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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 19:53

Petit retour dans le temps.

Le 1er février dernier avait lieu la première représentation 2013 de Kaguyahime, ballet de Jiri Kylian. Cette œuvre avait été très injustement boudée par le public lors de son entrée au répertoire il y a deux ans. Programmée en plein mois de juillet dans l’immense Opéra Bastille, le ballet n’avait pas inspiré les touristes préférant toujours les ors du Palais Garnier.

Coup de chance cette année c’est bien à Garnier et en milieu de saison qu’est programmé Kaguyahime. J'étais très impatiente de revoir cette œuvre qui m’avait laissée un grand souvenir. Et il faut bien avouer qu’à la fin de la soirée, le sentiment était toujours aussi fort !

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Kaguyahime est un ballet très efficace et « bien fait » à tous les niveaux. La scénographie est simple mais travaillée et belle, la musique ouvrant la soirée pourrait au début rebuter mais on est vite fasciné par la sérénité qu’elle dégage. La chorégraphie alterne des moments de pure poésie (les variations de Kaguyahime), de joie et de violence. L’une des premières réflexions qui m’est venue en voyant le corps de ballet (même si on devrait plutôt dire ensemble de solistes !) évoluer et que leurs passages devaient être géniaux à danser. Les danseurs prennent d’ailleurs un plaisir manifeste à être sur scène. Leur bonne humeur (au premier acte) et leur engagement débordent de la scène et nous emportent.

Il faudrait pouvoir tous les citer, mais cela prendrait trop de temps. La chorégraphie leur laisse suffisamment d’espace pour tous s’imposer et faire ressortir leurs personnalités.

Ils sont de plus très bien accompagnés par le groupe de percussions japonaises faisant partie des éléments les plus impressionnants du ballet. C’est une véritable chorégraphie que nous livrent ces musiciens au point que notre regard s’éloigne parfois de la scène pour se concentrer sur la fosse de l’orchestre. Le bruit des percussions fait un effet fou à l’intérieur du Palais Garnier. On s’en prend plein la tête, les yeux et les oreilles.

Un petit mot tout de même sur la reine de la soirée, Alice Renavand, superbe princesse de la Lune. La gestuelle de Kaguyahime est tout à fait particulière, opposée à celle des autres protagonistes. Elle évolue dans un autre univers. Alice Renavand retranscrit parfaitement ce sentiment. Elle est aérienne et détachée du reste du monde. On reste suspendu au moindre de ses gestes et fasciné par son évolution sur scène. Il est également toujours très plaisant de voir Hervé Moreau même si on est frustré de le voir si peu danser. La scène du Mikado et son grand rideau doré est impressionnante et belle. Moreau a heureusement suffisamment de charisme pour attirer notre regard même lorsqu’il reste immobile.

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Kaguyahime est donc une vraie belle réussite qu’il fait très plaisir de voir et revoir. Je regrette de ne pas avoir pu découvrir la princesse d’Agnès Letestu mais il faut bien faire des choix ! Si toutefois vous avez eu l’occasion de la voir (elle ou Marie-Agnès Gillot) n’hésitez pas à me faire part de vos impressions.

Prochainement : un article sur la saison 2013/2014 dès qu’elle sera révélée, puis la soirée danseur-chorégraphes que j’attends avec impatience !

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 14:39

Attention événement! Ce soir (chose très rare) Arte va diffuser en prime time un ballet classique.

Ce ballet, c'est Don Quichotte par l'Opéra de Paris qui a déjà occupé nombre de soirées des balletomanes parisiens en décembre dernier. La distribution est plutôt alléchante avec les étoiles Karl Paquette et Dorothée Gilbert dans les rôles titres. Bien sûr les petits malins auront déjà remarqué que le ballet est visible en intégralité sur Youtube mais il serait tout de même dommage de louper cette diffusion.

 

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Pour ma part j'ai pu découvrir la distribution Gilbert/Paquette quelques jours avant la captation cinéma retransmise ce soir. Mes impressions seront donc celles de la soirée du 12 décembre, vue en live et non celles de la vidéo. Aussi j'imagine que beaucoup auront des points de vue différents du mien!

J'étais assez impatiente de découvrir enfin la Kitri de Dorothée Gilbert qui semble taillée pour le rôle. Karl Paquette de son côté, s'il n'excelle pas dans la bravoure technique est un bon interprète de Basilio toujours charismatique et sympathique. Pourtant à la sortie de Bastille c'est bien la déception qui domine.

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La scène semblait en effet particulièrement éteinte ce soir et la troupe en pilote automatique. Une représentation sympathique mais qui apparait finalement très fade après les tourbillons dans lesquels nous avaient entrainés les petits jeunes quelques jours plus tôt.

Dorothée Gilbert et Karl Paquette s'entendent bien. Ils forment un joli couple assez complice. Pourtant le tout manquait grandement de vie et d'enthousiasme. Karl Paquette fait le boulot sans pour autant forcer son talent et Dorothée Gilbert apparait étonnement sage pour le rôle. Quant on connait le tempérament et le sens du spectacle de l'étoile, on ne peut qu'être déçu. Reste la technique, toujours formidable mais qui a pourtant manqué à vraiment enthousiasmer.

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Du côté des seconds rôles il faut tout de même mentionner Laura Hecquet, très à l'aise et séductrice en danseuse de rue, Charline Giezendanner fraiche et pleine de vie en demoiselle d'honneur et Alister Madin toujours aussi formidable en chef des gitans.

Mais au final on retient surtout l'impression d'un jour sans. Peut être les interprètes se réservaient-ils pour le jour de la captation (il est vrai que le résultat sur vidéo et beaucoup plus enthousiasmant). Cela reste dommage pour le public présent ce soir là, même si j'imagine bien que les personnes découvrant le ballet pour la première foi ont dû passer une très bonne soirée.

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Voilà s'en est fini des Don Quichotte. Au final je garde un plutôt bon souvenir de cette série qui a connue des hauts et des bas mais a réussi à effacer quelque peu le souvenir de la Bayadère d'avril dernier.

Je retiens évidemment la représentation Froustey/Alu tellement inattendue qui reste ma représentation n°1 de l'année. Ce n'était pas parfait mais tellement de talent, d'enthousiasme et de vie sur scène... c'était trop beau! Dans les bonnes surprises ont compte également la Kitri d'Alice Renavand et le Basilio de Vincent Chaillet. Au final les représentations les moins enthousiasmante ont été celles réalisée par les étoiles (même si elles restaient sympathiques).

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 14:26

Après sa prise de rôle de dernière minute au début du mois, j'étais assez impatiente de revoir le Basilio de François Alu dans de meilleures conditions (pour lui! car de mon côté, ma place de parterre du 9/12 m'a bien manquée quand j'ai dû m'assoir au fin fond du 2e balcon!). La distribution du jour était de plus particulièrement attrayante avec Alice Renavand dans le rôle de Kitri.

Beaucoup se posaient des questions sur les capacités de la première danseuse à assurer un rôle classique. De mon côté je l'ai vu sur scène pour la première fois alors qu'elle n'était que sujet et dansait... la danseuse de rue dans ce même Don Quichotte. Aussi j'avais tous les espoirs du monde à la découvrir dans le rôle titre.

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Et dès son entrée en scène, les étincelles jaillisses! Une première variation fougueuse, un jeu sûr, sa Kitri est pleine de charme et de vie. On la sent très à l'aise en campant une Kitri très femme mais chipie juste ce qu'il faut. Elle possède complètement la scène. Du haut de mon perchoir je pouvais sentir toute l'énergie qui se dégageait de la scène.

François Alu de son côté se montre à la hauteur de sa réputation. Pirouettes, sauts, tout est là! Et après une prestation très terne assurée par deux étoiles quelques jours auparavant (sur laquelle je ne suis toujours pas revenue d'ailleurs!) tant de passion et d'enthousiasme font plaisir à voir.

Difficile tout de même de totalement croire à l'histoire d'amour qui nous est racontée. Les deux danseurs faisaient plus penser à deux amis ou un frère et sa grande sœur. Ca ne gâche pas le plaisir pour autant. Bien exécuté, avec fraicheur et énergie, ce premier acte passe à vitesse grand V. A noter également Laura Hecquet, vraiment surprenante en danseuse de rue particulièrement charmeuse.

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Le deuxième acte est toujours aussi efficace, avec une scène des gitans qui emporte n'importe quel public malgré un éclairage très faible qui curieusement est moins handicapant vu d'en haut qu'au parterre. Alister Madin domine complètement ce passage par sa fougue et son charisme.

Alice Renavand s'est montrée étonnante de lyrisme dans la scène de la vision. La Reine des Dryades d'Amandine Albisson était en revanche un peu sèche dans sa variation mais a su évoluer au fil des représentations.

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Le 3e acte débute avec une tonitruante scène de la taverne dans laquelle chaque interprète s'en donne à cœur joie. On appréciera le faux suicide très drôle de François Alu et la confrontation Gamache Don Quichotte toujours très réussie au fil des représentations.

La scène du mariage est enlevée avec panache. N'ayant pas vu leur première je ne peux pas comparer mais l'adage d'Alice Renavand et François Alu est apparu très sûr techniquement. Les variations étaient véritablement enthousiasmantes tout comme la coda.

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Alice Renavand a véritablement prouvé qu'on pouvait lui faire confiance dans le répertoire classique. J'espère que (à l'instar de Vincent Chaillet), la direction pensera à l'y distribuer plus souvent. François Alu de son côté confirme qu'il est définitivement le petit jeune à suivre. Sa danse est totalement enthousiasmante. On aimerai voir des prestations comme celles-là plus souvent ! Il a y de plus une grande intelligence dans son interprétation. On se langui déjà de ses prochaines prestations.

Pour conclure, une représentation dont on ressort avec un large sourire et l'envie d'y retourner (dommage c'était leur dernière). Voilà de beaux interprètes qui donnent véritablement vie à un ballet...

A suivre: voilà je rattrape petit à petit mon retard! A suivre, un retour sur la distribution Gilbert/Paquette, probablement le jour de la diffusion télé. Puis Forsythe/Brown pour terminer!

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 15:17

On commence donc les reviews de Don Quichotte avec la distribution la plus récente vue, celle réunissant Vincent Chaillet et Muriel Zusperreguy.

J'étais assez curieuse de découvrir Vincent Chaillet dans un grand classique et il on peut dire qu'il n'a pas déçu. Le premier danseur campe un Basilio aux contours bien défini. Il est très espagnol avec beaucoup de caractère. Macho mais pas trop. Il possède de plus de très belles lignes et une technique solide qui assure un beau spectacle.

Malheureusement sa partenaire n'est pas tout à fait à sa hauteur. Elle qui était si sympathique en Fille mal Gardée semble très éteinte. Si je n'attendais pas une technique éblouissante, je pensais que son interprétation serait intéressante. Au final elle traverse le ballet sans jamais le marquer de son empreinte. On voit tout de même un vrai mieux au deuxième acte où la première danseuse est plus à l'aise dans le registre lyrique. Le pas de deux du moulin était mignon comme tout et on a sentit une belle complicité entre les deux danseurs principaux. Muriel Zusperreguy a ensuite assuré une très jolie variation de Dulcinée.

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La scène des Dryades était d'ailleurs l'une des grandes réussites de la soirée. Elle était dominée par l'adorable Cupidon de Charline Giezendanner pleine de grâce et d'esprit. Amandine Albisson a adouci sa danse et campait une belle reine des Dryades.

Du côté des bonnes surprises on compte également l'Espada d'Alexis Renaud, moins technique que Christophe Duquenne mais avec plus de caractère. De son côté, Sarah Kora Dayanova est toujours aussi excellente en danseuse de rue.

Au 3e acte, nous avons eu droit à une belle scène de la taverne avec un Vincent Chaillet très drôle pour son faux suicide. Le tout respirait la bonne humeur.

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Basilio était toujours aussi en forme pour son mariage ce qui n'était pas tout à fait le cas de sa partenaire qui a semblé très tendue. On voyait que Vincent Chaillet ne la lâchait pas d'une semelle pendant l'adage. Muriel Zusperreguy a en revanche exécuté une bien belle variation avant de terminer avec une série de fouettés qui n'en n'étaient pas mais après tout pourquoi pas. Ca surprend au début car cela casse un peu le rythme de la coda mais si c'est bien fait ça ne me choque pas!

Pour conclure, une jolie représentation pleine de pêche et de bonne humeur pour terminer cette série de Don Quichotte. Vincent Chaillet a su prouver qu'il assurait en classique. J'espère que la direction en prendra note et l'y distribuera plus souvent au lieu de sans cesse le cantonner au répertoire contemporain.

D'ici mercredi je m'attaque la représentation du 23 décembre qui réunissait Alice Renavand et François Alu!

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 17:18

Après tous ces Don Qucihotte, il est temps que se tourner vers Garnier et la soirée Forsythe. Une soirée attendue avec impatience et qui tient en grande partie ses promesses.

Le rideau s’ouvre sur In the middle somewhat elevated, l’un des grands chefs d’œuvres de Forsythe. Il faut bien le reconnaitre, la pièce est hyper efficace. C’est rapide, précis, offrant à tous les danseurs une chance de briller. La musique emporte facilement et on ne voit absolument pas le temps passer. On peut reprocher aux danseurs de l’Opéra une interprétation une peu sage mais il ne faut tout de même pas bouder son plaisir. Dans le groupe on remarquait tout particulièrement Axel Ibot, Sabrina Mallem et Eleonore Guérineau même s’il faut mentionner l’ensemble des danseurs pour leur engagement.

 

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Changement total d’ambiance par la suite avec O Zlozony O composite de Trisha Brown. La pièce malgré sa poésie m’avait laissé l’an dernier un sentiment profond d’ennui. Pourtant dès les premières secondes c’est la fascination qui domine avec une Aurélie Dupont en apesanteur tournoyant dans les bras de ses deux excellents partenaires Nicolas LeRiche et Jérémie Bélingard. Mais en dépit de tout le talent des 3 étoiles, passés les premiers instants c’est bien l’ennui qui reprend ses droits. J’ai beau m’accrocher, impossible de me passionner pour ce ballet.

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Après l’entre acte, place à la découverte avec Woundwork et un quatuor d’étoiles, Hervé Moreau, Agnès Letestu, Nicolas LeRiche et Isabelle Ciaravola. La pièce est assez courte mais pas désagréable. Elle doit je pense beaucoup à ses interprètes mais mérite d’être revue pour pouvoir appréhender tous les détails (pas facile de regarder les deux couples évoluer en même temps sur une chorégraphie différente !).

 

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On termine en beauté avec Pas/Part, véritable concentré d’énergie ! Les interprètes sont absolument formidables et mériteraient d’être tous cités. J’ai particulièrement remarqué la fraicheur de Laurène lévy, Juliette Hilaire absolument lumineuse, Jérémie Bélingard toujours fascinant et Sébastien Bertaud digne des meilleurs solistes dont la présence parmi les coryphées reste toujours un mystère... 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 21:58

Cette semaine de Don Quichotte fût pleine de rebondissements. Tout a commencé jeudi lorsque Karl Paquette a déclaré forfait pour sa représentation du soir créant un petit vent de panique chez les balletomanes. Heureusement pas de blessure pour l’étoile. Une blessure en revanche pour Pierre-Arthur Raveau qui après sa belle prestation du mercredi 5 décembre doit déclarer forfait pour le 8. Dommage. Mathilde Froustey se retrouve donc sans partenaire et privée de seconde date. Mais dimanche matin, coup de théâtre ! La sujet annonce qu’on lui a demandé le jour même de danser avec un nouveau Basilio, François Alu à la représentation de 14h30 !

Après une courte hésitation, je me rends à l’évidence : c’est le genre de représentation qui ne se manque pas ! Mathilde Froustey fût l’une des plus brillante Kitri de cette série et nul doute que l’annulation de la veille lui a donné suffisamment de rage pour nous offrir quelque chose d’explosif. François Alu de son côté est annoncé partout comme le petit prodige de la compagnie. Un statut pas facile à assumer mais le jeune homme semble garder la tête froide en témoigne son très joli discours lors des prix de l’AROP fin novembre. Après des prestations très remarquées lors des concours de promotion, sur la Bayadère ou la fille mal gardée le voilà propulsé sur l’un des rôles les plus difficile du répertoire classique tout comme Mathias Heymann en son temps. J’avoue qu’à l’époque la future étoile m’avait fortement impressionnée par ses prouesses techniques sans pour autant totalement m’emballer.

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Mais revenons au 9 décembre ! C’est donc pleine d’espoir et d’excitation que j’arrive à Bastille pour découvrir cette distribution inédite.

 Dès le lever de rideau, le public peut sentir qu’il va se passer quelque chose aujourd’hui. Quelque chose de grand ! Le corps de ballet est totalement galvanisé par cette distribution de petits jeunes. Il émane de la scène une énergie assez incroyable et inédite. Mathilde Froustey débarque sur le plateau comme un boulet de canon. Oubliées les petites hésitations de la prise de rôle. La jeune femme est folle de joie d’être sur scène et nous emporte par son énergie débordante. Elle est rapidement suivie par un François Alu qui prouve en une variation que toutes les attentes qu’il suscite ne sont pas exagérées. Le couple connait quelques problèmes de synchronisation sur son premier pas de deux mais qui n’entachent en rien la bonne humeur se dégageant de la scène.

Toute la troupe est emportée dans ce tourbillon. Chaque membre du corps de ballet est extrêmement investit tout comme le duo Espada/ danseuse de rue avec un Christophe Duquenne et une Sarah Kora Dayanova en très grande forme.

Au retour du couple star sur scène les approximations ont disparues et le public a droit à un festival de prouesses techniques portées par un jeu malin et une vraie complicité naissante entre les deux danseurs. François Alu prouve qu’il n’a rien à envier à Karl Paquette côté porté à une main lorsqu’il ballade sa partenaire à bout de bras sur la moitié de la scène.

Ce premier acte qui fût si long lors des précédentes représentations passe ici à la vitesse de l’éclair.

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Le 2e acte, lui se traverse comme dans un rêve avec un pas de deux du moulin à la fois poétique et émouvant. Les gitans de leur côté étaient encore plus déchaînés que d’ordinaire. Leur scène a remporté des tonnerres d’applaudissements de la part du public. Le tableau des Dryades quant à lui a permit à Mathilde Froustey de réitérer son numéro d’équilibriste de mercredi avec une superbe variation de Dulcinée.

Aux vues des prouesses du 1er acte, le troisième était attendu avec la plus grande impatience. Le moins que l’on puisse c’est que les attentes déjà hautes ont largement été dépassées.

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Tout à commencé avec une excellente et très applaudie scène de la taverne. Tout était très drôle et vivant. Il s’en passait de tous les côtés.

Le mariage a démarré très fort avec une superbe danse des toréadors et de la danseuse de rue. Mais les grandes stars étaient évidemment Mathilde Froustey et François Alu. Leur partenariat a très bien fonctionné et les variations furent le prétexte d’un véritable festival de pirouettes et sauts tous plus impressionnants les uns que les autres. François Alu a soufflé l’assistance avec des pirouettes à n’en plus finir, des sauts d’une hauteur, d’une propreté avec des réceptions d’un silence assez incroyable. Mathilde Froustey de son côté nous a ravi avec une impressionnante série de fouettés triples. De la danse flamboyante et décomplexée comme on aimerait en voir plus à l’Opéra.

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Cette représentation est arrivée tellement soudainement que beaucoup sont malheureusement passés à côté et c’est bien dommage tant elle fût formidable. Je ne crois pas être jamais ressortie aussi enthousiasmée d’un ballet classique à l’Opéra de Paris avec l’impression d’avoir vu quelque chose d’unique. C’est ce que l’on aimerait voir chaque soir. De l’engagement, un enthousiasme débordant et une technique époustouflante. Honnêtement j’en suis restée bouche bée avec l’impression d’avoir totalement redécouvert le ballet. Les mots de me manquent pour décrire totalement mon enthousiasme face à cette représentation. Dommage d’ailleurs de se dire que les deux danseurs ne seront unis que pour cette unique date (même si j’espère le contraire !). François Alu est en tout cas à ne pas manquer sur le rôle de Basilio. Il est de loin le meilleur titulaire du rôle sur cette série. Quant à Mathilde Froustey, elle a prouvé avec cette Kitri à quel point son non classement au dernier concours de promotion était injuste. Tout le monde lui disait à l’époque que sa réponse serait sur scène avec Don Quichotte. Et quelle belle réponse...

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 19:55

Après une première en demi-teinte, il était temps de découvrir LA distribution la plus attendue de cette nouvelle série de Don Quichotte réunissant Mathilde Froustey et Pierre-Artur Raveau dans les rôles titres.

Après l’injustice dont elle avait été victime au dernier concours de promotion, l’impatience de découvrir Mathilde Froustey dans un rôle majeur du répertoire classique était grande.

Il faut dire que Kitri semble taillée pour la personnalité de la danseuse et on peut dire qu’elle n’a pas déçue !

La représentation avait pas mal de défauts. Certains passages manquaient de précision mais au final c’est l’enthousiasme qui domine. L’enthousiasme de danseurs talentueux, généreux et heureux d’être sur scène. Il y avait de la prise de risque dans leurs variations et cela fait plaisir de voir des danseurs tenter des choses que l’on a peut l’habitude de voir à l’Opéra de Paris.

Le premier acte, toujours un peu long, a été marqué par une certaine nervosité bien compréhensible.  Le stress de la prise de rôle a un peu bridé les deux sujets. Dommage car toute personne les ayant vu à la pré-générale sait qu’ils peuvent être complètement explosifs dans cette première partie.

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Tout se débloque au deuxième acte avec un très joli pas de deux du moulin et une scène des gitans toujours aussi énergique et dominé par Allister Madin vraiment excellent !

La scène des Dryades est très réussie quelle que soit la distribution et cette soirée ne faisait pas exception. Héloïse Bourdon a montré beaucoup d’autorité et de distinction en Reine des Dryades mais mon coup de cœur va à Marine Ganio, adorable Cupidon.

Puis arrive la reine Mathilde en Dulcinée. Sa variation était un moment de rêve avec des équilibres infinis et un vrai lyrisme. Elle que l’on connait tout feu tout flamme a prouvé qu’elle pouvait aussi exceller sur des passages plus posés.

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Mais le feu d’artifice reprend bien vite au troisième acte avec tout d’abord une excellente scène de la taverne où Pierre-Arthur Raveau a déridé la salle avec son faux suicide. J’aime aussi beaucoup Mathilde Froustey qui essuie le couteau de son amoureux sur la robe de sa copine d’un air dégouté !

La scène finale du mariage était très réussie avec tout d’abord le retour d’Espada et de la danseuse de rue dont je n’avais pas encore parlé mais qui étaient très en forme hier soir. Sarah Kora Dayanova était formidable au premier acte en campant un personnage plein de caractère aux contours bien définis. Christophe Duquenne de son côté connait tout du maniement de la cape et s’il n’atteint pas les sommets d’Andreï Merkuriev lors de la venue du Bolchoï l’an dernier (on ne peut même pas comparer !) il reste d’une grande classe et très agréable à regarder.

Mais qui dit scène du mariage dit grand pas de deux final, le plus connu, l’un des plus repris en galas. On l’a vu mille fois par des dizaines d’interprètes différents « en vrai », en vidéo... et on l’attend toujours avec impatience. Il fût l’occasion pour Mathilde Froustey de briller de mille feux avec une technique éclatante et des équilibres époustouflants. Il faut évidemment parler de celui qui a terminé l’adage et a semblé suspendre le temps. Je ne sais pas s’il a duré 5, 7 ou 10 secondes et ce n’est pas important ! C’était beau, et c’est ce que l’on a envie de voir quand on va à l’Opéra. On a envie d’être émerveillé et surpris.

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Et voilà aussi pourquoi Mathilde Froustey devrait être première danseuse voir étoile. C’est une danseuse qui ose. Elle est extrêmement talentueuse mais ne s’en contente pas. Sa danse est généreuse et même si tout n’est pas parfait, je préfère mille fois assister à des représentations comme celle là où l’on vit l’histoire et le ballet, qu’à certaines multi-étoilées ou l’ennui n’est parfois pas très loin.

Une très belle soirée donc qui, si elle ne m’a pas autant impressionnée que la pré-générale avec la même distribution, m’a fait ressortir avec un grand sourire et l’envie d’y retourner.

Très bonne représentation à ceux qui seront là le 8 décembre. Vous allez vous éclater !

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 13:22

Il y a quelques mois les membres de l'AROP étaient inviter à voter pour deux jeunes danseuses et danseurs membres du corps de ballet de l'Opéra de Paris s'étant particulièrement fait remarqué dans l'année.

 

Cette année ce sont la coryphée Charlotte Ranson et le tout nouveau sujet François Alu qui se sont distingués.

J'avais un vainqueur sur les deux mais suis ravie de ces deux choix.

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Charlotte Ranson est un danseuse très charismatique et intéressante qui s'est surtout illustrée dans le répertoire contemporain dans lequel elle fait des merveilles.

Elle était hier soir très émue et a fait un discours très touchant dans lequel elle a salué les chorégraphe contemporains lui ayant fait confiance au fil des années.

 

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François Alu de son côté est LE grand espoir de la compagnie. Mis en avant très tôt au sein de la compagnie, il a déjà intérprêté de nombreux rôles avant même d'être promu sujet.

Je l'avais découvert en gala à l'Opéra de Massy il y a un peu plus d'un et il y a montrait déjà un potentiel énorme et une vraie âme de soliste.

On a depuis pu le voir dans l'idole dorée de la Bayadère et Alain dans la Fille mal gardée.

Présenté comme le "phénomène" de la compagnie, il c'est montré très humble en saluant les autres membres du corps de ballet.

 

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Les deux lauréats ont fait des discours très différents mais vraiment touchants qui nous rendent ces artistes encore plus sympathiques.

 

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Désolée pour les photos mais j'étais vraiment trop mal placée!

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 17:16

Vendredi dernier débutait une toute nouvelle série de Don Quichotte à l'Opéra Bastille. La dernière fois que j'ai vu ce ballet par l'Opéra de Paris je n'y allais qu'une fois par an. Aurélie Dupont était Kitri et un petit jeune dont c'était le tout premier rôle (Mathias Heymann!) campait Basilio. C'est par la suite que je suis devenue spectatrice régulière. 

Il faut dire que le spectacle a tout pour enthousiasmer et semble parfait pour les fêtes de fin d'année. C'est drôle, vivant, plein de couleurs. La chorégraphie est virtuose et ne souffre d'aucune approximation.

Les distributions publiées le mois dernier puis remaniées maintes fois au fil des blessures ont suscité quelques doutes mais c'est sans a priori que je me suis rendue à la première, contente de retrouver ce ballet.

Le rideau s'ouvre sur un prologue toujours un peu longuet malgré le talent des interprètes. Nous arrivons ensuite sur une place ensoleillée sur laquelle débarque la pétillante Kitri. La nouvelle étoile Ludmila Pagliero semble faite pour le rôle. Sa technique est brillante, son mime simple et efficace. Elle est drôle et espiègle comme il faut. Karl Paquette de son côté semble un peu à l'économie au premier acte (ce qui peut se comprendre lorsqu'on a 12 représentations à assurer). Sa technique n'est pas celle que l'on attend d'un Basilio cependant il sait se montrer très bon partenaire enchaînant les portés à une main avec une grande facilité.

 

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Du côté des seconds rôles, Laura Hecquet et Héloïse Broudon campent deux amies de luxe! Elles sont belles et drôles, un bonheur à voir.

Le passage d'Espada, la Danseuse de Rue et des toréadors était un peu mou. Dommage car ce passage est toujours très sympa d'ordinaire.

Enfin il faut saluer Stéphane Phavorin drôlissime en amoureux éconduit.

Changement d'ambiance au second acte avec l'arrivée tonitruante des gitans et en particulier d'Allister Madin qui a électrisé la salle.

On passe ensuite à la scène des dryades qui convient parfaitement au style de l'Opéra. Le corps de ballet était très en place et les 3 interprètes principales magnifiques. Ludmila Pagliero a effectué une très belle variation de Dulcinée qui a déclenché les applaudissements du public à plusieurs reprises. Sarah Kora Dayanova de son côté était impressionnante de maîtrise en reine des Dryades.

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Au 3e acte, nous avons eu droit à un très beau pas de deux du mariage. Les interprètes étaient très en forme. Un excellent moment pour terminer la soirée.

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Au final, une belle représentation qui n'a fait que monter en puissance. Il a parfois manqué un petit grain de folie pour ressortir complètement émerveillé mais il ne faut pas bouder son plaisir. Ludmila Pagliero dont on a dit beaucoup de choses après sa nomination a offert une prestation assez géniale. Ce genre de rôle lui correspond vraiment bien.  

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 17:34

Avant que la série de Don Quichotte ne commence il est tout de même temps de revenir sur la soirée Gillot/ Cunningham qui s'est tenue ce mois de novembre au Palais Garnier.

Sous apparence, la création de l'étoile Marie-Agnès Gillot était assez attendue et suscitait pas mal de curiosité. La promotion fût intensive et l'idée de mettre tous les danseurs sur pointes (même les hommes) était intéressante. Aussi j'étais plutôt impatiente de voir le résultat.

La déception n'en fût que plus grande. J'ai trouvé la pièce incroyablement vide malgré sa profusion d'idées. Les décors sont géants, les danseurs sur pointes, le sol glissant... Pourtant jamais la chorégraphie ne va au bout de tous ces concepts. On a l'impression en voyant le ballet qu'il y aurait eu tellement de choses à faire...

Ce qui gène le plus est que ça danse finalement peu sur les 30, 40 minutes que dure la pièce. Les hommes ne font pas grand chose de leurs pointes et l'ensemble des danseurs passe un temps assez long (trop long) à faire des glissades d'un bout à l'autre de la scène. Pourquoi? A part, utiliser cet accessoire, assez marrant il est vrai, quel est l'intérêt?

Le tout est en plus très chargé avec de grands décors, des costumes pour le moins improbables (danseuses-sapin, petit nuage noir en moumoute). Après tout pourquoi pas, ça peut être fun (même si ça m'a laissée perplexe), mais on avait là l'impression que le tout cherchait à cacher le vide. On ne voit pas la danse derrière tout ça.

On peut tout de même retenir quelques passages comme le solo de Vincent Chaillet (magnifique d'ailleurs) ou le passage de groupe à la fin, simple mais efficace qui nous montre ce qu'aurait pu être la pièce avec un peu moins d'artifices ou une meilleure utilisation de ces derniers.

 

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Après l'entre-acte Un jour sur deux, le ballet de Merce Cunningham est tout à fait à l'opposé de celui de Marie-Agnès Gillot. Pas de décor, quasiment pas de musique et des danseurs en académiques gris. A première vue ça fait peur, très peur même! On commence par entendre des bruits bizarres de vent, de feuilles, émaner de la fosse de l'orchestre, les danseurs bougent, on attend que la musique démarre mais non! ca va être ça pendant 1h! Pourtant on se fait assez rapidement hypnotiser par l'ambiance de la pièce. La danse ne s'arrête quasiment jamais. Il y a du mouvement partout, de la recherche, c'est intelligent et bien construit. Bien sûr, sur une heure c'est parfois un peu long. Mais au fond on n'est jamais tenté de décrocher.

Le ballet est de plus porté par d'excellents interprètes et si Emilie Cozette, Hervé Moreau et Fabien Révillon en sont les solistes crédités, il convient de saluer l'ensemble de la troupe pour sa performance.

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Au final une soirée que je ne serais certainement pas allée voir deux fois mais qui était intéressante à découvrir. La création de Marie-Agnès Gillot fût une vraie déception d'autant plus que l'on sent du potentiel qu'elle n'a pas pu exploiter complètement. Le ballet de Cunningham fût une jolie surprise et il aurait mérité d'être revu dans de meilleures conditions. (mais le fait de l'avoir suivit tout du long, debout sur une chaise prouve qu'il était intéressant!)

 

La semaine prochaine les représentations de Don Quichotte débutent à l'Opéra Bastille. C'est l'un des seuls grands classiques de la saison aussi il faudra en profiter un maximum!! Malheureusement à l'Opéra de Paris, les classiques sont de plus en plus rares et les séries minées par les blessures ce qui gâche un peu le plaisir (on peut tout de même se questionner, 26 représentations est-ce bien raisonnable?).

Je ne me risquerai pas à faire un article sur les distributions tant elles ont été modifiées et vont certainement encore changer. On verra au jour le jour! Pour l'instant je serai à la pré-générale demain. Comme c'est une répétition je ne pense pas la commenter ici mais en dirait quelques mots sur Twitter. Puis la première vendredi!  

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