuxième acte, la musique… Et puis une belle histoire dont décidément je ne me lasse pas.

Le fait de découvrir le ballet avec une nouvelle troupe donne un peu l’impression de retomber en enfance. On s’émerveille à nouveau, on redécouvre, on est surpris.

 

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L’élément frappant du Royal Ballet, qui m’avait déjà marqué dans Manon, est la vie qu’ils apportent sur scène. Rien ne semble automatique et chaque danseur apporte une énergie et une conviction qui fait plaisir à voir. Ce sont également les rois de la pantomime. Jamais un ballet ne m’a semblé aussi limpide. Le passage de la mère de Giselle qui m’a parfois paru si long était ici véritablement passionnant.

 

Roberta Marquez campe une superbe Giselle. Naïve, romantique et définitivement sympathique. Elle met tellement de conviction dans son personnage que cela nous empêche de la trouver trop « cruche ». Elle est très bien accompagnée par Steven McRae qui lui aussi déploie une pantomime d’une clarté impressionnante. On voit parfaitement le prince cherchant à se faire passer pour un paysan. Bien dragueur au début, puis mal à l’aise face à l’arrivée de sa fiancée et qui réalise petit à petit le drame qui est en train de se créer devant ses yeux.

La scène de la folie était très réussie grâce à une Roberta Marquez très inspirée qui n’hésite pas y aller franchement. Sa Giselle perd complètement la tête et c’est assez prenant à voir.

 

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Au deuxième acte nous plongeons dans l’univers des willis. Ce passage ne possède certes pas la précision technique et de style de la production française mais réussi néanmoins à nous embarquer grâce à une interprétation glaçante de la part du corps de ballet. Si leur première apparition est pleine de mélancolie elles surprennent ensuite dans les passages les opposants aux hommes. Les voir ainsi froidement faire bloc pour les contraindre à danser jusqu’à la mort était très impressionnant. On comprenait tout d’un coup la peur saisissant les visiteurs du cimetière ou même précédemment des villageois lorsqu’on leur raconte la légende des willis. Il ne faut effectivement pas trop se frotter à elles !

 

Elles étaient magnifiquement menées par leur reine Myrtha. Claudia Dean arrive sur le plateau comme une apparition. Elle est d’une beauté qui lui donne un caractère assez irréel. Son interprétation très froide et autoritaire s’accorde parfaitement avec le corps de ballet. Elle reste impassible face aux supplications des hommes et garde un regard très dur tout au long de l’acte.

 

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Face à elle, nous retrouvons notre couple star. Les deux principals sont très émouvant que ce soit dans leurs pas de deux ou passages solos. Leur détresse et palpable. Roberta Marquez ne campe pas une Giselle distante et éthérée. Il reste encore beaucoup d’humanité en elle et il beau de voir son envie de sauvé son prince à tout prix. Steven McRae de son côté apparaît rongé par le remord et est très touchant (on en oublierai presque qu’il avait promis à cette pauvre Giselle de l’épouser alors qu’il savait très bien qu’il était fiancé et qu’elle en est morte de désespoir !).

 

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En conclusion, cette Giselle du Royal Ballet est un très beau moment et un bon moyen de redécouvrir ce ballet. Les interprètes (des étoiles aux membres du corps de ballet) sont tous très investis et font vivre cette histoire avec force et conviction.

 

On se retrouve très vite pour la suite des aventures londoniennes avec le Corsaire de Tamara Rojo et Matthew Gloding. 

 

Pour d’autres impressions sur Giselle, rendez-vous sur Impression danse, Blog à Petits Pas et Danses avec la plume.

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 16:17

Puisque tout le monde en parle il est temps pour moi aussi de revenir sur la venue du Bolchoï à Paris avec Illusions Perdues d’Alexeï Ratmansky.

Que dire sur le ballet en lui-même ? J’aime toujours découvrir de nouvelles œuvres et en particulier dans le répertoire classique, neo-classique, aussi j’étais assez curieuse malgré les échos partagés des premiers spectateurs.

 

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Et il faut bien avouer que les 30 première minutes font assez peur. Lenteur, longueurs… on ne voit pas l’acte se terminer avec en prime une musique assez désagréable à l’oreille. Pourtant ce ballet aurait tout pour plaire. Une belle histoire (je parle de l’argument en lui-même, pas de l’adaptation du livre), de beaux décors et costumes, de grands danseurs… Mais il manque l’essentiel. Des moments marquants. La chorégraphie se déroule, les décors changent, l’histoire est limpide et pourtant un sentiment d’ennui parcours l’œuvre.

 

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C’est beau, sympathique mais on n’en retient au final pas grand chose si ce n’est que ce ballet aurait pu être beaucoup plus que cela.

L’entrevue de Coralie et Lucien dans la chambre de ce dernier aurait pu être un grand pas de deux romantique, la dernière apparition de Lucien (qui conclue tout de même le ballet), une variation évoquant son désespoir… Oui, il m’a définitivement manqué quelque chose.

Le ballet ne manque toutefois pas de charme et l’ambiance du vieux Paris est bien retranscrite. Les scènes de ballet dans le ballet très plaisantes (en particulier la Sylphide).

 

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Reste aussi les interprètes. Le Bolchoï est une grande compagnie avec de grands danseurs et il est toujours un privilège de les voir évoluer sur scène. On sent beaucoup de conviction et d’envie dans la troupe quelle que soit la qualité de ce que l’on leur donne à danser. Evgenia Obrastzova était comme à son habitude lumineuse avec une danse d’une pureté et d’une grâce magnifique. Ekaterina Krysanova offre un très bon parallèle avec une danse vive, précise et beaucoup de caractère. Le héro de la soirée reste néanmoins David Hallberg, danseur super que je regrette de n’avoir pu voir dans la Belle en décembre. Techniques, lignes, implication, jeu, il porte le ballet avec force et conviction.

 

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Après le Bolchoï on passe à deux autres compagnie. Ce week end, une grande partie de la blogosphère française se délocalise à Londres pour deux jours de Corsaire et Giselle avec English National Ballet et le Royal Ballet. À moins de trouver un réseau wifi là bas il n’y aura pas de tweets du week end mais un bon compte rendu après ! Et pour patienter, vous pouvez relire mes impressions sur ma première rencontre avec le Royal Ballet il y a quelques mois.

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 08:40

Le Royal Ballet. Voilà une compagnie qui m’attire depuis très longtemps. Les extraits vus et revus sur Youtube, la participation des étoiles à plusieurs galas internationaux, la grande efficacité de leur communication… tous ces éléments me donnaient envie d’en voir plus. Après avoir étudié la possibilité d’un petit voyage à Londres, c’est finalement bien plus au sud que je me suis retrouvée.

Informée par Impressions Danse (toujours au courant de l’actu anglaise!) du passage de la compagnie à Monaco, nous voilà parties pour la côté d’Azur.

 

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Après une expérience (il faut vraiment parler d’expérience je crois !) en train de nuit, nous voici arrivées samedi matin sous le soleil du sud.

Le spectacle ne commence qu’à 16h donc en attendant, petit tour dans la principauté. Le Casino, le port, la mer, le Rocher et la vieille ville, une agréable façon de passer le temps.

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Puis c’est le départ pour le Grimaldi Forum, une salle de spectacle à une petite dizaine de minutes à pieds du Casino. L’agencement du lieu fait un peu penser au Palais des Congrès. Difficile de s’y retrouver !

Avant le spectacle, petit briefing d' Impressions Danse sur la compagnie. Qui sont les étoiles du jour, leur parcours, leurs qualités, défauts…

 

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Le Royal ballet présentait donc l’Histoire de Manon pour sa tournée monégasque. Le ballet de MacMillan est un grand classique de la compagnie repris quasiment chaque saison. Nous parisiens avions eu droit à une reprise de l’œuvre il y a tout juste un an (après 10 ans d’absence) et elle m’avait laissé un souvenir contrasté. Celui d’un ballet efficace mais parfois un peu brouillon. Seul le couple Ciaravola/ Ganio avait réussit à me transporter.

Autant dire que l’impression était fortement différente cette fois. On sent que cette Manon coule dans les veines de chacun des danseurs. Tous, de la plus grande des étoiles aux membres du corps de ballet vivent cette tragique histoire d’un bout à l’autre. C’est d’ailleurs le premier adjectif qui m’est venu en tête après les représentations. Le Royal Ballet est une troupe extrêmement vivante. Ils n’ont pas la perfection ou le style très pur de l’Opéra de Paris mais possèdent un souffle qui emporte tout sur son passage et vous fait ressortir du spectacle avec des étoiles plein les yeux.

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L’histoire m’a cette fois semblée limpide et pleins de petits détails de la chorégraphie me sont apparus. La soirée chez Madame du 2e acte était de haute volée lors des deux représentations avec chaque danseur réussissant à faire ressortir sa personnalité (et ils n’en manquent pas !).

J’ai trouvé globalement que l’on entrait très facilement dans l’histoire. On sent tout au long de la représentation une progression, une montée en puissance qui trouve son apogée au 3e troisième acte. L’arrivée des filles sur le port, qui m’avait autrefois parue si longue, était ici bouleversante. Chaque danseuse avait une façon bien à elle de vivre ce moment et leur longue lamentation serrait le cœur. La présence inquiétante du geôlier impose un malaise d’entrée de jeu et la lumière très réussie donne l’impression d’être écrasé sous la chaleur.  

 

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Les représentations de la matinée et de la soirée nous offraient deux distributions radicalement différentes tant au niveau du physique des danseurs que des interprétations.

Le rideau du Grimaldi Forum s’ouvre samedi après midi sur Ricardo Cervera entouré de sa longue cape. Le soliste campe un Lescaut très efficace, très beau gosse qui le sait et l’assume. Il n’a peur de rien impose sa présence sur tout au long du premier acte. Son Lescaut aime la vie, les filles et sa jolie sœur dont il profite allègrement, la « vendant » sans regret à des vieux Monsieur très riches. Ses deux variations sont remarquablement exécutées. On sent un danseur qui maîtrise parfaitement le ballet et le style du chorégraphe. Le pas de trois dans la chambre de Manon était très efficace avec un Lescaut se jouant allègrement de M. de GM bien aidé par sa sœur. J’ai en revanche trouvé le pas de deux ivre du 2e acte moins efficace que dans mon souvenir même si parfaitement exécuté. 

 

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A côté de Lescaut, sa maîtresse magnifiquement interprétée par Laura Morera. On sent l’étoile (oui car ici la maîtresse peut être dansée par une étoile) parfaitement dans son élément. Pas aussi stupide que certains l’imaginent, elle semble mener son petit monde par le bout du nez. Vulgaire sans pour autant exagérer, elle délivre des variations énergiques et une interprétation limpide de son personnage.

 

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Dans les rôles titres, nous avons pu découvrir Roberta Marquez et Steven McRae. Ce qui frappe en premier chez ce couple est leur grande complicité. Leurs pas de deux (pourtant périlleux) étaient très fluides et permettaient vraiment de transmettre la passion qui anime les personnages.

Steven McRae est un danseur assez étonnant. Il possède une technique sans faille et a exécuté une variation du 1er acte qui laissait bouche bée tant elle était maîtrisée et paraissait naturelle. Sa danse ne souffre d’aucune hésitation ou faille ce qui lui permet d’être totalement à l’aise dans l’élaboration de son Des Grieux. Il campe un jeune homme plutôt réservé qui apprend à lâcher prise auprès de sa bien aimée. Il lui porte un immense amour qui malheureusement pour lui ne semble pas vraiment réciproque.

Roberta Marquez est de son côté un Manon très vénale. Elle semble profondément heureuse avec Des Grieux au premier acte mais l’oublie vite lorsque M. De GM lui met un sublime manteau sur le dos accompagné d’une rivière de diamants. Cette Manon aime le luxe et l’aime plus que tout. Au second acte elle se joue du pauvre Des Grieux allant presque jusqu’à le narguer dans sa variation (où elle se révèle envoutante). C’est finalement le désespoir touchant de son prétendant qui semble la faire fléchir.

Le 3e acte est, je l’ai déjà dis, une plongée en enfer magnifiquement rendue par les deux interprètes principaux transformés en vrais héros tragiques. Le passage dans le bureau du geôlier  met profondément mal à l’aise et le pas de deux final est ce grand climax dont beaucoup m’ont parlé avec émotion sans que je ne l’aie jamais complètement ressenti dans les représentations parisiennes. Car il y a le couple phare oui, mais aussi l’ensemble des interprètes qui ont tout au long du ballet installé cette atmosphère propice à vous émouvoir.

Ce passage final avait de quoi faire fondre n’importe qui avec une Manon épuisée qui se lâchait sans retenue dans les portés pourtant acrobatiques et un Des Grieux bouleversant de détresse. J’avoue que j’avais la gorge serrée au tombé de rideau.

Le soir, changement robe pour moi et de distribution pour le Royal Ballet. On passe cette fois aux grands gabarits avec Mara Galeazzi et Edward Watson. Un duo totalement différent du cast de la matinée.

 

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Les deux étoiles nous ont cette fois raconté une histoire bien plus romantique. Le couple était dominé par Edward Waston, danseur d’une classe folle aux lignes assez incroyables. Il campe un Des Grieux juvénile et fou amoureux. Sa première variation est touchante de timidité, maladresse (chez son personnage, pas dans sa danse !!), et grands élans romantiques. Comment Manon peut-elle résister ? Il continue au second acte avec une détresse palpable face au nouveau destin de sa belle. Le danseur reste actif tout au long de l’acte et notre regard est souvent attiré vers lui alors qu’il ne fait qu’arpenter la scène d’un bout à l’autre.

 

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A ses côtés, Mara Galeazzi est une Manon moins vénale, plus manipulée par son frère que Roberta Marquez. On la sent très hésitante à céder aux avances de M. de GM dans le pas de trois du 1er acte. On sent son trouble au second acte et sa fuite avec des Des Grieux n’en est que plus logique. J’ai toutefois eu une petite préférence pour la Manon de Mlle Marquez sans vraiment savoir expliquer pourquoi.

Cette fois encore, le 3e acte fut de très haute volée et a fait resurgir les émotions de l’après-midi. Le pas de deux final avait encore une fois de quoi arracher quelques larmes.

 

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Pour conclure, deux distributions assez opposées mais aussi passionnantes l’une de l’autre. Chacune a su apporter une vraie émotion avec des moyens différents. Si les deux casts étaient dominés par leur Des Grieux, on peut saluer l’ensemble des interprètes qu’ils soient étoiles, solistes ou membres du corps de ballet.

 

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Cette troupe a vraiment une belle âme et c’était un vrai plaisir que de la découvrir. Elle est immédiatement sympathique et j’espère pouvoir en voir plus lors de prochaines tournées ou même à Londres.

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Au final deux très bons moments, accompagnés d’un beau séjour sous le soleil et les pieds dans l’eau !

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 17:05

Le retour de West Side Story sur les planches parisiennes était l'un des événements de la rentrée. La comédie musicale de Jerome Robbins reste près de 50 ans après sa création l'une des plus populaires. Et à l'heure où les adaptations françaises de classiques de Broadway fleurissent à Paris, il était plaisant de retrouver un spectacle en version originale! L'anglais n'a pas semblé freiner les spectateurs toutefois je me suis plusieurs fois demandée dans le spectacle si les surtitres étaient bien visible dans un théâtre (le Châtelet) où une partie des places est à visibilité réduite.

Tout le monde connait l'histoire de West Side Story. Roméo et Juliette transposé dans le New York des années 50 où deux gangs (les Sharks et les Jets) s'affrontent avec haine. Evidement une fille et un garçon de chaque bandes rivales vont tomber amoureux et ça va être le début de la galère!

Les chansons et musiques sont célébrissimes et pourtant on ne peut s'empêcher d'être touché dès que résonnent les premières notes de Maria ou Tonight.

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       Donald Chan (chef d'orchestre), Liam Tobin (Tony), Elena Sancho Pereg (Maria), Pepe Munoz (Bernardo)

En en parlant autour de moi, j'ai pu constater que beaucoup de monde trouvait le film daté. Je ne pas leur en vouloir, je pense la même chose de Cabaret! Le spectacle scénique de son côté n'a pas pris une ride. Dès l'ouverture du rideau on est plongé en plein cœur de New York avec ses escaliers de secours en métal servant de décor devant des projections des rues New Yorkaises. La musique démarre et arrivent les Jets (suivis des Sharks) pour le célèbre prologue. Un vrai ballet d'une dizaine de minutes sans dialogue ni chanson. Car c'est bien là l'un des grands intérêts de West Side Story: une comédie musicale où ça danse! Bien sûr ça danse dans tous les spectacles mais celui-ci nous offre de vraies scènes de ballet, de la danse racontant l'histoire. L'ensemble des interprètes sont assez formidables. J'ai particulièrement aimé Andy Jones, interprète de Riff qui chante, danse et joue la comédie avec une grande aisance et beaucoup de naturel. En revanche Bernardo m'a semblé beaucoup moins présent et intéressant que dans mes souvenirs du film...

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Andy Jones (Riff), Yanira Marin (Anita)

 

Les numéros musicaux s'enchaînent avec beaucoup de rythme et dans des ambiances différentes. Le bal est une vraie réussite avec des interprètes déchaînés et beaucoup d'énergie. America est le classique des classiques et impressionne dans les passages dansé en grande partie grâce à Yanira Marin, jouant Anita. Une vraie danseuse de formation avec une très belle voix et beaucoup de personnalité. J'ai également beaucoup aimé Gee Officer Kurpke, petit moment léger avant le drame de l'acte 2.

Côté rôles titres, Maria était incarnée avec talent par Elena Sacho Pereg, chanteuse classique de formation qui a sciée l'audience par ses interprétations de Tonight, Somewhere ou I have a love. Dommage que son Tony ne soit pas tout à fait à sa hauteur. Le rôle n'est de toute façon pas vraiment valorisant car à part tomber amoureux et lancer des "Maria" à travers la scène pendant deux heure, le pauvre garçon ne fait pas grand chose. Même tuer Bernardo ne lui apporte pas beaucoup d'épaisseur. Il se faisait en plus souvent couvrir vocalement par sa partenaire.

Au final on peut dire que West Side Story est un vrai spectacle vivant. On en prend plein les yeux et les oreilles (aaaah l'orchestre live!!). Il se passe mille choses. L'histoire est universelle, les chansons magnifiques, les chorégraphies n'ont pas vieillies. Le tout est servit par des interprètes de grand talent. On est amusé, impressionné, ému...

Bref vous l'aurez compris, courrez au théâtre du Châtelet pour le découvrir! Je dois dire que si les prix des bonnes places n'étaient pas aussi élevé et les mauvaises places à visibilité si réduite, je n'aurai pas hésité à y retourner!  

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 21:50

Depuis fin septembre, les Ballets Trockadero de Monte Carlo sont à Paris. Cette troupe d’hommes parodiant les plus grands ballets classiques en tutus et pointes ne visite pas si souvent que cela notre pays aussi leur venue aux Folies Bergères était un petit événement.

Ma découverte des Trocks date de 6 ou 7 ans lorsque j’étais tombée par hasard sur la diffusion de leur DVD dans une FNAC parisienne. Avec ma meilleure amie nous étions restées scotchées une demi-heure à rire devant l’écran. On s’était à l’époque promis de les voir en live un jour.

Les prix et la ruée vers les places nous ont vite calmées mais cette fois à quelques jours d’un anniversaire, l’occasion était trop belle. Un beau cadeau plus tard, nous voici aux Folies Bergères. Une connaisseuse de ballet et une novice, le mix parfait pour apprécier la soirée sur des niveaux différents.

Mais assez parlé de moi. A la troupe maintenant. Il serait trop simple de réduire les ballets Trockadero à un drag-show avec des mecs qui portent des tutus et montent sur pointes pour faire rire le public. Ce n’est pas tant le côté travesti qui amène le rire que les vraies bonnes idées et gags qui émaillent le spectacle. Les Trocks sont de vrais danseurs, et de bons danseurs. Ils montent sur pointe aussi bien que des femmes et reproduisent parfois à l’identique de grandes variations du répertoire sans trembler.

La soirée s’ouvre avec la traditionnelle annonce des très nombreux remplacements de dernière minute d’étoiles aux noms imprononçables.

On commence avec le grand « tube » de la compagnie : le Lac des cygnes. Nous sommes à l’acte 2 au bord du lac avec un méchant très méchant et théâtral qui bat des bras sous des éclairs en carton qui font très peur (ou pas). Cette partie est certainement la plus grand public du ballet. L’histoire est connue de tous, la musique aussi. Les gags sont bien visibles avec les grands cygnes assommants les membres du corps de ballet à coup de grands battements, les petits cygnes ne sachant pas où placer leur tête, la ballerine principale tout en « over-émotion » et grandes envolées lyriques. Le prince de son côté fait beaucoup rire avec son jeu très limité, ses gestes un peu niais et sa façon de traverser la scène de long en large en prenant un air inspiré. Au final les non-initiés rient de bons cœurs aux gags et les connaisseurs font de même en repérant les quelques clins d’œil.

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Après l’entre-acte on reste dans le même registre avec le pas de deux du cygne noir. Ici un tout petit prince ressemblant à un petit jeune enthousiaste à qui l’on confie son premier grand rôle se retrouve confronté à une ballerine un peu diva faisant deux fois sa taille. Ici pas vraiment de passage comique (si ce n’est ce satané cygne blanc qui essaye de se taper l’incruste). On est plutôt impressionné par les qualités techniques des interprètes en particulier celui jouant Odile qui a enchainé à une très belle variation, une magnifique série de fouettés. Vraiment impressionnant.

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Le rideau tombe et se relève quelques secondes plus tard sur Go for Barocco qui penche très fort du côté de la parodie des œuvres de Balanchine. Après deux soirées parfois longuettes passées en compagnie des œuvres du chorégraphe au Palais Garnier cette bouffée d’air frai était la bienvenue. Il semble que le ballet reste drôle et sympathique même pour une personne ne connaissant pas Balanchine ce qui n’était pas évident à la base. Et pour ceux ayant enchainé plusieurs Sérénades, Agon et autre Fils prodigue c’était un pur bonheur. Les poses acrobatiques, les bras qui s’emmêlent au point que l’on ne s’y retrouve plus coinçant les ballerines dans des situations cocasses... On se régale.

Le deuxième acte se terminait avec un autre grand classique de la troupe, la mort du cygne. C’était le morceau que je connaissais le mieux et pourtant ce cygne perdant ses plumes au fur à et à mesure de son évolution sur scène me fait toujours autan rire. Son agonie est assez rapide mais très efficace et a déclenché des tonnerres d’applaudissement de la part du public.

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Pour terminer la soirée, nous avons droit à Valpurgeyeva Noch, une satire hilarante d’un acte de divertissement (ressemblant fortement à certaines productions russes). C’est ultra kitsch avec les nymphes et leurs jolis voiles, les faunes, les héros en toges, la ballerine enchainant les virtuosités avec un air outrageusement concerné et le danseur blond peroxydé au sourire carnassier.  Tout ce petit monde cherche à exprimer leurs purs sentiments à grand renfort de gestes outrés et lyriques. Je dois dire que ça m’a fait mourir de rire !

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En conclusion une soirée extrêmement sympathique qu’il aurait été dommage de manquer. Derrière l’humour on voyait un réel amour de la danse et du ballet et surtout des danseurs extraordinaires qui vont bien plus loin que le concept « mecs qui jouent les ballerines » auquel on a tendance à les cantonner.  

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 11:26

Après une première impression bien décevante il y a 15 jours, il était temps de se faire un second avis sur la compagnie Alvin Ailey.

Avec une place loin là-haut au 6e étage je n’étais pas dans les meilleures conditions. Et pourtant, l’énergie de la troupe m’a complètement emportée.

On commence avec Love Song, un ballet dynamique à l’énergie communicative. D’inspiration hip hop la chorégraphie met très en valeur les qualités des danseurs qui se donnent à fond. J’en ai regretté de ne pas avoir acheté le programme pour pouvoir mettre un nom sur les visages des danseurs. D’ailleurs si quelqu’un a le nom de la jeune fille aux cheveux courts  qui avait un survet vert, ça m’intéresse ! Elle était absolument formidable et se démarquait franchement de ses camarades.

 

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On enchaînait ensuite avec In/Side, un solo de 8 minutes exécuté par Glenn Allen Sims. J’avoue ne pas avoir été transporté. Le danseur était magnifique et très investit mais je ne garde pas un souvenir marquant de la chorégraphie.

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Après une courte pause, on passe à The Hunt. J’ai été très surprise par ce ballet très fort sur une musique des Tambours du Bronx. On regrettait d’ailleurs, aux vues de tout ce que dégageait cette pièce, de ne pas avoir de musique live. On découvre une danse guerrière magnifiquement interprétée par un groupe de 6 hommes. Un excellent moment.

 

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Enfin, la soirée se termine en beauté avec Revelations. Replacée au parterre, la pièce m’a fait encore plus d’effet que lorsque je l’avais découverte il y a deux semaines. Le ballet est toujours aussi efficace et les danseurs l’interprètent avec toute leur âme. On est complètement emporté par cette musique gospel tantôt poignante, tantôt dynamique qui donne juste envie de se lever et de taper dans ses mains. La compagnie semble d’ailleurs « chez elle » dans cette pièce, les danseurs s’amusent et reprennent avec joie le Rocka My Soul in the Bosom of Abraham après les saluts pour la plus grande joie du public.

Mes coups de cœurs restent les mêmes. J’ai été toujours aussi touchée par Fix Me Jesus avec la très belle Alicia Graf Mack et impressionnée par Sinner Man. Vu de face, j’ai aussi redécouvert avec bonheur Wade in the Water, très bien interprété.

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Une belle représentation donc pour dire au revoir à cette très sympathique compagnie.

C’était ma dernière représentation pour la saison 2011/2012.

D’ici la fin du mois je me consacrerai à un petit bilan de l’année écoulée donc restez connectés !

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 20:45

 

Avec beaucoup de retard, il est plus que temps de s’intéresser à la venue à Paris dans le cadre des étés de la danse de la Compagnie Alvin Ailey.

L’an dernier, les prestations du Miami City Ballet m’avaient enthousiasmé au-delà de toute espérance. Aussi, j’étais ravie de revenir au théâtre du Chatelet pour découvrir une nouvelles compagnie et un nouveau répertoire.

Malheureusement, cette première soirée n’a pas vraiment été à la hauteur des attentes.

Tout d’abord, on est très mal assit au Chatelet. Les places sont très chères pour la visibilité que l’on a. Même l’Opéra n’a pas encore osé faire payer 45€ pour une place à visibilité très réduite (mais on va y venir je ne me fais pas de soucis là-dessus !). Paradoxalement, j’étais une semaine plus tard, placée au dernier étage avec une place à 15€ ou la visibilité était très bonne ! Allez comprendre…

Mais venons-en à la compagnie. Cette troupe est très sympathique. Les danseurs sont énergiques, et talentueux. Leur plus gros problème pour moi est leur répertoire. Leurs pièces ne se valent pas toutes et on peut passer au choix une soirée assez ennuyeuse ou au contraire totalement enthousiasmante. Les deux cas de figure se sont présentés à moi. Heureusement la soirée la plus décevante fût la première.

Elle débutait avec Harden court de Paul Taylor. La chorégraphie n’est pas inintéressante mais dès les premières minutes un terrible constat s’impose. Le style de Paul Taylor ne convient pas du tout aux danseurs d’Alvin Ailey. Ils se donnent à fond mais le style n’y est pas. Au final, on ne voit plus que les défauts et la pièce parait bien longue.

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On poursuit avec Urban Folk Dance d’Ulysses Dove. La pièce est très courte et assez anecdotique. Deux couples évoluent autour de deux tables sous des lumières très  faibles. Placée en hauteur, on ne voit pas grand-chose. Dommage.

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Home de Rennie Harris fût l’une des œuvres les plus applaudies de la soirée. Je comprends assez pourquoi tant elle demande aux danseurs une énergie débordante. Les interprètes sont libérés et heureux de danser et réussissent peu à peu à nous emporter avec eux. Le ballet en lui-même n’est pas follement passionnant. La chorégraphie n’est pas hyper développée et les costumes nous replongent quelques dizaines d’années en arrière avec une ambiance très Fame. Le plus gros défaut de cette pièce est qu’elle m’a parue terriblement datée, toute droit sortie des années 80. Je me suis même fait la réflexion au cours de la représentation que tous les ballets ne sont pas forcément bons à reprendre… Comprenez donc ma surprise lorsque j’ai découvert que la pièce date de 2011 !!

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La soirée se terminait avec Revelations le grand « tube » de la compagnie et œuvre la plus célèbre d’Alvin Ailey.

Dès les premières secondes on comprend ce qui attire dans ce ballet. Il possède une véritable âme et les danseurs le dansent comme ils respirent. Tous les passages mériteraient d’être cités mais j’ai eu un coup de cœur particulier pour Fix Me Jesus, pas de deux très émouvant et extrêmement bien interprété. Sinner Men se démarque par son énergie quand Wade in the water se révèle envoutant. La partie finale sur Rocka my soul in the bossom of Abraham donne une pêche d’enfer et la compagnie ne se prive pas de faire un rappel devant une salle debout tapant en rythme dans ses mains.

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Au final une soirée un peu en demie teinte sauvée par le formidable Revelations qui a lui seul vaut le déplacement.

Dès demain, mise en ligne du tout dernier compte rendu de la saison, toujours avec la compagnie Alvin Ailey mais pour cette fois une soirée totalement enthousiasmante !

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