Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 14:24

C’est ce soir que se termine la 3e reprise de Caligula à l’Opéra de Paris.

Pour l’occasion, Muriel Zusperreguy et Stéphane Bullion seront en dédicace à la boutique de l’Opéra.

 

                                                   Copie-de-P1000549.JPG

                                                                   Clairemarie Osta

Pour ma part, la série se terminait hier avec en fin la découverte de Mathieu Ganio dans le rôle du terrible empereur. Autant le dire tout de suite, j’ai été déçue. Cependant, on m’a dit qu’il avait fait mieux lors d’autres représentations donc il ne faut pas être catégorique. Je ne parle donc que de ce que j’ai vu ce soir là.

                                    Copie-de-P1000551.JPG

                                                            Mathieu Ganio Clairemarie Osta

Mathieu Ganio est un très beau danseur que j’ai toujours apprécié. Il a des lignes très pures et c’est l’un des meilleurs princes que nous possédons à Paris. Pas étonnant alors qu’il fasse des merveilles lors de sa première apparition, l’entrée de Caligula. Il émane une certaine mélancolie de sa danse. On voit un prince (enfin plutôt un empereur ici) solitaire et plongé dans ses pensés.

Là où tout ce complique, c’est lors que ses accès de rage. Je n’y ai pas cru un seul instant. On aurait un peu dit un enfant crise. Pourquoi pas, mais dans ce cas pourquoi les sénateurs et suivants ont-ils si peur de lui ? Pourquoi veulent-ils sa perte ? Car honnêtement, il ne fait pas bien peur.

Sa colère semblait forcée. Sa danse en revanche est magnifique. De sublimes sauts, des arabesques, des pirouettes, tout est parfait. Cependant je n’ai pas trouvé que cela servait l’histoire. C’était beau pour être beau. Très appliqué mais le personnage avait du mal à exister derrière le danseur.

                                     Copie-de-P1000547.JPG

                                                                        Stéphane Bullion

A ses côté, c’est avec un immense bonheur que l’on retrouvait Clairemarie Osta dans le rôle de la Lune. Elle en est vraiment l’interprète idéale tant elle semble venue d’un autre monde par rapport aux personnages qui l’entourent.

Son partenariat avec Mathieu Ganio est toujours aussi touchant et convaincant et je regrette qu’on ne les ai pas associés pour Roméo et Juliette.

                  Copie-de-P1000556.JPG

                                                              Stéphane Bullion Mathieu Ganio

Eleonora Abbagnato est une remarquable Caesonia forte et puissante. Impossible de la rater, contrairement à d’autres interprètes que j’avais du mal à distinguer du corps de ballet féminin.

                 Copie-de-P1000559.JPG

                                                                   Eleonora Abbagnato

Seul autre changement par rapport à la distribution de la première, Stéphane Bullion avait troqué son short rouge de Caligula pour apparaitre sous les traits de Mnester.

Un Mnester très différent de celui de Nicolas Paul. Plus imposant. Il apporte une sorte de présence un peu inquiétante sur le ballet. Il lance au public des regards assez foudroyants qui en disent beaucoup.

                 Copie-de-P1000563.JPG

                                                                       Mathieu Ganio

Ainsi s’achève cette série de Caligula. Maintenant il n’y a plus qu’à attendre la reprise de Coppélia avec peut être avant la répétition AROP si j’ai le temps.

 

Partager cet article
Repost0
16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 21:04

Comme promis, voici quelques impressions sur la soirée d’hier.

 

J’ai presque honte de l’avouer quand je lis certaines critiques mais plus je le vois plus j’apprécie ce Caligula. A chaque représentation de nouveaux détails me sautent aux yeux. Les changements de distributions apportent un éclairage nouveau à l’histoire.

 

Hier, c’était encore Stéphane Bullion qui officiait dans le rôle du terrible empereur romain. Son interprétation est toujours aussi intéressante. Sa progression dramatique est très visible sa danse toujours aussi puissante. Je suis maintenant curieuse de le voir en Mnester.

 Copie-de-P1000527.JPG

                                                                       Muriel Zusperreguy 

 

Le pantomime était à nouveau ce soir interprété par Nicolas Paul. J’ai regretté la place que j’avais choisie, très au dessus de la scène côté cour. J’avais du mal à voir les expressions de son visage. Néanmoins, il dégage quelque chose de vraiment intéressant dans ce rôle alors que c’est un danseur que je n’avais jamais spécialement remarqué jusque là (Onéguine mit à part). 

 

Pour le reste du « casting » nous avions droit à un peu de changement. Muriel Zusperreguy avait la lourde tâche de succéder à Clairemarie Osta dans le rôle de la Lune. Autant dire que c’était mission impossible. La première danseuse n’est pas aussi vive que l’étoile. Elle n’a pas non plus se côté fragile que j’ai aimé chez la précédente interprète. Elle s’en tire tout le même très bien mais ne me laissera pas un souvenir aussi fort que son aînée.

 

Copie-de-P1000537.JPG

                                                                          Audric Bezard

 

Miteki Kudo est très belle en Caesonia. Elle n’a malheureusement pas été très aidée par ses partenaires masculins qui ont quasiment tous failli la faire tomber dans le passage où la femme de Caligula passe de bras en bras. J’ai trouvé qu’elle se fondait plus dans la masse qu’Eleonora Abbagnato. Son personnage semble avoir moins de pouvoir ou d’importance dans l’histoire.

 

Pour la première fois, je voyais Adrien Couvez dans un rôle important, celui de Chaerea. Le danseur n’a pas la puissance et la forte présence d’un Aurélien Houette. Il présente un personnage moins dominant, plus torturé et ma foi, ça m’a bien plu !

 

Copie-de-P1000529.JPG

                                                                        Stéphane Bullion

 

Pour compléter la distribution, Mathias Heymann avait laissé sa place Audric Bezard dans le rôle du cheval Incitatus. Il faudrait que je revoie ce passage une nouvelle fois car j’ai eu l’impression que la chorégraphie n’était pas tout à fait la même !! Est-ce à cause des sauts toujours aussi impressionnants de l’étoile absente ? J’ai eu l’impression qu’Audric Bezard sautait moins souvent ! En revanche son interprétation était un peu moins caricaturale et c’était appréciable.

 

Nicolas LeRiche était revenu de Russie et est venu saluer le public.

Ce ballet a vraiment beaucoup de succès. A chaque fois que j’étais présente, les applaudissements étaient très nourris (plus que pour certains classiques) et les rappels nombreux…

 

Copie-de-P1000532.JPG

                                                        Nicolas LeRiche, Adrien Couvez, Miteki Kudo

 

Prochaine (et dernière) représentation pour moi, le 22 février.

Si le rhume ne m’a pas mise KO d’ici là, je tenterai ma chance demain au guichet du TCE pour voir Irina Kolesnikova et le Saint Petersbourg  ballet théâtre dans la belle au bois dormant.   

Partager cet article
Repost0
14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 20:16

Alors que les représentations de Caligula se poursuivent au Palais Garnier, le gros de la troupe est à Moscou pour une tournée du ballet au Bolshoï.

myriam.jpg

                                                     Myriam Ould-Braham

Au programme un spectacle déjà bien éprouvé lors des tournées du ballet et donné à Garnier il y a deux saisons : Suite en Blanc (Lifar), l'Arlesienne (Roland Petit) et Boléro (Maurice Béjart). Trois pièces permettant de montrer au public étranger tout le savoir faire français.

 isabelle-jose-copie-1.jpg

                                                   Isabelle Ciaravola et José Martinez

Pas moins de 12 étoiles se sont déplacées. L'occasion de voir que les russes communiquent bien plus sur la danse que les français. Les reportages se sont multipliés avec en vedette Emilie Cozette, José Martinez, Nicolas LeRiche et l'inévitable Brigitte Lefebvre.

En France, une seule retombée (à ma connaissance) sur BFM TV.

 arlesienne.jpg

                                                  Clairemarie Osta et Jérémie Bélingard

Dès le 15 février, un autre chorégraphe français, Angelin Preljocaj est mit à l'honneur avec le Parc qui verra en vedette le couple Isabelle Ciaravola/ Karl Paquette puis Emilie Cozette/ Florian Magnenet.

Quelques images de Suite en BLanc et du Boléro :

link

Le reportage de BFM TV :

link

Partager cet article
Repost0
4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 21:29

En mois de février 2011 Caligula, la création du danseur étoile Nicolas LeRiche, voyait sa troisième reprise au Palais Garnier.

J’avais déjà eu l’occasion de le voir il y a deux ans et en avait gardé un excellent souvenir. Etonnamment, si je me rappelais avoir aimé, peu d’images me restaient en tête. Un solo de Caligula, le manège d’Incitatus, des bribes de la pantomime de Mnester et d’un pas de deux avec la Lune… Le reste était assez flou.

 

Copie-de-P1000489.JPG

                                                                       Aurélien Houette

 

Après cette seconde vision, je peux dire que le ballet vieillit bien. La mise en scène est bien construite et la musique très bien utilisée.

On sent une vraie progression dramatique. Certaines idées chorégraphiques sont plutôt intéressantes et l’ensemble emporte l’adhésion du public.

 

Copie-de-P1000491.JPG

                                                                         Nicolas Paul 

 

Suite au retrait de Jérémie Bélingard, c’est Stéphane Bullion qui a eu les honneurs de la première. Il campe un Caligula extrêmement puissant et impressionnant tant au niveau de la technique avec de très beaux sauts, que de l’interprétation. Rêveur au début du ballet il revient par la suite plein de rage et de violence par toujours contenue. Je suis bien contente qu’il soit immortalisé sur la vidéo.

A ces côtés, beaucoup de personnages intéressants et des interprètes de choix. Clairemarie Osta est la figure idéale de la Lune. Légère, fragile, touchante. On voit que le rôle a été créé pour elle. Il y a trois ans Muriel Zusperrguy m’avait bien moins convaincue. Les deux étoiles se correspondent très bien  avec la force d’un côté, la fragilité de l’autre.

Eleonora Abbagnato quant à elle campait Caesonia la femme de l’empereur. Ce rôle est certainement celui qui a le plus évolué depuis la dernière reprise. Il est beaucoup plus présent et visible avec notamment l’ajout d’un court solo qui ouvre le ballet. Ce type de gestuelle va très bien à la ballerine sicilienne qui toujours aussi engagée dramatiquement.

 

Copie-de-P1000496.JPG

                                                                     Eleonora Abbagnato

 

Les sujets de la compagnie ont eu la part belle avec deux d’entre eux dans des rôles de premier plan. Aurélien Houette apporte beaucoup de force au personnage de Chaerea. Physiquement il en impose et n’a pas de mal à rallier les sénateurs à sa cause. Une petite pensée tout de même à Wilfried Romoli que j’avais vraiment adoré dans ce rôle. Une des dernière fois où je le voyais sur scène en tant qu’étoile en service…  

En parlant de souvenirs difficiles à oublier, il faut bien dire que je n’attendais pas grand-chose du Mnester de Nicolas Paul. Benjamin Pech avait tellement marqué le personnage… j’avais été fascinée par son interprétation. Pourtant, Nicolas Paul m’a beaucoup surprise. Il est vraiment très intéressant et engagé. Etant placée très près de la scène j’ai été vraiment happée par l’histoire qu’il nous a livrée. Ce rôle est vraiment intéressant pour peu qu’on accroche au personnage. Il y a de très bonnes idées chorégraphiques dans ces passages (surtout dans le troisième que j’aime assez).

 

Copie-de-P1000492.JPG

                                                                      Mathias Heymann

 

Un mot tout de même sur le rôle d’Incitatus le cheval chéri de Caligula. Quelle drôle d’idée que d’avoir mit une étoile là-dessus ! Ca donne vraiment une impression de remplissage pour le film. Mathias Heymann n’est pas vraiment convaincant, trop premier degré. Evidemment il y a toujours ces sauts vraiment magnifiques mais il ne rend pas du tout la poésie du passage. Dommage.

 

Copie-de-P1000499.JPG

                                                                       Clairemarie Osta 

 

Pour finir un mot sur le corps de ballet. Il était très investit et une foule d’individualité ressortait. De quoi nous plonger encore mieux dans l’histoire.

Ah et un mot sur la musique tout de même ! Pour une fois l’orchestre ne m’a pas fait grincer de temps. Quant à la partition, je l’aime beaucoup. Ca me rappelle les spectacles de danse que fin d’année quand j’étais gamine. Quoi on a toutes eu une prof qui a essayé de nous faire danser dessus non ? Non il n’y que moi ? Tant pis alors !

 

Copie-de-P1000494.JPG

                                                                       Stéphane Bullion

 

Au final, un bien bon moment que ce Caligula. Je ne regrette pas d’y être retournée. Cela se laisse voir encore et encore. 

 

 

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 13:05

C’était le 19 janvier dernier que s’ouvrait une nouvelle session des Danseurs/Chorégraphes à l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille.

 

Cette manifestation à lieu tous les trois-quatre ans et permet aux danseurs du ballet de l’Opéra de Paris qui le souhaitent de créer et présenter au public de l’Opéra une de leurs œuvres.

 

En cette période de creux dans la programmation de la danse, cette manifestation était la bienvenue et l’occasion de voir les danseurs de l’Opéra autrement.

 

A la base, c’était mal partit ! Trop de boulot, trop de choses à faire… je n’avais aucune envie de me rendre à Paris. Arrivée devant Bastille, je me fais harponner par une multitude de personnes qui cherchent/vendent des billets pour Madame Butterfly ! Au milieu de tout ce monde, difficile de reconnaitre les quelques balletomanes venus s’enterrer à l’amphithéâtre.

Un petit tour par le guichet dans l’espoir de trouver des places pour Caligula. C’est fermé ! Décidément !

 

Le placement dans la salle est libre. C’est donc sagement que je mets à faire la queue comme au bon vieux temps où je pouvais encore aller aux pleins feux. Je suis orientée vers la file de gauche. Une fois dans la salle, je vois le message de Fab m’indiquant qu’elle est dans la file de droite ! Décidément les bloggeuses ont du mal à caler leurs rendez-vous !

 

Quelques impressions maintenant sur le spectacle en lui-même. Le fait que cela se passe à l’amphithéâtre est intéressant. Cela nous permet d’être très proche des danseurs ce qui est toujours impressionnant.

 

El fuego de la pasion (Allister Madin)

 

Musiques CARLOS GARDEL, ALFREDO LEPERA (Por Una Cabeza, interprété par Laurent Korcia, extrait de son album Cinéma - © EMI Classics) ; GOTAN PROJECT (Diferente, extrait de l’album Lunático -© ¡ Ya Basta ! 2006)

avec : Caroline BANCE et Allister MADIN

 

Petit mot du chorégraphe :

« Une jeune femme élégante arrive seule dans un bar à une heure avancée de la nuit. Elle s'installe au comptoir, visiblement prête à mettre de côté l'aspect routinier de sa vie et se réinventer l'espace d'un soir. Un homme la regarde… Pas de deux réel ou rêvé ? Construit en deux temps, deux  ambiances, il symbolise le conflit intérieur entre raison et passion, le besoin pour tout un chacun d’écouter ses émotions et d’aller à la rencontre de l’autre malgré la peur de s’exposer. La danse aux lignes néo-classiques et contemporaines se laisse emporter par une énergie toute hispanique. »

 

C’est donc le tout nouveau sujet Allister Madin qui ouvrait le bal avec sa première création.

Ambiance hispanique et tango passionné au programme. Les deux interprètes (surtout le chorégraphe) sont très à l’aise dans ce style. Néanmoins, il m’est resté comme une impression de déjà vu. L’ensemble n’était pas très original tant au niveau de l’argument que des mouvements.

 

              Copie-de-P1000463.JPG

                                                       Myriam Kamionka et Allister Madin

 

Melancholia Splenica (Florent Melac)

Musiques DERU (Goodbye extrait de l’album Say Goodbye to Useless – © Tag 2010), ALVA NOTO +RYUICHI SAKAMOTO (Moon extrait de l’album Insen – © Raster-Noton 2005)

avec
Charlotte RANSON, Silvia Cristel SAINT MARTIN, Julien MEYZINDI, Maxime THOMAS

 

Mot du chorégraphe :

« La sensation du mouvement et la musique sont les éléments majeurs qui déterminent mon cheminement chorégraphique. Indissociables l’un de l’autre, ils déterminent une atmosphère originale, une authenticité que je veux souligner en évitant tout décor ou costumes. Cette création est conçue comme une étude sur la recherche du mouvement le plus juste, la poursuite d’une esthétique à la fois contemporaine et aux lignes classiques. La danse y voyage entre le chaud et le froid, passant d'un univers cotonneux à une dimension plus inquiétante et abstraite. Si la joie peut être un moment de la Beauté, elle n’en est le plus souvent qu’un des ornements mes plus vulgaires, tandis que la Mélancolie en est pour ainsi dire l’illustre compagne. »

 

Déjà une deuxième création pour ce tout jeune danseur qui a l’air de savoir où il va.

On sent dans sa pièce une grande influence de Wayne McGregor. Les costumes rappellent ceux de Genus (une de mes voisines me soutenait que c’était les mêmes mais je ne pense pas). La musique, la gestuelle même la structure de la pièce… Toutefois c’est plein de trouvailles et de choses intéressantes. Les mouvements s’enchaînent bien, sont cohérents. C’est très mature pour un chorégraphe aussi jeune et promet pour la suite.

 

                 Copie-de-P1000442.JPG

                                                       Florent Melac et Sylvia-Crystel Saint-Martin 

 

Le pressentiment du vide (Lydie Vareilhes)

 

Musiques KATELYN DUTY Here’s the Hurt (extrait de Oshtali – Music for String Quartet – © Chickasaw Student composers, 2010), JOHANN SEBASTIAN BACH, Gigue (extrait de Partita n°6 en mi mineur BMW 830)

avec
Letizia GALLONI

 

Mot de la chorégraphe :

« L’isolement n’est pas la solitude absolue, qui est cosmique ; l’autre solitude, la petite solitude n’est que sociale. » Extrait du Solitaire A partir du Solitaire, seul roman écrit et publié par Eugène Ionesco en 1973, Lydie Vareilhes à imaginé une pièce pour un(e) danseur(se).
« Ce solo traduit l'introspection d'un individu - pouvant être aussi bien un homme qu'une femme - face au vertige existentiel que provoque chez lui l'impuissance à concevoir la finitude et l'infinitude. Ses rares tentatives pour combler un vide, sont veines car, en vérité, il se complaît dans la solitude. Elle permet à son imaginaire de composer un autre monde, altérant ainsi sa perception des autres, avant de le mettre finalement face à la réalité. »

 

Je dois le dire, ce solo m’a plongé dans un abîme de perplexité ! Je n’ai pas compris ce que la chorégraphe cherchait à nous dire. La gestuelle était assez floue. C’était très court et en même temps cela semblait long…

 

Bless, ainsi soit-IL (Bruno Bouché)

Musiques JOHANN SEBASTIAN BACH, Chaconne en ré mineur pour piano (extrait de Violin Partita n°2 BWV 1004, transcrite par Ferrucio Busconi et interprétée par Hélène Grimaud- © Deutsche Grammophon, 2008)

avec
Aurélien HOUETTE et Erwan LE ROUX

 

Mot du chorégraphe :

« La Lutte de Jacob avec l’Ange, l’œuvre d’Eugène Delacroix peinte sur les murs de l'église Saint-Sulpice me regarde plus que je ne la regarde. Faut-il voir dans cette lutte une allégorie du combat de l'homme face aux forces qui le dépassent ? Elle me regarde au creux même de ma nuit, de cette passion que je crois fuir ‘sans bouger dans d'immenses efforts’, comme l’écrit Baudelaire. »

 

Une des pièces les plus abouties de la soirée crée par un chorégraphe, il est vrai, très expérimenté. 

Erwan Le Roux, en noir, campe un homme en souffrance alors qu’Aurélien Houette, en blanc, est une présence plus sereine qui domine complètement.

La chorégraphie était très belle, très forte, avec de beaux portés qui nécessitaient une confiance parfaite en son partenaire avec beaucoup de rapports de force.

Les deux interprètes étaient  vraiment investit et se sont taillés un beau succès.

 

 

Fugitif (Sébastien Bertaud)

 

 Musiques OLIVIER DOERELL, STEPHAN WHÔHRMANN (SWOD) (Patinage extrait de l’album Sekunden - © Hausmusik, 2007 ; Fugitif 1, extrait de l’album Gehen - © Haumusik, 2004)
Création vidéo HÉLÉNA BERTAUD

avec
Laurène LEVY, Sébastien BERTAUD ERTAUD, Axel IBOT et Daniel STOKES

 

Mot du chorégraphe :

« Fugitif questionne la danse classique dans une perspective contemporaine. L'espace scénique est ici numérisé, et approfondi par les projections vidéo qui se superposent aux différents trios, solo, duo et quatuor qui composent cette chorégraphie intimiste basée sur la fluidité, la musicalité et l'émotion. Fugitif comme un instant, un regard, une sensation… »

 

Cette création commençait bien avec un quatuor de danseurs que j’aime énormément. Ils n’ont pas déçus et se sont beaucoup investits dans cette pièce.

La chorégraphie, où l’on sentait  également l’influence de McGregor (mais plus je pense à cause de la présence de Laurène Lévy), était très bien construite. Le trio masculin du début était réussit.

Une belle œuvre à revoir.

 

              Copie-de-P1000461.JPG

                                      Lydie Vareilhes et Sébatsien Bertaud

 

Nocturne (Nans Pierson)

 

Musique FREDERIC CHOPIN (Nocturne n°2 en mi bémol)

avec
Juliette HILAIRE , Alexandre GASSE
Pianiste Pierre Arthur RAVEAU

 

Mot du chorégraphe :

« C’est la sphère intime d’un couple dans un reste de lumière, Isolé dans l’immensité énigmatique de l’univers, Et un Nocturne de Chopin pour l’emmener au bout de la nuit. »

 

Trois personnes arrivent sur scène avec des masques à oxygène sur le visage au milieu de sons difficilement écoutables. On se demande bien où on est tombé !!

Puis, Pierre-Arthur Raveau se met au piano et débute un nocturne de Chopin.

Les deux danseurs évoluent ensemble dans un monde post apocalyptique où l’air est devenu irrespirable. Ils enlèvent furtivement leur masque le temps d’un baiser jusqu’à ce que l’homme soit lassé de cette situation.

 

L’argument du ballet est original est recherché. En à peine 10 minutes, Nans Pierson réussit à nous planter un décor, imposer un univers et compter une vraie histoire avec un début, un milieu et une fin.

Dommage toutefois que la chorégraphie ne soit pas plus développée. Il y a pas mal de répétitions. Toutefois l’idée de base est bonne ce qui pourra donner de belles choses par la suite.

 

Près de toi (Myriam Kamionka assistée de Franck Berjont)

 

Création musicale DJ MYST 22 et SEBASTIEN H
Costumes KEN OKADA

avec
Marine GANIO et Mathieu GANIO

 

Mot de la chorégraphe :

« L’idée de cette chorégraphie nous est venue de la contemplation de nos propres enfants et de leur relation qui nous touche et nous interpelle. Être frère et sœur est une chose singulière, forte, intime. Regarder cette relation, c’est découvrir une bulle, un univers qui fonctionne avec ses propres repères, ses émotions, s’invente chemin faisant à la fois dans et hors du lien parental. A cette histoire, s’est ajoutée la rencontre de Mathieu et Marine Ganio, autres frère et sœur, enfants de danseurs, aujourd’hui devenus interprètes. Nous avons voulu à notre tour écouter et interroger ce lien et c’est aujourd’hui à eux que nous dédions cette chorégraphie, fruit d’un véritable travail commun avec l’ensemble des créateurs. »

 

Cette pièce était très attendue avec pour la première fois sur scène un pas de deux entre les frères et sœurs Ganio.

Au final, même si l’esthétique et la chorégraphie sont très travaillées, il m’est resté une impression de flou, de ne pas avoir compris le propos de la chorégraphe.

Pourtant le sujet était riche. Faire danser ensemble un frère et une sœur… D’autant plus que Marine et Mathieu Ganio sont de très beaux interprètes. Ils ont d’ailleurs fait une très bonne prestation et semblaient heureux de partager la scène.

Au final, reste tout de même l’impression d’une occasion manquée.

 

                    Copie-de-P1000447.JPG

                                                              Mathieu Ganio

 

Me2 (Samuel Murez)

 

Texte lu par l’auteur RAYMOND FEDERMAN
Musique THE MISTERS

avec
Takeru COSTE (me1) et Samuel MUREZ (me2)

 

Mot du chorégraphe :

« Inspiré du poème bilingue Me Too de Raymond Federman, me2 explore chorégraphiquement les thèmes abordés dans le texte - identité, dédoublement, schizophrénie, confusion - dans une pièce où la virtuosité du mouvement joue avec celle des mots. Raymond Federman, né en 1928 à Montrouge, fut le seul de sa famille à survivre à la rafle du Vel d’Hiv du 16 juillet 1942, grâce à sa mère qui le cacha dans un placard. Après une vie pleine d’aventures, réelles et inventées, il est décédé le 6 octobre 2009 à San Diego. Je souhaite dédier ces représentations de me2 à sa mémoire et suis heureux qu’il ait fait partie de ma vie.»

 

Ceux qui connaissent un peu le groupe de Samuel Murez connaissaient déjà Me2, ballet présenté à plusieurs reprises lors de galas.

Cette pièce a dynamité l’ambiance après quelques ballets plutôt posés.

Takeru Coste et Samuel Murez lui-même ont vraiment fait le show dans ce ballet très original. Mime, humour et utilisation complète de l’espace de l’amphithéâtre… j’ai passé un excellent moment. C’est fait avec générosité et le public leur a réservé l’un des plus beaux accueils de la soirée.

 

                  Copie-de-P1000452.JPG

                                                Samuel Murez et Takeru Coste

 

Narkissos (Malory Gaudion)

 

Musique ARVO PÄRT (Für Alina extrait de l’album Alina - © EMC, 1999)

avec
Mallory GAUDION

 

Mot du chorégraphe :

« Se libérer du regard des autres. Etre soi, seul et sans contrainte. Fuir une altérité impossible. Des verres épars s’échappent les vapeurs alcooliques qui portent le solo vers un Eden égoïste. Dans le miroir liquide et euphorisant, Narkissos se contemple, androgyne, extatique et libre. De l’autre côté de la frontière, il laisse dans le fond d’autres verres l’image vénéneuse et inquiétante. La « Métamorphose » n’est pas loin. De plus en plus enivré de lui-même, emporté par une ébriété chaotique et brutale, l’icône franchit la ligne, se regarde une ultime fois du haut de lui-même et sombre dans le dernier verre. »

 

Le contraste avec le pur délire de Me2 était assez violent !

Ambiance sombre avec ce ballet où Malory Gaudion évolue seul en scène avec à cour une ligne de verres à pied au sol.

J’ai été dans les cinq premières minutes assez fascinée par l’œuvre. J’avoue que je l’ai prise assez au premier degré. A la place de Narcisse contemplant son reflet, je voyais un alcoolique face à son addiction, mais ça me plaisait bien.

Puis, plus on avance, plus les gestes se répètent et cela traine en longueur. On se dit qu’il se fait tard et qu’on est quand même un peu fatigué ! Je pense que s’il y avait eu moitié moins de verres à renverser ça aurai été très bien.

 

                Copie-de-P1000462.JPG

                                              Béatrice Martel et Malaury Gaudion

 

Ca tourne à l’amphi… (Béatrice Martel)

Musique CARLA BRUNI (Le toi du moi, Le plus beau du quartier, L’excessive, La Dernière minute, extraites de l’album « Quelqu’un m’a dit »– © Naïve 2002)
Costumes BÉATRICE MARTEL, MICHEL RONVAUX

avec
Isabelle CIARAVOLA, Amandine ALBISSON, Marion BARBEAU, Aubane PHILHILBERT, Pauline VERDUSEN, Jennifer VISCOCCHI et Lionel DELANOË, Mathieu BOTTO, Yann CHAILLOUX, Jean Baptiste CHAVIGNIER, Alexandre GASSE.

 

Mot de la chorégraphe :

« Clip campagne - Tapis d’amour, premier baiser Clip urbain - Banc de filles et beau gosse Clip noctambule - Trois accords façon fatale Clip clap – Trop poudrée… »

 

Changement total d’ambiance avec le ballet de Béatrice Martel. Un peu de légèreté pour terminer !

Nous sommes sur le tournage d’un court métrage où s’enchainent plusieurs clips à ambiances différentes.

Les chansons de Carla Bruni collent parfaitement à l’ambiance un peu kitch de l’’ensemble. Lionel Delanoë est parfait en metteur en scène un peu dépassé par les événements.

Le clip campagne était une bonne mise en bouche, assez frai et bien interprété.

Le clip urbain devait beaucoup à ses interprètes. Les 3 jeunes filles aux robes flashy étaient charmantes et Alexandre Gasse, excellent en beau gosse de service (« Alex t’es magnifique ! » « bah… je sais ! »).

Amandine Albisson était très à l’aise en starlette accompagnées de ses musiciens en ukulélé.

Pour clore le tout, Isabelle Ciaravola était parfaite d’autodérision en diva des plateaux.

 

Pas de grands moments de chorégraphie mais une bonne dose de bonne humeur.

 

                             Copie-de-P1000460.JPG

                                                         Isabelle Ciaravola

 

En conclusion, on peut dire que je genre de soirée est une excellente initiative. Elle nous permet d’admirer des danseurs du corps de ballet dans des rôles de solistes mais aussi de découvrir d’autres facettes du talent de certain.

Même si tout n’est pas passionnant, il est toujours agréable de découvrir de nouvelles pièces.

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 21:09

Avant dernière représentation du Lac des Cygnes et déjà la dernière pour moi. Comme il faut bien gagner sa vie, c’est la mort dans l’âme que j’ai revendu ma place du 5 janvier au profit d’une réunion professionnelle.

 

La distribution du 4 janvier est l’une des rares à ne pas avoir été modifiée au niveau des deux personnages principaux.

 

Copie-de-P1000419.JPG

                                     Sarah Kora Dayanova, Sabrina Mallem, Vanessa Legassy et Héloïse Bourdon

 

Je passais donc ma dernière soirée à Bastille en compagnie de Laetitia Pujol et Mathias Heymann.

 

Au premier acte, Mathias Heymann campe un prince assez serein, voir heureux. Il ne semble ni perdu, ni rêveur, pas vraiment la vision que je me faisais de Siegfried. Il est également très stressé et enchaine les erreurs techniques. Il se fait écraser par Stéphane Phavorin qui campe un Rothbart très autoritaire. Toutefois, les deux danseurs ne sont pas vraiment sur la même longueur d’onde. C’est d’ailleurs un reproche que l’on peut faire à l’ensemble de la représentation. Nous avons eu droit à trois excellents solistes qui ont fait trois très belles prestations mais j’ai peu eu l’impression qu’ils dansaient ensembles. Ils ne semblaient pas vraiment accordés. Peut être est-ce un problème de manque de répétitions.

Bien heureusement Mathias prendra de l’assurance pas la suite pour nous offrir une très jolie variation lente qui nous emmène tout droit vers le second acte et la découverte du cygne de Laetitia Pujol. J’ai été très touchée par l’interprétation de l’étoile. Je l’ai trouvée belle, émouvante avec de très beaux bras.

L’adage blanc m’a particulièrement marqué. Laetitia Pujol est un cygne très dramatique. Elle est réellement prisonnière de sort depuis (on l’imagine) un certain temps. Elle est réellement en souffrance au début de l’acte et trouve en Siegfried un peu de repos et de douceurs. C’était très visible dans certains passages de l’adage qui m’a vraiment ému. Les variations solistes étaient très réussies (même si je n’aime pas du tout celle de Siegfried) et les petits cygnes étaient très synchrones. Les grands cygnes sont toujours aussi majestueux.

 

Copie-de-P1000424.JPG

                                       Stéphane Phavorin, Laetitia Pujol et Mathias Heymann

Troisième acte et retour des éternelles danses de caractère sur lesquelles je ne m’éterniserai pas.

Mathias Heymann est beaucoup plus à l’aise dans cet acte. Je l’ai trouvé très frai et naturel. J’aime beaucoup la façon dont il expliquait à sa mère qu’il ne voulait pas se marier. C’était très décidé, comme un petit garçon capricieux. Mais c’était très crédible avec son personnage plus adolescent que jeune homme. Il garde la même attitude lorsqu’il envoi bouler ses prétendantes. L’air de dire « tu m’as contrarié et bah voilà ! Maintenant t’es pas beaucoup plus avancée ! ».

Je me suis d’ailleurs rendue compte d’un grand manquement dans mes derniers articles. Je n’ai jamais parlé des fiancées. Elles sont pourtant toutes mignonnes dans leurs longues robes roses et ont bien du courage de se faire recaler soir par soir par tous les princes que compte la compagnie. J’ai toujours aimé ce passage, c’est mon côté mièvre !

 

Copie-de-P1000428.JPG

 

Mais revenons à notre cygne noir. Le pas de trois était définitivement l’un des clous du spectacle. Laetitia Pujol est très à l’aise dans rôle machiavélique et l’interaction avec Siegfried et Rothbart fonctionne vraiment très bien. Mathias Heymann nous fait une belle démonstration technique dans sa variation et la coda est un vrai feu d’artifice.

 

L’acte 4 est toujours aussi beau. Je ne m’en lasse pas pour les parties corps de ballet. En revanche le pas deux manquait d’émotion avec une nouvelle fois cette impression d’avoir deux individualité à la place d’un couple.

Toutefois Mathias Heymann était très touchant dans sa peine. Cette façon de s’agenouiller tout près du cygne à la fin de leur pas de deux était très émouvante.

 

Copie-de-P1000430.JPG

 

Et voilà comment s'achève ma série de Lac des Cygnes. Une bien belle représentation avec des danseurs investits. Même si elle n'a pas atteint des sommets d'émotions c'était une très jolie conclusion.

 

Partager cet article
Repost0
29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 19:11

J’ai profité de cette période de vacances pour voir deux Lac des cygnes à la suite. Oui c’est un peu fou mais en même temps je ne m’en lasse pas !

Il faut dire qu’à la base la distribution était alléchante. La prise de rôle de Dorothée Gilbert, le toujours génial Nicolas LeRiche et Stéphane Bullion, meilleur Rothbart de la série (pour ce que j’en ai vu).

Copie-de-P1000393.JPG

                                                       Charline Giezendanner, Daphnée Gestin, Aubane Philbert

Finalement les distributions ont valsées et re valsées et ceux qui avaient choisis leurs dates avec soin de façon à voir les danseurs qu’ils souhaitaient se sont retrouvés bien perplexes face aux distributions finales.

Donc, après Emilie Cozette et Karl Paquette, José Martinez et Uliana Lopatkina et Emilie Cozette et Stéphane Bullion… voici Emilie Cozette et José Martinez !

Copie-de-P1000396.JPG

                                                                           Stéphane Bullion

Saluons tout de même la sacrée santé d’Emilie Cozette qui enchaîne les représentations sans montrer le moindre signe de fatigue. Je l’ai déjà dis le 26, son cygne blanc me plait bien. Finalement j’ai eu de la chance de pouvoir la voir plusieurs fois. Je serai sinon restée sur mon impression du début de la série. Son Odile était également très réussie mais avec un tout petit peu moins de brio que la veille.

Il faut dire que le partenariat avec José Martinez n’était pas des plus réussit. Aucun n’accroc n’est à déplorer mais on ne sentait aucune complicité entre les deux interprètes. José Martinez n’avait pas l’air très concerné par l’histoire dont il est pourtant le héro. Il a évidemment beaucoup de classe et d’élégance mais il lui manquait un petit quelque chose pour vraiment susciter mon enthousiasme.

Copie-de-P1000399.JPG

                                                                  Emilie Cozette et José Martinez

 Stéphane Bullion est toujours aussi convaincant en Rothbart et a une emprise totale sur Siegfried. Avec Emilie Cozette, ils offrent un très beau troisième acte. Les regards échangés, les intentions, tout est en place et cela rend l’histoire limpide.

Du côté des seconds rôles, il était difficile de passer après le pas de trois de Fabien Révillon. Christophe Duquenne manquait un peu de brio mais ce genre de rôle le motive-t-il encore ? (surtout quand il dansait Siegfried il y a quelques semaines). Cela avait pour conséquence de bien mettre en valeur ses deux partenaires. Sarah Kora Dayanova qui était un peu éteinte la veille rayonnait dans sa variation. Eve Grinsztajn était toujours aussi belle et élégante.

Cela m’a vraiment fait un pincement au cœur de voir Myriam Ould-Braham cantonnée à la danse Napolitaine. Quitte à monopoliser sa soirée, elle aurait aussi pu faire le pas de trois.

Copie-de-P1000400.JPG

                                                                      Trois beaux sourires

Après ce mois de décembre chargé, je me mets en pose une semaine jusqu’à mon dernier Lac en janvier. J’espère que les distributions de re bougeront pas d’ici là !

Bonne semaine à tous.

Partager cet article
Repost0
27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 13:51

Quelques mots sur la représentation du 26 décembre 2010 ou le récit d’une journée à rebondissement !

Curieuse de voir Marie-Agnès Gillot en cygne et Stéphane Bullion en prince, j’avais à la base une place pour le 5 janvier. Un empêchement m’a contrainte à la revendre et j’étais bien triste de ne pouvoir assister aux premiers pas de Stéphane Bullion dans le rôle de Siegfried. Heureusement, un ticket pour le 26 m’est arrivé. Me voilà donc prête en ce lendemain de Noël à assister à la prise de rôle de la nouvelle étoile.

Copie-de-P1000367.JPG

                                               Karl Paquette, Sarah Kora Dayanova, Fabien Révillon et Sabrina Mallem

Première nouvelle apprise dans le RER, Marie-Agnès Gillot ne dansera pas et est remplacée par Emilie Cozette. C’est donc loupé pour Marie-Agnès… Doute affreux : ils oseraient pas nous mettre Karl Paquette en prince et Stéphane Bullion en Rothbart ?! La personne annonçant le changement a bien tenté une petite feinte en nous disant « Odette/ Odile sera dansée par Emilie Cozette et le Prince… par Stéphane Bullion ! » Mouhaha.

Copie-de-P1000368.JPG

                            Les petits cygnes: Pauline Verdusen, Daphnée Gestin, Aubane Philbert, Eléonore Guérineau

Et au final, ça donnait quoi ?

Stéphane Bullion est un prince très différent de ses petits camarades. Il est assez torturé et mal à l’aise face aux obligations qui lui incombent. Il semble gêné par la présence de Rothbart. Il n’est pas vraiment sous son influence mais semble le fuir. Cela n’empêche pas le pas de deux avec Karl Paquette d’être très réussit. Les deux danseurs s’accordent bien et j’aurai aimé les voir dans les rôles inversés de la première.

Copie-de-P1000370.JPG

                                Grands cygnes: Héloïse Bourdon, Vanessa Legassy, Sabrina Mallem, Sarah Kora Dayanova

La valse du premier acte était vraiment réussie. Pour la première fois j’étais placée en hauteur (d’où les photos pas très réussies) et ce passage m’a donc paru bien moins brouillon que vu du parterre.  

Mais s’il fallait retenir une chose de cet acte, ça serai l’excellent Fabien Révillon qui a illuminé le pas de trois. Avec sa technique éblouissante et une belle personnalité il a totalement éclipsé ses deux partenaires. 

Retour à notre prince. Si Stéphane a semblé tendu au début du ballet, il est complètement entré dans son personnage à son arrivée au bord du lac et dans sa variation lente. Il s’accordait très bien avec Emilie Cozette.

Copie-de-P1000373.JPG

                                                     Karl Paquette, Emilie Cozette et Stéphane Bullion

Cette dernière m’a très agréablement surprise. J’avais été un peu déçue par son interprétation et sa technique lors de la représentation du 2 décembre mais elle a considérablement évolué depuis. Elle était un très beau cygne blanc, très touchant avec de très beaux bras. Le contexte particulier de cette représentation avec un partenaire inédit (elle a quand même changé trois fois de prince depuis le début de la série) a semblé la galvaniser. Le pas de deux du second acte était très beau, très émouvant.

Le corps de ballet était comme toujours irréprochable.

Les danses de caractères du troisième acte m’ont parues moins longues que d’habitude. Ou alors c’est parce que je m’y fais…

Héloïse Broudon était charmante dans la Czardas tout comme Eléonore Guerineau dans la danse napolitaine.

Le pas de trois du cygne noir a été une grande réussite. Emilie Cozette m’a moins convaincue dans son interprétation qu’en cygne blanc mais sa technique était vraiment belle avec des doubles tours attitude parfaitement terminés et une jolie série de fouettés. Stéphane Bullion était également très bon dans sa variation et dans la coda. Il était tout sourire au milieu de ses prétendantes puis complètement subjugué par Odile. Il marche à fond dans le piège qu’on lui tend et est dévasté lorsqu’il comprend son erreur. 

Copie-de-P1000379.JPG

Je ne vais pas me répéter, j’adore l’acte 4. Tellement tragique. Le corps de ballet est toujours aussi beau et les deux étoiles parfaitement assortis. On se demande pourquoi ils n’ont pas été distribués ensembles dès le départ tant ils semblent se booster l’un l’autre. Un très beau moment.

Je n’ai pas parlé de Karl Paquette. Peut être parce qu’il ne m’a pas tant marqué que cela. Malgré une très bonne variation au troisième acte il a peiné à imposer son personnage. Il était bien meilleur en Siegfried.

Copie-de-P1000382.JPG

Au final en dépit la déception de ne pas voir Marie-Agnès Gillot, ce fût une belle prise de rôle pour Stéphane Bullion. J’aime ce danseur car il offre toujours des interprétations très personnelles de ces rôles. Il va murir son interprétation au fil des représentations et je regrette bien de ne pouvoir assister à sa dernière pour voir l’évolution…

Partager cet article
Repost0
22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 09:15

La voici, la voilà, la représentation que tout le monde attendait (les représentations, en comptant le 18) !

Uliana Lopatkina, étoile du Mariinski dans le Lac des Cygnes à Paris… personne ne voulait rater ça.

Dans les couloirs de Bastille les blogueurs et forumeurs, tout droit sortit de la bulle Internet, avaient pris forme humaine pour venir applaudir l’étoile russe.

La soirée a ainsi commencé de manière très sympathique par une rencontre avec mes camarades blogueuses. Une chouette occasion de pouvoir mettre un visage sur des mots, des avis…

Puis c’est direction le parterre, prête à passer plus de 2h30 sur un strapontin ultra inconfortable à côté d’un monsieur se sentant obligé de commenter tout ce qu’il se passait sur scène à sa femme (qui était juste à côté de lui donc a priori elle voyait la même chose mais bon…).

 

Copie-de-P1000273.JPG

                         Sarah Kora Dayanova, Sabrina Mallem, Vanessa Legassy, Héloïse Broudon 

 

Le premier acte m’a drôlement surprise. Etait-ce parce que j’étais mieux placée ? En tout cas il a semblé beaucoup moins brouillon et plus dynamique qu’au début du mois.

Sur un coin de la scène, José Martinez somnole (bon c’est le rôle qui veut ça hein !). J’ai eu l’impression qu’il ne s’était pas vraiment réveillé pendant ce premier acte. Il semblait peu concerné, un peu blasé. A ses côtés, Stéphane Bullion est un Wolfgang/ Rothbart noir est charismatique. Il ne danse pas mais semble omniprésent. C’est lui qui mène la danse, qui présente les danseurs, les amène au centre de la scène. Il dégage quelque chose de très puissant.

Le pas de trois était assez agréable avec un Emmanuel Thibault virevoltant, une Ludmila Pagliero très vive et une Eve Grinsztajn charmante malgré une petite difficulté dans sa dernière diagonale.

 

Copie-de-P1000276.JPG

                                                          Uliana Lopatkina 

 

Les invités s’en vont, les éclairages s’assombrissent et la voilà qui arrive. Celle que tout le monde attend, applaudie dès son entrée en scène ! Uliana Lopatkina est un cygne majestueux, une vraie reine. On sent que c’est SON rôle. Elle en maîtrise chaque geste et chaque intention est justement pensée. Ses bras respirent et ne cessent de bouger donnant l’impression de véritablement voir des ailes. Son Odette est une reine certes, mais est avant tout profondément touchante. On lit sur son visage tout l’amour et en même temps la détresse qu’elle ressent.

Elle semblait assez complice avec José Martinez. Même si l’acte deux n’a pas été mon favoris, ils ont réussit à faire passer quelque chose.

 

Copie-de-P1000278.JPG

                                                  Uliana Lopatkina et José Martinez 

 

Changement d’ambiance à l’acte 3 où l’on revient à la cour. Je trouve toujours les danses de caractère un peu longues et parfois fastidieuses. Toutefois, hier, Éléonore Guerineau se distinguait particulièrement dans la danse Napolitaine.

L’acte prend tout son intérêt lorsqu’arrive Rothbart et son cygne noir. L’interprétation de Lopatkina est très différente de celle de nos ballerines françaises. Elle joue vraiment sur l’ambiguïté. Ses bras son très ressemblant à ceux de son cygne blanc et l’on comprend aisément que Siegfried se méprenne. Elle se joue du prince et a développé une très belle complicité avec Stéphane Bullion. Les deux interprètes se jetaient dans cesse des regards entendus qui ne laissaient planer aucun doute sur leur  sombre projet. J’ai beaucoup aimé ce lien entre les deux danseurs.

A côté, José Martinez c’était réveillé et nous a gratifié d’une belle variation.

 

Copie-de-P1000286.JPG

                                      Stéphane Bullion, Uliana Lopatkina et José Martinez

 

Puis le quatrième acte, peut être celui que je préfère. Il fût exceptionnel hier avec un corps de ballet en très grande forme pour ce passage si émouvant. Uliana Lopatkina et José Martinez ont été superbes dans le dernier adage. Pendant la dernière confrontation Rothbart/ Siegfried, il était vraiment intéressant de regarder l’étoile russe qui semblait véritablement se métamorphoser en cygne au fond de la scène.

 

Les danseurs ont été acclamés avec de nombreux rappels malgré les lumières rallumées bien trop tôt. La belle Uliana a salué public et orchestre avant de ce tourner vers le corps de ballet. Un beau geste.

C’était une soirée que j’attendais depuis longtemps et elle a été à la hauteur de toutes mes espérances. Je ne suis pas prête d’oublier le merveilleux cygne qui c’est présenté à nous…

 

Copie-de-P1000288.JPG

 

Je vous invite également à découvrir les impressions (à venir ou déjà postée) d’Amélie, du petit Rat, de Fab, de Pink Lady et de Mimy la souris

 

Partager cet article
Repost0
15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 21:18

Ne jamais perdre espoir !

Alors que j’avais quasiment tiré un trait sur la soirée Balanchine/Brown/Bausch, voilà qu’un retour de place sur Internet m’apporte pile la place que je désirai !

 

Ce programme que je trouvais un peu terne face au Lac des Cygnes de Bastille a attiré pas mal de comités d’entreprises désireux de se rendre à Garnier pour les fêtes. Je ne sais pas si c’était la meilleure des idées et pas mal ont dû se demander ce qu’ils faisaient là, où étaient les tutus des danseurs classiques de l’Opéra de Paris (réflexion entendue au parterre !).

 

J’ai toujours du mal à comprendre quel était le lien entre ses trois ballets. Ce n’est assurément ni leur style, ni leur époque ni leur compositeur…

 

Mais après tout tant pis ! Ca n’empêche pas la soirée d’être bonne !

 

Apollon

 

Pour ouvrir le programme, nous avons eu droit à l’Apollon de Balanchine. Et ce soir c’est un Apollon de choix qui c’est présenté à nous : Nicolas LeRiche. J’avoue, que j’étais tellement déçue qu’il ne danse plus le lac que cette petite « compensation » (ma dose de Nicolas pour les fêtes) était la bienvenue. Le danseur semble s’amuser comme un fou dans ce rôle. Il apporte à son personnage un petit détachement bienvenue qui anime la chorégraphie  et empêche se sombrer dans l’ennui. Car il faut bien l’avouer, Apollon n’est pas le ballet le plus passionnant qui soit. Je l’ai trouvé un peu daté et je pense que, interprété au premier degré, il doit être horriblement long.

Mais Nicolas LeRiche était là. Et surtout il était accompagné d’Agnès Letestu. Peut-on rêver meilleure muse de la danse ? Vive, enjouée et très souriante elle était complètement à son aise dans ce rôle et dans le style Balanchine. On a sentit les deux étoiles très en phase lors du pas de deux qui est passé à la vitesse de la lumière.

Forcément, à côté de tels interprètes, les deux muses restantes passaient au second plan. Aurélia Bellet et Ludmila Pagliero ont fait deux belles prestations mais étaient tout de même en retrait.

 

Copie-de-P1020951.JPG

 

O zlozony/ O composite

 

Changement total d’ambiance avec le ballet Trisha Brown. J’avais un peu d’appréhension avant la représentation. Le côté poème récité en polonais me faisait un peu peur mais au final j’ai été fascinée d’un bout à l’autre. Je pense qu’il s’agit typiquement du genre d’œuvre dans lequel on entre et on passe un excellent moment ou alors on reste sur le pallier et ça nous semble interminable.

 

Copie-de-P1020964.JPG

Pour ma part, je n’ai pas lâché le ballet un seul moment. Cette atmosphère sombre (de part l’éclairage, le décor de nuit) et en même temps si douce m’a réellement captivée. Isabelle Ciaravola était magnifique. Elle c’est vraiment approprié cette gestuelle dans laquelle on n’a pas l’habitude la voir. Sa danse avait beaucoup d’ampleur, tout était si fluide. On avait l’impression que le temps était suspendu lors de ses passages en scène. Josua Hoffalt était également très convaincant dans un style où il semble très à l’aise. Je ne l’apprécie pas particulièrement dans le classique mais ce genre de pièce lui va très bien.

J’ai moins accroché avec Vincent Chaillet mais c’est sans doute une question de goût.

 

Copie-de-P1020967.JPG

 

Le sacre du printemps

 

Et oui. Je n’avais jamais vu le sacre du printemps par Pina Bausch. Depuis que je vais régulièrement à l’Opéra, il n’avait jamais été repris. Je ne voulais absolument pas le voir en vidéo, persuadée que j’étais que c’était le genre d’expérience à vivre « en vrai » avant toute chose.

Et expérience et bien le mot. Le ballet et vraiment éprouvant tant pour les danseurs que le spectateur. Il met même mal à l’aise parfois par son ambiance et son propos mais j’ai vraiment adhéré. L’engagement des danseurs est tellement évident qu’ils m’ont embarqué avec eux. Et quel plaisir de revoir Wilfried Romoli sur scène ! Il est absolument impérial.

 

Copie-de-P1030009.JPG

Je ne sais pas quoi dire de la prestation d’Eleonora Abbagnato en élue. C’était la première fois que je voyais le ballet. L’effet de surprise était donc total. Peut-être que d’autres ont fait mieux ou certainement différent, il n’empêche que ça performance était très belle.

 

 

Je me rappelle qu’à l’annonce de la nouvelle saison j’avais eu l’idée de zapper cette soirée au profit du Lac. Les distributions hyper intéressantes m’avaient fait changer d’avis. Je ne sais pas si c’est le genre de programme que j’irai revoir 10 fois mais je ne boude pas mon plaisir d’avoir tenté le coup. Ce sont vraiment des ballets à découvrir. 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : danse-opera
  • : Bonjour et bienvenue à tous. Ce blog est la continuité du skyblog danse-opera. Outre toutes les archives de comptes rendus déjà produits, vous y trouverez des critiques ou articles liés à la danse et en particuliers aux ballets de l'Opéra de Paris. Bonne visite!
  • Contact

Twitter

Recherche

Catégories