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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 10:32

 

Avant que j’ai vraiment complètement la flemme de le faire voici quelques mots sur la soirée Cullberg/ De Mille. Une soirée qui s’annonçait pour le moins intéressante puisque l’un des ballets n’avait pas été reprise depuis plus de 10 ans et l’autre était une entrée au répertoire. Que des découvertes donc !

 

La soirée s’ouvre avec Fall River Legend d’Agnes De Mille. Un ballet fort sur un sujet qui ne l’est pas moins, l’histoire d’une jeune femme accusée d’avoir tué son père et sa belle mère à coup de hache. Dis comme ça, ça ne semble pas hyper accessible. On est pourtant rapidement pris par l’histoire. L’œuvre est bien construite, de manière assez cinématographique. La pièce ressemble d’ailleurs plus à un film (ou plutôt ici du théâtre) muet qu’à un ballet.

Ça danse assez peu ce qui peut décontenancer au premier abord. La réussite de l’œuvre tien beaucoup de la performance des interprètes et en particulier de l’accusée, omniprésente sur scène.

Et c’est bien là que le problème se pose. Difficile sur le long terme d’être séduite par le personnage proposé par Laëtitia Pujol. On ne sent pas assez d’évolution chez elle pendant les 50 minutes que dure la pièce. Elle a l’air folle à lier dès ses premières apparitions et il ne semble donc pas y avoir eu de cheminement l’amenant à son acte. On ne ressent pas assez la douleur de l’enfermement, ce sentiment de solitude et cette peine d’avoir perdu sa mère. L’étoile en fait un peu trop et ne va pas assez dans la nuance ce qui empêche le spectateur de vraiment entrer dans l’histoire.

Ce manque de progression m’a fait paraître la soirée bien longue et je ne pouvais m’empêcher de me demander ce que l’œuvre donnerait avec une autre interprète. Dommage.

 

FallRiver1.jpg

 

À l’entre acte, je profite du parterre clairsemé pour quitter mon amphithéâtre et avoir une meilleure vue de Mademoiselle Julie.

Le ballet Birgit Cullberg est d’apparence plus accessible avec sa musique et ses jolis costumes. La pièce est bien construite et on ne s’ennui pas une seconde. Elle est de plus très bien portée par ses interprètes avec en tête Aurélie Dupont parfaite en grande dame (un peu moins dans la seconde partie) et Nicolas LeRiche dont on ne peut s’imaginer qu’il va partir à la fin de l’année tant il est enthousiasmant aussi bien techniquement que dans ses interprétation.

Au final le ballet est très agréable à suivre même si deux semaines après la représentation Fall River Legend est finalement celui qui me reste le plus en tête.

 

Mademoiselle-Julie_Nicolas-Le-Riche_Aurelie-Dupont_1.jpg

 

On se retrouve très bientôt avec certainement un retour sur la rencontre AROP avec Isabelle Ciaravola.

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 17:49

La nomination d’Amandine Albisson survenue hier à l’issue d’une représentation d’Onéguine a suscité pas mal de débats.

À mon tour de donner quelques impressions.

 

Je me rappelle encore de la première fois que j’ai remarqué Amandine Albisson sur scène. C’était lors d’un concours de promotion en 2007. Elle était quadrille et n’avait pas été promue. Aujourd’hui je ne me rappelle plus de qui était passé mais je me rappelle bien de cette toute jeune danseuse qui démontrait déjà une forte personnalité et une grande présence sur scène. Sa non promotion avait été pour moi une grande incompréhension.

 

Depuis elle a fort heureusement été promue, a dansé pas mal de seconds rôles où elle a toujours su faire la différence de part ses grandes qualités techniques et encore une fois sa personnalité affirmée. Sa promotion de première danseuse lors du dernier concours était tout à fait logique. Elle a un tempérament de soliste cela ne fait aucun doute. Elle fait partie des futures étoiles de la compagnie, c’est certain.

 

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Si je regrette souvent que l’on nomme les étoiles trop tard, il serait un peu hypocrite de dire que cette fois on l’a nommée trop tôt. Avoir une jeune étoile est une bonne chose et si je me rappelle bien Dorothée Gilbert avait à peu près son âge lors de nomination.

Mais il y a une différente entre nommer une étoile jeune et la nommer au bon moment.

 

Je n’ai pas vue Amandine dans Onéguine et me garderai donc bien de parler de sa prestation toutefois il est dommage de voir une étoile apparaître alors même qu’elle n’a pas totalement convaincue le public. Je rester persuadée que ce rôle n’était pas un cadeau à lui faire et qu’il aurait été bien plus pertinent de la nommer sur un grand classique où elle aurait pu mettre ses qualités en valeur ou sur Notre-Dame de Paris qui aurait parfaitement collé à sa personnalité. Là le public aurait pu voir pourquoi il fallait la nommer elle et pas une autre.

 

Cette nomination apparaît donc comme en demi-teinte alors que si elle avait eu lieu à un autre moment (surtout sur un autre rôle) elle aurait pu être une belle fête.

 

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Et puis il reste cette impression désagréable que Brigitte Lefèvre essaye à tout prix de blinder les postes d’étoiles avant son départ en nommant à tort et à travers des danseurs qui certes le méritent, mais dans la précipitation et sur de mauvais rôles ce qui ne laisse pas au public l’occasion d’apprécier pleinement cette consécration. Deux étoiles en trois mois c’est tout de même beaucoup.

Dommage que la future ex-directrice n’ai pas pris conscience que son départ aurait eu beaucoup plus d’impact (et lui aurait permis de redorer un peu son blason) si elle n’avait effectué qu’une, à la limite deux, nominations vraiment marquantes et significatives pour l’avenir de la compagnie (suivez mon regard).

 

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Quoi qu’il en soit bravo à Amandine Albisson. J’espère qu’elle va maintenant être distribuée intelligemment et aura l’occasion de prouver qu’elle mérite son titre (ce qui est le cas !)   

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 09:37

 

 

Avec beaucoup de retard je reviens sur la première représentation de la reprise d’Onéguine au Palais Garnier.

Déjà 3 pour le Cranko et pourtant je me souviens de la première comme si c’était hier. Elle réunissait Isabelle Ciaravola et Hervé Moreau pour le couple principal. Une distribution idéale. On pourrait en dire autant de Mathias Heymann et Myriam Ould-Braham qui campaient Olga et Lenski. À l’époque il y avait sur scène trois premiers danseurs et une étoile. Ils le sont maintenant tous et deux (Isabelle Ciaravola et Mathias Heymann) ont été nommé à l’issu de cette représentation. Cette soirée reste sans aucun doute ma plus mémorable à l’Opéra et si j’avais eu l’idée de participer au fameux concours Émotion Opéra c’est sans conteste la représentation que j’aurai choisie.

 

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Aussi je me réjouissais de pouvoir retrouver cette distribution quasi à l’identique (Ould-Braham en moins Giezendanner en plus) pour cette reprises. Manque de chance, une malencontreuse blessure d’Hervé Moreau a changé la donne forçant l’Opéra à rappeler de nouveau Evan McKie (un peu inélégant tout de même de ne l’appeler que pour remplacer) pour danser avec l’étoile corse décalant ainsi leur représentation d’un jour.

 

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C’est donc à un couple inédit, Ludmila Pagliero et Karl Paquette que nous avons eu droit. Pour quel résultat ? Une soirée sympathique. Ni mauvaise, ni mémorable. C’est peut être pour cela que j’ai mis tant de temps à écrire cette chronique. Les soirées « tièdes » ne sont pas spécialement motivantes.

Il est toutefois un plaisir de retrouver ce ballet. Il est bien construit, pas trop long, remplis de beaux passages. On y passe toujours un bon moment. Le corps de ballet était assez en place et a particulièrement brillé lors de son moment de bravoure du premier acte.

Un premier acte où c’est avant tout illustré le couple de « seconds rôles ». Si Mathias Heymann est toujours aussi impressionnant techniquement, c’est un plaisir de constaté qu’il a bien murit son jeu depuis sa prise de rôle. Son personnage n’est toujours pas très profond mais il reste cohérent est touchant. Charline Giezendanner de son côté est une bien charmante Olga. Cela se vérifie surtout au deuxième acte lors de la très réussie scène du bal. Ses intentions sont claires. On voit parfaitement la jeune femme s’amusant comme une folle sans jamais prendre conscience du drame qu’elle est en train de nouer.

 

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Du côté du couple principal, tout a très bien commencé avec une Ludmila Pagliero décidément pleine de surprises. Timide et réservé elle est très juste dans ses intentions. Karl Paquette de son côté campe un Onéguine assez différent des autres titulaires du rôle. Très poète maudit, il se montre vraiment émouvant lors de sa première variation ainsi qu’au troisième acte. Malheureusement il y a comme un malaise au second acte (à la scène du bal). Le personnage que nous présente l’étoile est-il vraiment celui que le chorégraphe avait en tête ? Pourquoi déchire-t-il la lettre de Tatiana ? C’est la seule partie un peu incohérente de cette interprétation. Cela ne semble pas coller avec le caractère de son personnage.

À noter également que l’alchimie entre les deux étoiles a mis un peu de temps à apparaître et le pas de deux du miroir manquait d’un petit quelque chose même s’il était très bien dansé.

Tout s’arrange avec celui du dernier acte qui, s’il a eu du mal à décoller m’a vraiment prise par surprise sur la fin en grand partie grâce à l’investissement de Ludmila Pagliero franchement bouleversante en femme déchirée par la passion.

 

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Si je ne retrouve pas de place d’ici là, je vous donne rendez-vous le 28 février pour les adieux d’Isabelle Ciaravola. Un moment qui risque d’être chargé en émotions.

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 13:21

 

Avec du retard et avant la représentation du Bolchoï, quelques mots sur l’avant dernière représentation de la belle aux bois dormant qui réunissait Aurélia Bellet et Vincent Chaillet. Il aura fallu attendre la fin de la série pour découvrir la sujet et le premier danseur dans les rôles et le résultat était assez sympathique.

 

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Aurélia Bellet a semblé très prise par le trac au premier acte qui manquait quelque peu de magie. L’adage à rose est toujours un moment délicat qui entraine de la crispation aussi bien chez les danseurs que chez le public. Une fois ce moment de bravoure passé, l’ambiance se détend quel que peu.

Au deuxième acte, Vincent Chaillet campe un très beau Désiré. Impeccable techniquement avec une interprétation très juste. Voilà un danseur en qui l’on peut avoir confiance. Que ce soit au niveau du classique ou du contemporain, il assure ! La scène de la vision était très belle avec un corps de ballet toujours très en place et une Aurore plus en confiance.

 

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Le 3e acte est une belle fête grâce notamment à la lumineuse Sae Eun Park brillante en princesse Florine et bien plus à l’aise ici qu’en fée violente dans le prologue. À noter également Jennifer Visocchi excellente en chatte blanche. Certainement ma préférée de la série !

 

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Je ne reviendrai pas en détail sur la dernière représentation du 4 janvier qui a vu le remplacement du couple principal Myriam Ould-Braham/ Mathias Heyman remplacé par la paire Amandine Albisson/ Florian Magnenet. Mon avis sur cette distribution n’a pas beaucoup évolué et a confirmé tout le bien que je pensais d’Amandine Albisson. Florian Magnenet de son côté était bien plus à l’aise que lors de sa prise de rôle ce qui était plaisant à voir. Ils se sont cependant fait voler la vedette au 3e acte par l’extraordinaire Oiseau Bleu de François Alu.

 

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Voici donc cette série de Belle aux Bois Dormant qui s’achève. On pourra certainement la mettre au palmarès des grandes satisfactions de l’année. Cela fait longtemps que l’on n’avait pas vu une aussi belle reprise d’un ballet « Noureev ». Corps de ballet dynamique, solistes enthousiasmants, bon mélange entre étoiles, premiers danseurs et sujets. Cela faisait plaisir de voir la compagnie comme ça et on peut fortement les féliciter et les remercier pour ce beau mois de décembre qu’ils nous ont fait passer.

Et une petite pensée spéciale pour les filles du corps de ballet qui en une représentation pouvaient être à la fois une fée, une amie d’Aurore, une dryade, une fille de la cour ou bien une pierre précieuse/chat/princesse Florine, fée Lila... tout en préparant pour certaines le rôle titre. Elles ont bien du mérite et ont assuré le spectacle avec un grand talent !

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 12:47

Du Parc vu lors de la dernière reprise il ne me restait que quelques images et une impression de profond ennui! C'est donc avec un peu d'appréhension que j'ai abordé cette nouvelle représentation malgré une belle distribution.

 

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Et au final, ô surprise, j'ai passé un très bon moment! La danse est très présente, très sympathique, les tableaux s'enchainent bien. On trouve tout de même parfois le temps un peu long mais c'est plus dû à l'absence d'entre acte qu'à un réel problème de chorégraphie. Les danseurs semblent ravis d'être là et se montrent très impliqués. Le ballet permet de plus très bien aux individualités de s'exprimer.

Du côté du couple principal, Isabelle Ciaravola irradie toujours sur scène même si on la sent plus à l'aise dans la seconde partie du ballet qu'engoncée dans le costume du premier tableau. Elle est véritablement le personnage central de la pièce, l'héroïne, et l'on a l'impression de vivre l'histoire à travers ses yeux et son parcours. Elle est superbe!

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Son partenariat avec Stéphane Bullion a toujours bien fonctionné et c'est encore le cas ici avec de très beau pas de deux. J'ai bizarrement particulièrement retenu le second même si le 3e était évidemment magnifique de part sa chorégraphie et l'implication des deux danseurs et laissait parfaitement passer l'émotion. On peut toutefois reprocher à Stéphane Bullion d'être parfois un peu trop en retenue ce qui lui va souvent très bien mais là m'a un peu gênée.

 

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La représentation restait tout de même très belle et je suis heureuse d'avoir pu découvrir cette distribution pour mon seul Parc de l'année.

On retourne ensuite à la Belle aux Bois dormant avec deux dernières représentations avant de passer au BolchoÏ.

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 13:33

 

La semaine dernière la toute nouvelle première danseuse de l’Opéra de Paris Amandine Albisson a fait ses débuts dans le rôle d’Aurore. Elle est la troisième non-étoile a aborder le rôle dans cette série et si je n’ai pas vu ses camarades sujets je dois dire que cette première était très réussie.

 

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Amandine Albisson possède une technique très sûre et une personnalité affirmée qui font des merveilles sur ce ballet. Elle est une princesse jeune et vive. Sa danse pleine de joie au premier acte remplie parfaitement l’immense plateau de Bastille. Malheureusement le soufflet retombe un peu au deuxième acte en grande partie à cause d’un partenariat peu performant. Non pas que Florian Magnenet soit mauvais partenaire, mais on ne sentait pas de réelle alchimie entre les deux danseurs. Dommage !

Dès qu’elle se retrouve seule, la jeune femme est en revanche superbe. Sa variation du 3e acte est un régal.

 

Florian Magnenet de son côté n’était pas très à l’aise dans son rôle de Prince. S’il en a le physique, la technique ne suit pas toujours. On sent néanmoins un réel effort dans l’interprétation ce qui est louable.

   

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Du côté des seconds rôles, pas mal de nouveauté. Marion Barbeau était toute fraiche et adorable en fée Canari. Charline Giezendanner de son côté avait laissé le tutu jaune pour celui de la princesse Florine qui lui va tout aussi bien. Je l’ai trouvé très intelligente dans son interprétation avec une danse toujours au top. Lydie Varheilles quant à elle était délicieuse en chatte blanche. L’un des meilleurs moments de la soirée.

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Pour conclure, une prise de rôle très réussie pour Amandine Albisson qui aura en plus la chance de peaufiner son personnage avec deux représentations supplémentaires. Dommage en revanche que l’on ai pas eu droit à un partenariat plus assorti.

 

 

 

Ce week end, mon premier (et unique) Parc à Garnier avant de partir dans un tout autre registre avec la Belle et la Bête à Mogador!

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 01:34

image07.jpgimage09La nomination d'Alice Renavand était dans les tuyaux depuis un moment déjà. D'abord prévue sur Kaguyahime puis reportée pour une raison indéterminée, elle est enfin arrivée à l'issue de la prise de rôle de la première danseuse dans le Parc.

Il faut dire qu'après ses distributions en Kitri, Paquita, dans les ballets de Kylian... la jeune femme était en pôle position des candidates à l'étoilat. Alice Renavand est de plus typiquement le genre de danseuse adorée par Brigitte Lefèvre. Personnalité dynamique très active dans le contemporain. Longtemps considérée comme une doublure de Maire-Agnès Gillot, la jeune femme a réussi à s'affranchir de ce modèle écrasant pour s'imposer par elle-même.

 


Tout comme Eleonora Abbagnato nommée il y a quelques mois, Alice Renavand n'est pas l'une des plus grandes technicienne de la compagnie mais possède une personnalité artistique hors norme qui ne laisse personne indifférent. Mon premier souvenir d'elle date de l'avant dernière série de Don Quichotte. Mathias Heymann alors sujet faisait sa prise de rôle en Basilo aux côtés d'Aurélie Dupont et elle était la danseuse de rue. Je dois bien dire que de tous les interprètes de cette matinée c'est elle qui m'a laissé le souvenir le plus fort! Elle m'a par la suite fascinée en Kaguyahime, fait mourir de rire en ugly sister de Cendrillon et emballée en Kitri.

On ne peut que se réjouir de cette promotion qui vient saluer le parcours d'une artiste singulière et attachante.

Après on peut tout de même rester dubitatif face à cette tendance à nommer des étoiles pour saluer une carrière plus que pour promouvoir un talent en pleine éclosion. On ne peut pas dire que l'Opéra mise sur l'avenir avec cette promotion. Tout comme Eleonora Abbagnato, Alice Renavand a déjà une carrière bien remplie derrière elle et ne va certainement pas suite à sa nomination se mettre à jouer les jeunes princesses dans les grands classiques. Elle n'est pas la relève de la compagnie et ne va pas pallier les départs d'Agnès Letestu ou Aurélie Dupont. Avec cette (probablement dernière) nomination Brigitte Lefèvre jette un regard en arrière pour célébrer une belle artiste mais ne va pas de l'avant. Reste à savoir si elle donnera sa chance à un petit jeune avant de partir histoire de se retirer sur un coup d'éclat ou si elle s'arrêtera sur cette nomination finalement très à l'image de la politique artistique menée pendant son "règne".

Dans tous les cas bravo à Alice Renavand! Une formidable artiste que je ne pourrais malheureusement pas voir dans le Parc mais attend avec impatience de redécouvrir sur la fin de la saison!

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 11:09

La belle au bois dormant 2ème !

Je dois dire que si j’ai plutôt de la chance au tirage au niveau des distributions du seul grand classique de l’année à l’Opéra de Paris, il me restait un petit regret : ne pas pouvoir voir Myriam Ould-Braham et Mathias Heymann dans le pas de deux de l’Oiseau bleu ! Oui ça ne dure que 10 minutes sur presque 4h de ballet mais ça m’aurait tout de même manqué.

J’ai donc j’ai mon possible pour trouver une place pour la première distribution (merci à celles qui m’ont aidé !) et en ai finalement décroché une pour le jour de la captation en direct dans les cinémas. Parfait !

Mais lundi matin voilà que l’on nous annonce un changement de distribution. Myriam Ould-Braham et Mathias Heymann ne danseront pas l’oiseau bleu mais bien le couple princier. Sage décision de la part de la direction qui met enfin en valeur deux de ses plus brillantes étoiles. Pari risqué tout de même puisqu’il s’agissait là de leur première.

 

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Au final une très belle représentation c’est déroulée sous nos yeux. Le prologue est toujours aussi magique avec un septuor de fées de haute volée. Les passages de pantomime passent tout seul et on ne voit pas le temps passer (enfin je disais ça du prologue de Don Quichotte à la première représentation et il me sortait par les yeux après !).

Premier acte et entrée sous les applaudissements de Myrim Ould-Braham telle une star. L’étoile maîtrise parfaitement le personnage d’Aurore. Elle a en elle cette espèce d’innocente et de grâce infinie qui font les vraies princesses. Sa belle et toute douce, toute légère quand elle passe de prince en prince. La danseuse évolue de plus avec une très grande musicalité ce qui est toujours un plaisir à voir.

 

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Au deuxième acte nous faisons la rencontre du prince. Et quel prince ! Il n’y a presque pas de mot pour décrire la prestation de Mathias Heymann. C’était quasi parfait. Le jeune homme met tout de même moins d’émotion dans son interprétation que Josua Hoffalt et reste toujours un peu en surface mais sa danse est tellement belle avec une technique tellement impressionnante sans pour autant être outrancière que l’on est emporté avec lui. L’émotion, les frissons viennent ici de la beauté du geste et la très longue variation suivant la partie de chasse semble passer en quelques secondes.

Sa rencontre avec sa belle princesse sera l’un des sommets de la représentation et je dois bien avouer que c’est ce 2e souvent si long que retiendrait sur l’ensemble de la soirée.

Ensemble Mathias Heymann et Myriam Ould-Braham font rêver. Leurs styles s’accordent parfaitement, un vrai couple de conte de fées.

 

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Au troisième acte place aux festivités ! Les divertissements étaient très réussis, notamment les pierres précieuses. Les chats sont quant à eux toujours aussi drôles et ont déclenché les rires du public.

Le couple princier était ici tout puissant. Les stars de la fête ! Leur adage était impeccable et on croyait vraiment à leur histoire.

Mathias Heymann a ensuite littéralement scotché l’assemblée avec une époustouflante variation de Désiré tandis que Myriam nous a ensuite offert une démonstration de musicalité dans sa partie.

 

Une très belle représentation donc et surtout un très beau couple-star qui je l’espère sera amené à danser de plus en plus souvent ensemble dans les années à venir. 

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 10:55

La belle au bois dormant, c’était un peu l’arlésienne. Tous les ans on pensait peut être la revoir et cela n’arrivait jamais. C’est l’un des rares grands classiques dont il aura fallu attendre près d’une décennie entre deux séries à Paris. Lors de la dernière reprise Myriam Ould-Braham était encore sujet et dansait ici son premier grand rôle et Aurélie Dupont dansait encore les ballets de Noureev.

 

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Pourtant la Belle au bois dormant est LE classique par excellence ! Ca dure près de 4h avec tout plein de tutus pastels, de fées, de gens beaux et gentils, d’oiseaux/ chats/ pierres précieuses qui dansent… Une jolie princesse ensorcelée et un gentil prince qui vient la délivrer, tous les ingrédients du conte de fée sont là. Et avec sa musique de Tchaïkovski (ou comme on peut l’entendre dans la salle « la musique du Disney ») et son enchainement de variations académiques tous les ingrédients du grand ballet y sont également.

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Après avoir vu les derniers Noureev on pouvait pourtant avoir quelques craintes. Ensembles brouillons, manque de solistes, on en venait à penser que la troupe n’était plus capable de danser ces ballets. Grosse erreur ! Je ne sais pas quel a été le déclic (meilleur coaching, regain de motivation…) mais cette Belle porte bien son nom. La représentation d’hier était superbe.

 

Tout d’abord la production est assez magnifique. Décors grandioses, costumes de rêve, tout est là pour nous plonger dans le conte de fée.

Le corps de ballet se montre impressionnant avec des ensembles impeccables et surtout une vraie implication de l’ensemble des interprètes. C’était très vivant et chaque tableau (prologue, valse, rêve du prince, mariage…) faisait forte impression. Un vrai bonheur.

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Les solistes n’étaient pas en reste et c’était bien là le gros point fort de cette représentation : une distribution homogène de haut niveau. « le couple principal était superbe mais les seconds rôles décevants », « bon solistes mais corps de ballet pas en place », « magnifique corps de ballet, dommage que les solistes n’étaient pas à la hauteur ». On ne lisait que ça ces dernières années.

Pas de ça hier soir. Le prologue était très bien mené par les sept fées et les divertissements du mariage très applaudis (et c’était bien mérité).

 

Enfin le couple principal était un vrai régal. Quel plaisir de voir une aussi belle danse, un beau partenariat…

Ludmila Pagliero s’impose définitivement comme la valeur sûre des étoiles féminines dans le classique. On peut prendre des places pour ses représentations les yeux fermés en sachant que le spectacle sera toujours de qualité. Elle réussi de plus à affiner son interprétation au fil du temps. Son Aurore était des plus convaincante. Timide avec une pointe d’espièglerie bienvenue. Et surtout sa danse et absolument réjouissante et ne souffre d’aucun défaut. Un pur bonheur.

Josua Hoffalt signait avec le rôle de Désiré son retour sur scène après plus d’un d’absence. Son prince est lui aussi très beau avec une technique brillante (malgré un peu de fatigue sur la fin). Son interprétation est assez intéressante et il se sort parfaitement de la si longue variation du 2e acte. Un passage qui demande de garder la même intensité sur plus de 5 minutes, c’est fort ! J’ai hâte de voir ce que les autres interprètes du rôle vont faire de ce passage.

Le danseur s’accorde de plus très bien avec Ludmila Pagliero et j’ai trouvé qu’il formait un beau couple de conte de fée.

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Vous l’aurez compris, cette représentation était un vrai plaisir. Quand tout est en place comme c’était le cas avec une si belle production et de bons interprètes, la magie opère !

 

On se retrouve très vite avec quelques autres Belle et une représentation du Parc. Si tout ce passe bien ma prochaine représentation verra Mathieu Ganio et Eleonora Abbagnato dans les rôles titres.

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 14:32

Hier soir tenait au Palais Garnier la première représentation de la soirée mixte Teshigawara/Brown/Kylian. Au programme une création et deux reprises. Rien de bien excitant sur le papier mais on n'est jamais à l'abris d'une bonne surprise...

 

La soirée s'ouvre donc avec une création de Saburo Teshigawara, Darkness is Hiding Black Horses. Alors à quoi s'attendre avec cette nouvelle pièce? Et bien pas à grand chose. Aurélie Dupont se déplace au ralenti, Nicolas LeRiche va plus vite, Jérémie Bélingard fait le tour de la scène tout vouté. Puis Jérémie Bélingard part se faire cuire un œuf hors scène pendant un quart d'heure et Aurélie Dupont et Nicolas LeRiche commencent à danser... un peu. Ils tournent en rond au milieu des geysers, vont d'un bout à l'autre de la scène en faisant des ports de bras. Ah Jérémie Bélingard revient! Mais aussi peu intéressé que nous par ce qu'il se passe sur scène, il ne reste que 30 secondes.

Cette création de Teshigawara n'est pas la meilleure ou la pire qu'il nous ai été donné de voir à l'Opéra de Paris. Elle ressemble juste à beaucoup d'autres choses qui nous on déjà été présentées. Ces pièces avec plus de déplacements que de vraie danse, une musique (pardon des éléments sonores) que l'on semble nous rabâcher à chaque nouvelle création "contemporaine un peu intello". On ne peut que rester dubitatif à voir des danseurs de la trempe des 3 étoiles en présence se satisfaire de danser ce genre de pièce. Je me demande quel intérêt ils en retirent.

Au final Darkness is hiding black horses connaîtra sans doute le même destin que bien d'autres. Dès le lendemain il n'en reste pas grand chose (si ce n'est ce puissant souvenir d'ennui), dans 2 mois on l'aura déjà oublié.

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On passe ensuite à un ballet de Trisha Brown, Glacial Decoy qui apporte un peu de fraicheur après l'austérité intellectualisée de Teshigawara. La pièce était fraiche et sympathique même si elle ne transporte pas plus que cela. Elle est très bien servie par ses interprètes et est suffisamment brève pour que l'on ne s'ennui pas. Difficile pourtant de se passionner pour une œuvre sans musique. Pour m'accrocher plus de 10 minutes il me faut au moins quelques notes!

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A l'entre acte on aurait presque tendance à vouloir rentrer chez soi (ce que certains on fait d'ailleurs). Ce serait manquer le seul véritable intérêt de cette soirée, Doux Mensonges de Jiri Kylian. L'avantage avec Kylian, c'est que l'on est rarement déçu. Doux mensonges possède une vraie personnalité, une cohérence. La pièce est vivante et ses quatre formidables interprètes aussi. On est tout de suite happé par cette atmosphère entre ombre et lumière. Mais surtout, on voit de la danse! Des mouvements travaillés, fluides. Cette pièce est pleine (en opposition au relatif vide de la première) et dégage une vraie émotion qui avait jusqu'à présent été absente de la soirée.

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En conclusion, ce triple bill contemporain est un programme assez dispensable. N'en déplaisent aux communicant de l'Opéra de Paris qui n'ont de cesse de s'auto congratuler sur leur compte Twitter tout en remerciant la directrice de la danse. Alors certes j'imagine que c'est un programme qu'il fait bon genre d'aimer. Pour ma part de me ennuyée à mourir pendant une heure, me demandant bien si d'autres trouvaient un intérêt quelconque dans ces pièces ainsi que ce que mes voisins étranger devaient penser de "la plus grande troupe de ballet du monde". La soirée ne vaut au final pour sa troisième et superbe œuvre que j'aurai pris plaisir à revoir si elle n'était pas accompagnée des deux autres (oui je pourrai ne venir qu'à l'entre acte mais cela me fait mal de payer une place pour 1/3 de soirée).

 

La semaine prochaine c'est le concours de promotion! Si une bonne âme a envie de m'offrir une place, je lui offre une guimauve enrobée de chocolat (c'est ce que j'ai de plus précieux)! Sinon je vais tout de même essayer d'y assister. Souhaitez-moi bonne chance! Quoi qu'il arrive je vous ferai un beau commentaire des résultats le soir même!

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