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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 09:51

La semaine dernière les jeunes danseurs ont pris possession de la scène du Palais Garnier pour une soirée leur étant consacrée. À l’annonce du programme beaucoup étaient assez dubitatifs. Des extraits faisant plus penser à une soirée danseurs-chorégraphes qu’autre chose avec ¾ des chorégraphies créées par des chorégraphes maison.

Pour rappel, lors de la dernière soirée de ce type nous avions eu droit au Corsaire, au Lac des Cygnes, Tchaïkovski pas de deux… Après tout c’est là tout l’attrait des soirées jeunes danseurs. Voir des jeunes pousses du corps de ballet dans des grands rôles de solistes. Et avouons que voir ces danseurs tenir des rôles importants dans des pièces contemporaines ou chorégraphies maison n’est pas si rare ce qui enlevait ici l’originalité du concept.

 

Ces éléments mis à part, la soirée restait très sympathique et permettait de passer un bon moment.

 

Wuthering Heights, Kader Belarbi

 

Ce morceau original cueillait un peu le public à froid avec sa tonalité contemporaine et sa musique faite de chants de petits oiseaux. La salle n’a pas été très réceptive ce qui est bien dommage car Wuthering Heights est un très bon ballet. Sans doute l’un des meilleurs produit par une des étoiles de l’institution. Takeru Coste et Laura Bachmann étaient de plus très justes et très investis. Un plaisir à voir. Et si Takeru Coste est déjà bien connu des balletomanes pour sa personnalité flamboyante, Laura Bachmann est une très belle découverte.

 

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Les enfants du Paradis, José Martinez

 

L’extrait choisi du ballet dans le ballet était bien trouvé mais sa mise en place finalement un peu bancale. L’entrée dans le silence en ombres chinoises a semblé plaire. J’aurai bien du mal à m’en faire un avis car placée de côté je n’ai absolument rien vu ! C’était d’ailleurs l’un des gros soucis du ballet entier : il a été créé pour être vu de face.

En dehors de cela les interprètes étaient très convaincant Hanna O’Neill en tête. Cette danseuse est resplendissante à chaque fois qu’elle se trouve en scène et a déjà une personnalité bien affirmée. Il me tarde de pouvoir la découvrir dans d’autres rôles.

 

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La Source, Jean-Guillaume Bart

 

Voilà un extrait qui donne envie de revoir le ballet. Il m’a permis de constater que l’œuvre était encore assez fraiche dans ma tête toutefois il me tarde de la redécouvrir. L’extrait choisi passait très bien et il est finalement assez étonnant de constater que les variations de ce ballet ne sont jamais choisies pour les concours de promotion.

La chorégraphie reste néanmoins très complexe est a posé pas mal de soucis à ses interprètes masculins.

Alice Catonnet de son côté n’a pas encore une personnalité très affirmée (elle est toute jeune en même temps) mais possède le charme discret et la finesse de la danse qui sied bien à Naïla.

 

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Réversibilité, Michel Kelemenis

 

Une vraie bonne surprise que cet extrait. Je ne connaissais absolument rien de la pièce mais ai été charmée. La chorégraphie est dynamique, inventive et fût très bien servie par Antonio Conforti, Cyril Chokroun et surtout Jennifer Visocchi qui était resplendissante.

 

Le Parc, Angelin Preljocaj

 

Quand il n’y en a plus, il y en a encore. On a vu du Parc tout l’hiver et il nous est une nouvelle fois resservit. L’extrait reste toutefois toujours très efficace et semble fait pour Charlotte Ranson. Sa personnalité peut parfaitement s’exprimer ici et c’est un plaisir à voir. Elle était de plus très bien accompagnée par Yvon Demol.

 

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Caligula, Nicolas LeRiche

 

La bonne surprise de la soirée. On n’en attendait pas grand chose et ce fût finalement l’un des moments les plus acclamés.

J’avoue ma faiblesse, contrairement à une majorité de balletomanes, j’ai toujours bien aimé ce ballet. Bon je ne le reverrai pas des dizaines de fois mais il ne m’a jamais ennuyée ou horripilée.

Les extraits étaient bien choisis, la reconstruction intelligente. Et surtout nous étions en présence d’excellents interprètes ayant chacun très bien compris leurs personnages. Alexandre Gasse a montré beaucoup de force dans sa danse et une vraie implication dramatique en Caligula. Letizia Galloni n’était que grâce et légèreté en Lune. J’espère vraiment qu’elle aura bientôt sa chance au concours de promo car c’est une danseuse formidable. Et enfin Germain Louvet a montré de belles qualités en Incitatus même si le rôle n’est pas hyper dansant (enfin plus ici que dans le ballet original).

 

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Quatre figures dans une pièce, Nicolas Paul

 

J’ai beaucoup aimé cette pièce de Nicolas Paul même si elle aurait plus sa place dans une soirée mixte de l’ONP. Elle est bien construite, intelligente avec une belle scénographie. Elle mettait très bien en valeur chacun de ses quatre interprètes. Un bon moment.

 

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Fugitif, Sébastien Bertaud

 

J’avais bien aimé la pièce lors de l’avant dernière soirée danseurs-chorégraphes. Ici on n’en retrouve juste un extrait mais il est assez efficace. Lucie Fenwick et Mickaël Lafon, très impliqués lui rendait parfaitement justice.

 

Genus, Wayne McGregor

 

Genus est un très bon ballet que j’ai toujours eu plaisir à voir. L’extrait était ici bien choisi et bien servi par Juliette Hilaire et Hugo Marchand. Le passage perdait toutefois un peu de puissance à être présenté hors contexte.

 

Amoveo, Benjamin Millepied

 

La soirée se termine sous forme de passage de témoin avec ce pas de deux du prochain directeur de l’institution. Voilà pour le coup un extrait qui fonctionne très bien seul dans l’exercice du gala. C’est bien construit et très efficace.

Léonore Baulac et Jérémy-Loup Quer y étaient lumineux. Espérons que l’on puisse en voir plus de ces danseurs lors des prochaines saisons.

 

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 17:06

Cela fait maintenant plusieurs années que le théâtre du Châtelet propose régulièrement au public parisien des comédies musicales de Broadway, souvent rares ou inédites en France, en version originale.

Des rendez-vous à ne pas manquer. La venue de ces spectacles est une vraie chance et les shows proposés sont d’une grande qualité.

Après West Side Story (une de mes meilleures soirées l’an dernier), Sweeney Todd ou encore My Fair Lady, c’est au tour d’Into the Woods d’arriver sur les planches parisiennes.

 

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Quasi inconnu en France, ce musical est pourtant un grand classique américain composé par l’un des maîtres du genre Stephen Sondheim (Company, Gipsy, Sweeney Todd, les paroles de West Side Story…).

L’action se situe aux abords de la forêt enchantée (les fameux woods). Un boulanger frappé par une malédiction et sa femme sont si désespérés de ne pouvoir avoir d’enfants qu’ils vont passer un deal avec la vilaine sorcière du coin. Pour avoir un enfant, ils doivent lui rapporter une vache aussi blanche que le lait, une cape aussi rouge que le sang, des cheveux aussi jaunes que le maïs et un soulier aussi pur que l’or.

Dans les bois ils vont donc croiser Jack parti vendre sa vache (qu’il va échanger contre des haricots magiques), le petit chaperon rouge en visite chez sa mère grand, Raiponce enfermée dans sa tour, Cendrillon allant puis s’enfuyant du bal, son prince lui courant après…

 

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D’abord plutôt classique, l’histoire va rapidement devenir assez décalée avec des traits d’humour (les princes ringards, Cendrillon scotchée sur les marches du palais…) assez bienvenue, et osant même les accès d’hémoglobine (les scènes avec la géante, les oiseaux percent les yeux…) aussi brusque et surprenant qu’ils provoquent instantanément l’hilarité de la salle ! Le livret signé James Lapine, s’amuse avec les codes du genre, s’éloignant de plus en plus du conte de fée avec ses princes infidèles et Raiponce en mère célibataire.

Si l’histoire ne se prend pas au sérieux, elle est servie par une redoutable équipe de professionnels.

Le décor est assez magnifique, impressionnant et surtout très malin avec sa scène tournante nous emmenant dans tout les recoins du bois. Les interprètes sont fantastiques et très bien castés pour nous offrir cette palette de personnages très différents mais tous valorisants. Il vaut évidemment citer la drôlissime sorcière de Berverly Klein qui a remporté un franc succès. Et si chaque interprète mérite d’être cité je retiendrai tout de même plus particulièrement l’interprétation sensible de Nicholas Garret en boulanger et la fraîcheur de Francesca Jackson en petit chaperon rouge (et la superbe voix de Kimy McLaren en Cendrillon).

 

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Le tout forme un ensemble drôle, touchant, dynamique, surprenant, avec une énergie qui nous embarque pendant près de 3h que l’on ne voit pas passer. Une belle réussite.

Je ne saurais que trop vous encourager à découvrir ces spectacles musicaux que nous offre le Châtelet, c’est un pur bonheur à chaque fois.

 

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À noter qu’Into the woods va être adapté en film l’année prochaine avec Meryl Streep en sorcière, Anna Kendrick en Cendrillon et Johnny Depp en grand méchant loup (choix assez étonnant car le personnage est mineur dans le spectacle).

Je ne suis pas spécialement fan des adaptions de pièces sur grand écran. Toutes ne se valent pas mais cela peut être l’occasion pour le grand public de découvrir cette œuvre et ces si belles chansons.

 

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 10:32

 

Avant que j’ai vraiment complètement la flemme de le faire voici quelques mots sur la soirée Cullberg/ De Mille. Une soirée qui s’annonçait pour le moins intéressante puisque l’un des ballets n’avait pas été reprise depuis plus de 10 ans et l’autre était une entrée au répertoire. Que des découvertes donc !

 

La soirée s’ouvre avec Fall River Legend d’Agnes De Mille. Un ballet fort sur un sujet qui ne l’est pas moins, l’histoire d’une jeune femme accusée d’avoir tué son père et sa belle mère à coup de hache. Dis comme ça, ça ne semble pas hyper accessible. On est pourtant rapidement pris par l’histoire. L’œuvre est bien construite, de manière assez cinématographique. La pièce ressemble d’ailleurs plus à un film (ou plutôt ici du théâtre) muet qu’à un ballet.

Ça danse assez peu ce qui peut décontenancer au premier abord. La réussite de l’œuvre tien beaucoup de la performance des interprètes et en particulier de l’accusée, omniprésente sur scène.

Et c’est bien là que le problème se pose. Difficile sur le long terme d’être séduite par le personnage proposé par Laëtitia Pujol. On ne sent pas assez d’évolution chez elle pendant les 50 minutes que dure la pièce. Elle a l’air folle à lier dès ses premières apparitions et il ne semble donc pas y avoir eu de cheminement l’amenant à son acte. On ne ressent pas assez la douleur de l’enfermement, ce sentiment de solitude et cette peine d’avoir perdu sa mère. L’étoile en fait un peu trop et ne va pas assez dans la nuance ce qui empêche le spectateur de vraiment entrer dans l’histoire.

Ce manque de progression m’a fait paraître la soirée bien longue et je ne pouvais m’empêcher de me demander ce que l’œuvre donnerait avec une autre interprète. Dommage.

 

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À l’entre acte, je profite du parterre clairsemé pour quitter mon amphithéâtre et avoir une meilleure vue de Mademoiselle Julie.

Le ballet Birgit Cullberg est d’apparence plus accessible avec sa musique et ses jolis costumes. La pièce est bien construite et on ne s’ennui pas une seconde. Elle est de plus très bien portée par ses interprètes avec en tête Aurélie Dupont parfaite en grande dame (un peu moins dans la seconde partie) et Nicolas LeRiche dont on ne peut s’imaginer qu’il va partir à la fin de l’année tant il est enthousiasmant aussi bien techniquement que dans ses interprétation.

Au final le ballet est très agréable à suivre même si deux semaines après la représentation Fall River Legend est finalement celui qui me reste le plus en tête.

 

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On se retrouve très bientôt avec certainement un retour sur la rencontre AROP avec Isabelle Ciaravola.

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 17:49

La nomination d’Amandine Albisson survenue hier à l’issue d’une représentation d’Onéguine a suscité pas mal de débats.

À mon tour de donner quelques impressions.

 

Je me rappelle encore de la première fois que j’ai remarqué Amandine Albisson sur scène. C’était lors d’un concours de promotion en 2007. Elle était quadrille et n’avait pas été promue. Aujourd’hui je ne me rappelle plus de qui était passé mais je me rappelle bien de cette toute jeune danseuse qui démontrait déjà une forte personnalité et une grande présence sur scène. Sa non promotion avait été pour moi une grande incompréhension.

 

Depuis elle a fort heureusement été promue, a dansé pas mal de seconds rôles où elle a toujours su faire la différence de part ses grandes qualités techniques et encore une fois sa personnalité affirmée. Sa promotion de première danseuse lors du dernier concours était tout à fait logique. Elle a un tempérament de soliste cela ne fait aucun doute. Elle fait partie des futures étoiles de la compagnie, c’est certain.

 

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Si je regrette souvent que l’on nomme les étoiles trop tard, il serait un peu hypocrite de dire que cette fois on l’a nommée trop tôt. Avoir une jeune étoile est une bonne chose et si je me rappelle bien Dorothée Gilbert avait à peu près son âge lors de nomination.

Mais il y a une différente entre nommer une étoile jeune et la nommer au bon moment.

 

Je n’ai pas vue Amandine dans Onéguine et me garderai donc bien de parler de sa prestation toutefois il est dommage de voir une étoile apparaître alors même qu’elle n’a pas totalement convaincue le public. Je rester persuadée que ce rôle n’était pas un cadeau à lui faire et qu’il aurait été bien plus pertinent de la nommer sur un grand classique où elle aurait pu mettre ses qualités en valeur ou sur Notre-Dame de Paris qui aurait parfaitement collé à sa personnalité. Là le public aurait pu voir pourquoi il fallait la nommer elle et pas une autre.

 

Cette nomination apparaît donc comme en demi-teinte alors que si elle avait eu lieu à un autre moment (surtout sur un autre rôle) elle aurait pu être une belle fête.

 

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Et puis il reste cette impression désagréable que Brigitte Lefèvre essaye à tout prix de blinder les postes d’étoiles avant son départ en nommant à tort et à travers des danseurs qui certes le méritent, mais dans la précipitation et sur de mauvais rôles ce qui ne laisse pas au public l’occasion d’apprécier pleinement cette consécration. Deux étoiles en trois mois c’est tout de même beaucoup.

Dommage que la future ex-directrice n’ai pas pris conscience que son départ aurait eu beaucoup plus d’impact (et lui aurait permis de redorer un peu son blason) si elle n’avait effectué qu’une, à la limite deux, nominations vraiment marquantes et significatives pour l’avenir de la compagnie (suivez mon regard).

 

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Quoi qu’il en soit bravo à Amandine Albisson. J’espère qu’elle va maintenant être distribuée intelligemment et aura l’occasion de prouver qu’elle mérite son titre (ce qui est le cas !)   

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 14:23

La saison 2014/2015 de l’Opéra de Paris a été dévoilée. Une saison importante puisqu’il s’agit de la dernière préparée par Brigitte Lefèvre. Et surprise, beaucoup de classiques sont au programme. On remarque également qu’il y a plus de programmes que les années précédentes avec des séries plus courtes.

Cette saison devrait marquer un tournant dans la compagnie. Après 20 ans à la tête de l’institution, la directrice de la danse passe enfin la main et sera remplacée par le très attendu Benjamin Millepied. Ses premiers pas de directeur vont être suivi avec attention. Quelle va être sa politique de distribution ? Va-t-il nommer des étoiles dès sa première saison ? On peut s’imaginer que oui aux vues des nombreux départs de très grandes étoiles ces dernières années.

 

Mais avant de penser à tout cela, voici le programme !

 

Tanztheater Wuppertal

Two cigarettes in the Dark

Pina Bausch

Du 1er au 7 septembre

 

Une très bonne nouvelle que la venue de la compagnie de Pina Bausch. J’ai du mal à comprendre les appréhensions d’une partie du public. Les œuvres de la chorégraphe allemande sont toujours d’une grande force et c’est pour moi un programme à ne pas manquer. 

 

Études/ Woundwork II/ Pas./Parts

Lander/Forsythe

Du 20 septembre au 4 octobre

 

La reprise d’Études est assez enthousiasmante, le ballet n’ayant pas été repris depuis un petit moment bien que ses variations soient régulièrement choisies lors des concours de promotions.

Je suis un peu déçue du choix des Forsythe que l’on a déjà vu la saison dernière. Un peu de nouveauté n’aurai pas été de trop surtout qu’il y a de quoi faire avec le chorégraphe. J’aurai bien revu Artifact Suite qui m’avait plus qu’emballée lors de ma première saison complète de spectatrice. Il y avait aussi The Vertiginous Thrill of exactitude que nous n’avons pas revu depuis longtemps…

 

À noter que la représentation du 4 octobre marquera l’événement que nous… attendons/redoutons/ nous fichons (rayez les mentions inutiles) tous : les adieux de Brigitte Lefèvre à la compagnie. On peut imaginer qu’un programme spécial sera mis en place.

 

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Rain

Anne Teresa de Keersmaeker

Du 21 octobre au 7 novembre

 

L’entrée au répertoire de ce ballet n’avait pas vraiment emballé les spectateurs loin de là aussi il est étonnant de déjà le revoir (même s’il doit y avoir une question de droits là dessous). Je l’avais zappé à l’époque donc je ne peut pas vraiment donner d’avis. La curiosité me poussera certainement à le découvrir cette fois.

 

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Casse-Noisette

Rudolf Noureev

Du 26 novembre au 29 décembre

 

Un petit Casse-Noisette pour Noël ça ne fait pas de mal. Le ballet est régulièrement repris mais c’est le ballet des fêtes pas excellence.

La programmation de cette fin d’année est tout de même assez étonnante avec face à face deux ballets demandant un important corps de ballet et le même type de danseur chez les solistes. Myriam Ould-Braham, Dorothée Gilbert, Ludmila Pagliero, Mathias Heyman, Josua Hoffalt, Matthieu Ganio… que vont-ils danser ? Cela m’étonnerait tout de même qu’ils fassent les deux.

Je parierais sur une distribution d’étoiles sur la première et des premiers danseurs et sujet pour la suite (et une nomination par la même occasion ?)

 

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La source

Jean-Guillaume Bart

Du 29 novembre au 30 décembre

 

Quel bonheur d’enfin revoir la Source, un ballet que pour une fois on aurait bien aimé revoir programmé dès la saison suivante ! Cette recréation d’un ballet classique oublié avait rencontré un grand succès tout à fait mérité. Comme je l’expliquais pour Casse-Noisette, difficile de savoir qui va danser même si on peut s’imaginer que Pagliero, Ould-Braham et Hoffalt premiers danseurs à l’époque de la création et maintenant étoiles seront de la partie.

 

Cela pose en revanche question pour les étoiles ne dansant pas ce type de rôles. Que vont donc bien pouvoir faire Marie-Agnès Gillot, Emilie Cozette ou Alice Renavand (même si cette dernière ferait une superbe Noureda). Je ne pose pas la question pour les garçons en revanche.

 

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Démonstrations de l’école de danse

Du 7 au 21 décembre

 

L’événement que je rate chaque année faute de temps. Mais je n’en entends que du bien donc foncez-y !

 

Ballet Royal de Suède

Juliette et Roméo – Mats Ek

Du 6 au 10 janvier

 

Décidément nous sommes gâtés au niveau des compagnies invitées. Je me réjouis de découvrir cette troupe ainsi que ce ballet de Mats Ek.

 

Répliques/ Saluts/ Andréauria

Paul/ Rigal/ Lock

Du 3 au 20 février

 

Tous les ans un programme enthousiasme moins que les autres. Cette fois c’est celui là ! Le ballet de Nicolas Paul m’avait plutôt plu mais il est assez difficile d’accès et tien beaucoup à la qualité de ses interprètes.

Rigal est le grand chorégraphe à la mode mais aux vues des dernières créations de chorégraphes tendances à l’ONP je me méfie.

 

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Le chant de la terre

John Neumeier

Du 24 février au 12 mars

 

Et juste après nous avons certainement le programme le plus attendu ! La création de John Neumeier fait figure d’événement. Le chorégraphe réussi bien à la compagnie qui fait toujours de très belles choses de ses ballets. Même si ses « muses » sont aujourd’hui à la retraite j’ai hâte de découvrir cette œuvre.

 

Le Lac des cygnes

Rudolf Noureev

Du 11 mars au 9 avril

 

C’était la surprise lors de l’annonce de la saison il y a deux mois. Mais une reprise du lac est toujours un plaisir. J’avoue que j’aime beaucoup cette version Noureev et en particulier le 4e acte qui est le plus beau que j’ai vu.

 

La dernière fois, la série avait été quasi intégralement dansée par Émilie Cozette. Espérons que cette fois les étoiles tiennent le choc. Je suis particulièrement pressée de voir ce que la jeune génération va faire de ce ballet. Espérons aussi que comme lors des dernières reprises nous ayons droit à des prises de rôles de premiers danseurs et sujet (au hasard Héloïse Bourdon qui est faite pour ce rôle).

 

lac-poupeney.jpg                                                                  photo: Agathe Poupeney


 

Spectacle de l’école de danse

D’ores et déjà, Variations Don Giovani, Aunis, Soir de fête

Du 3 au 8 avril

 

Comme toujours un très joli programme pour l’école de danse qui va permettre aux élèves de briller dans des registres variés.

 

aunis.jpg                                                          photo : Agathe Poupeney

 

L’histoire de Manon

Kenneth MacMillan

Du 20 avril au 30 mai

 

Aimant beaucoup le ballet je suis heureuse de le revoir programmé toutefois la perspective des distributions m’inquiète un peu. Lors de la dernière reprise seule la paire Ciaravola/ Ganio m’avait réellement émue. Aujourd’hui il n’y a personne pour remplacer l’étoile nouvellement retraitée. Espérons que certains danseurs réussissent à s’approprier ce ballet qui peut être sublime s’il est interprété avec justesse.

 

Cette série marquera les adieux à la scène d’Aurélie Dupont.

 

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Paquita

Pierre Lacotte

Du 2 au 19 mai

 

Encore un programme sympa. Paquita est un ballet très vivant, demandant une technique virtuose. Avec les danseurs actuels (Pagliero, Gilbert, Renavand, Ould-Braham, Ganio, Heymann, Alu) on peut s’imaginer des distributions du tonnerre.

 

paquita-poupeney.jpg                                                                 photo : Agathe Poupeney

 

Les enfants du Paradis

José Martinez

Du 28 mai au 6 juin

 

Voici un ballet dont le succès dépend beaucoup de ses interprètes. Passé l’effet de surprise il ne vieilli pas si bien que ça. À voir l’effet qu’il me fera cette fois.

 

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La fille mal gardée

Frederick Ashton

Du 29 juin au 14 juillet

 

Décidément la fille mal gardée est le ballet de l’été. Toujours programmé à la même période lorsqu’il faut quelque chose de frai et léger avant les vacances. Le ballet est charmant et toujours agréable à voir mais attention à l’overdose. Je l’avais frôlé lors de la dernière reprise en alternant le très bon (Froustey/Raveau, Ould-Braham/Hoffalt) et le très moyen.

Il y a toutefois suffisamment de jeunes talents (les étoiles seront surement toutes sur le McGregor) pour passer un bon moment. 

 

la-fille-sebastien-mathe.jpg                                                          photo: Sbéastien Mathé

 

L’anatomie de la sensation

Wayne McGregor

Du 4 au 16 juillet

 

J’ai du mal à comprendre comment il a pu être décidé de reprogrammer ce ballet à Bastille en plein mois de juillet. Lors de la création je me rappelle être arrivée avec une place de galerie et avoir été replacée dès mon arrivée en 5e rang de parterre (qui n’était qu’au ¾ plein).

De ce ballet je garde aussi un très profond souvenir d’ennui. C’est la première fois que j’ai eu envie de quitter la salle avant la fin (dommage il n’y avait pas d’entre acte).

Une deuxième vision changera peut être mon regard mais cette reprise ne m’emballe pas des masses.

 

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Et vous que pensez-vous de cette saison?

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 15:02

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Même en retournant mille fois les phrases dans ma tête j'ai du mal à trouver les mots pour parler des adieux d'Isabelle Ciaravola. J'aurai voulu écrire quelque chose de touchant, beau, émouvant, un peu à son image en fait, mais je me contenterai de faire simple.

Ceux qui lisent ce blog ou me connaissent un peu savent bien toute l'affection et l'admiration que j'ai pour cette danseuse. Elle a été la première à vraiment me marquer lors de ma première saison complète en tant que spectatrice. Découverte lors d'un plein feux (maintenant Rencontres) sur Genus la création de McGregor j'avais alors découvert ses grandes capacités (ces jambes, cette souplesse qui faisait des merveilles dans ce répertoire), puis elle m'a envouté dans le 3e acte de Raymonda avant de franchement m'émouvoir en Manon dans la Dame aux Camélias. P1000370.JPG

 


C'est ce jour que j'ai compris qu'il y avait quelque chose de particulier chez cette danseuse. Une capacité à toucher le public, une justesse dans l'interprétation des sentiments. De tous ces rôles, Isabelle Ciaravola a su sortir quelque chose d'unique. Elle a eu l'intelligence de ne pas vouloir tout danser et est devenue inoubliable dans tout ce qu'elle a interprété. La seule danseuse pour qui je prends une place les yeux fermés et me démène pour assister à chaque prise de rôle ou reprise.

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Ce que j'ai toujours aimé chez elle était sa capacité à me surprendre. Je l'ai vu 5 fois dans Onéguine. Et à chaque fois elle m'a émue par un geste, une intension, un regard, différent des fois précédentes. Sa prise de rôle en Tatiana lors de l'entrée du ballet au répertoire qui s'est accompagnée de sa nomination reste encore à ce jour ma plus belle soirée à l'Opéra. A l'époque nous avions sous les yeux un partenariat fusionnel entre Isabelle Ciaravola et Hervé Moreau et une grande tragédienne.

 

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D'ailleurs lorsque je pense aux plus belles représentations auxquelles j'ai assisté dans ma vie spectatrice, beaucoup se rapportent à elle. La Dame, Manon, Giselle, Onéguine... Sa dernière Tatiana en fera également assurément partie avec une émotion présente tout au long du ballet qui trouve son apogée dans cet extraordinaire pas de deux final (je ne ferai pas de retour sur la représentation en elle-même donc saluons également la performance d'Hervé Moreau, le plus parfait des Onéguine) à l'issu duquel l'étoile s'écroule à genoux sur scène de désespoir. Encore un moment qui m'a prise par surprise et a su me toucher.

 

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Isabelle fait partie des étoiles les plus populaires de l'Opéra et la longue ovation qu'elle a reçu hier soir en était bien la preuve. Simple et généreuse elle a su créer une belle relation de proximité avec son public qui lui a bruyamment et longuement manifesté son admiration. Un moment de communion d'une chaleur rarement vu lors d'adieux. Sous une pluie d'étoiles dorées Isabelle a semblé remercier chaque spectateur présent en restant de longs moments à regarder et saluer le public. Une pluie de bouquets de fleurs a accompagné les saluts qui se sont poursuivis pendant une demie heure devant une salle debout et allumée. L'étoile a même été rappelée une toute dernière fois après le tombé final de rideau.

 

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Après la représentation quelques privilégiés ont pu assister au cocktail au cours duquel Isabelle est apparue comme une princesse dans sa belle robe pour se voir remettre la légion d'honneur par une Brigitte Lefèvre visiblement émue. Dans un discours simple, drôle et touchant, l'étoile a rendu hommage à ses maîtres, ses collègues, ses trois grands partenaires tous présents auprès d'elle (dont deux sur scène hier soir) Mathieu Ganio, Karl Paquette et Hervé Moreau. A eux aussi la belle corse va beaucoup manquer.


Elle a ensuite passé la soirée à signer des autographes, poser pour des photos et recevoir encore plus de fleurs ("il va falloir que j'investisse dans des vases" a-t-elle lâché à la fin de la soirée) et de cadeau jusqu'à ce que le grand foyer se vide vers minuit et demi.

 

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Si les adieux d'Agnès Letestu il y a quelques mois m'avaient rendu nostalgique, ceux d'Isabelle Ciaravola me touchent profondément. Voilà une danseuse qui va énormément me manquer. Aucune interprète parisienne n'est actuellement capable d'apporter au répertoire au néo-classique ce qu'elle réussissait à créer.

Je suis extrêmement heureuse d'avoir eu la chance de pouvoir la voir dans tous ses grands rôles ces 7 dernières années et garderai toujours en tête ses grandes interprétations.

Parce que j'aime la danse pour les émotions qu'elle me procure, pour cette capacité à exprimer tous les sentiments par le mouvement, parce que je vais voir des ballets pour être touchée, surprise et vivre/partager des choses hors du commun, merci Isabelle!

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 09:37

 

 

Avec beaucoup de retard je reviens sur la première représentation de la reprise d’Onéguine au Palais Garnier.

Déjà 3 pour le Cranko et pourtant je me souviens de la première comme si c’était hier. Elle réunissait Isabelle Ciaravola et Hervé Moreau pour le couple principal. Une distribution idéale. On pourrait en dire autant de Mathias Heymann et Myriam Ould-Braham qui campaient Olga et Lenski. À l’époque il y avait sur scène trois premiers danseurs et une étoile. Ils le sont maintenant tous et deux (Isabelle Ciaravola et Mathias Heymann) ont été nommé à l’issu de cette représentation. Cette soirée reste sans aucun doute ma plus mémorable à l’Opéra et si j’avais eu l’idée de participer au fameux concours Émotion Opéra c’est sans conteste la représentation que j’aurai choisie.

 

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Aussi je me réjouissais de pouvoir retrouver cette distribution quasi à l’identique (Ould-Braham en moins Giezendanner en plus) pour cette reprises. Manque de chance, une malencontreuse blessure d’Hervé Moreau a changé la donne forçant l’Opéra à rappeler de nouveau Evan McKie (un peu inélégant tout de même de ne l’appeler que pour remplacer) pour danser avec l’étoile corse décalant ainsi leur représentation d’un jour.

 

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C’est donc à un couple inédit, Ludmila Pagliero et Karl Paquette que nous avons eu droit. Pour quel résultat ? Une soirée sympathique. Ni mauvaise, ni mémorable. C’est peut être pour cela que j’ai mis tant de temps à écrire cette chronique. Les soirées « tièdes » ne sont pas spécialement motivantes.

Il est toutefois un plaisir de retrouver ce ballet. Il est bien construit, pas trop long, remplis de beaux passages. On y passe toujours un bon moment. Le corps de ballet était assez en place et a particulièrement brillé lors de son moment de bravoure du premier acte.

Un premier acte où c’est avant tout illustré le couple de « seconds rôles ». Si Mathias Heymann est toujours aussi impressionnant techniquement, c’est un plaisir de constaté qu’il a bien murit son jeu depuis sa prise de rôle. Son personnage n’est toujours pas très profond mais il reste cohérent est touchant. Charline Giezendanner de son côté est une bien charmante Olga. Cela se vérifie surtout au deuxième acte lors de la très réussie scène du bal. Ses intentions sont claires. On voit parfaitement la jeune femme s’amusant comme une folle sans jamais prendre conscience du drame qu’elle est en train de nouer.

 

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Du côté du couple principal, tout a très bien commencé avec une Ludmila Pagliero décidément pleine de surprises. Timide et réservé elle est très juste dans ses intentions. Karl Paquette de son côté campe un Onéguine assez différent des autres titulaires du rôle. Très poète maudit, il se montre vraiment émouvant lors de sa première variation ainsi qu’au troisième acte. Malheureusement il y a comme un malaise au second acte (à la scène du bal). Le personnage que nous présente l’étoile est-il vraiment celui que le chorégraphe avait en tête ? Pourquoi déchire-t-il la lettre de Tatiana ? C’est la seule partie un peu incohérente de cette interprétation. Cela ne semble pas coller avec le caractère de son personnage.

À noter également que l’alchimie entre les deux étoiles a mis un peu de temps à apparaître et le pas de deux du miroir manquait d’un petit quelque chose même s’il était très bien dansé.

Tout s’arrange avec celui du dernier acte qui, s’il a eu du mal à décoller m’a vraiment prise par surprise sur la fin en grand partie grâce à l’investissement de Ludmila Pagliero franchement bouleversante en femme déchirée par la passion.

 

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Si je ne retrouve pas de place d’ici là, je vous donne rendez-vous le 28 février pour les adieux d’Isabelle Ciaravola. Un moment qui risque d’être chargé en émotions.

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 15:10

 

Avant la reprise d’Onéguine voici la fin des aventures londonienne.

 

Je vous avais laissé au Royal Ballet à la fin de Giselle et après une bonne pose scones, nous voilà parties pour le Coliseum pour découvrir le Corsaire de l’English National Ballet.

 

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Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on change totalement d’ambiance ! Du romantisme éthéré en noir et blanc on se retrouve dans la débauche de technique et de couleurs.

Etonnamment absent du répertoire de l’Opéra de Paris (pourtant plus grande compagnie de ballet du monde si l’on en croit sa directrice) le Corsaire est un grand classique à l’affiche de nombreuses compagnies internationales. Tous les codes du grand ballet sont là. Une histoire épique faite d’amour, de trahison et de vengeance, trois actes, une musique entrainante, un (presque) acte blanc. Le ballet fait un peu penser à Don Quichotte tant dans sa construction (une place de ville, un amour, une fuite, une partie rêvée…) que pour son côté « grand divertissement ». Pas besoin en effet de chercher ici de la profondeur psychologique ou du drame (même si je ne me suis pas remise du fait qu’Ali et Gulnare passent par dessus bord pendant le naufrage sans que ça n’émeuve personne !), on est là pour voir du spectacle.

 

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Et force est de constater que l’on est bien servi ! À l’image du Royal Ballet, l’ENB respire la joie de vivre et l’envie de danser. Il y a sur scène un dynamisme assez impressionnant aussi bien chez le corps de ballet que chez les solistes. Dès le début de l’acte on est impressionné par l’explosivité de Junior Souza (le marchand d’esclave) pour qui la scène semble presque trop petite, et charmé par la grâce et la technique d’acier de la superbe Laurretta Summerscales, future étoile à n’en pas douter.

 

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Une bonne préparation pour le feu d’artifice du deuxième acte qui a fait exploser la salle en applaudissement et en bravi. Une atmosphère très galvanisante donnant tout d’un coup l’impression de vivre tous ensemble quelque chose de fort, ce que l’on aimerai connaître plus souvent. Un public qui n’a pas peur d’applaudir ça fait plaisir !

Dans le rôle titre de Medora, Tarama Rojo met toutes ses concurrentes KO. C’est elle la star de cette soirée un point c’est tout. Elle ne s’excuse pas d’être là et déploie à 39 ans une technique qui ferait baver d’envie n’importe quelle petite jeune. À l’âge où toutes nos étoiles françaises ont délaissé le classique depuis quelques temps déjà cela fait rêver… Il faut préciser qu’elle est également directrice de la compagnie et est en train d’y accomplir un beau travail. Impressionnant.

À ses côté Matthew Golding sort son plus beau sourire et sa belle mèche blonde pour camper le Corsaire Conrad. On pourrait ne pas y croire une seconde, être énervé par ses manières et son côté sosie de Brad Pitt qui ne fait quand même pas très corsaire viril, mais cela passe étonnamment bien ! L’étoile montre une telle générosité dans sa danse et une technique tellement précise que l’on est aussi séduite que Médora.

 

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Je ne vais pas citer tous les interprètes (en partie parce que je n’ai pas la fiche de distribution sur moi !) mais ils étaient tous assez formidables de talent et d’investissement et faisaient passer ce ballet, tout de même assez long, à toute allure. On en redemanderait.

 

Une belle représentation qui vient donc conclure une superbe journée. Deux compagnies enthousiasmantes dans deux œuvres radicalement différentes mais aussi sympathiques l’une que l’autre… Cela donnerai presque envie de prendre un abonnement pour l’Eurostar !

 

La semaine prochaine on se retrouve pour le début de la série d’Onéguine au Palais Garnier qui s’annonce pour le moins mouvementée.

On ne sait pas trop ce qui est passé par la tête de la direction quand elle a décidé que 3 distributions seraient suffisantes. Aujourd’hui les plannings sont déjà en train d’être modifiés et le spectateur est dans le flou.

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 10:14

Le week end du 18 janvier, une grande partie des balletomanes parisiens a traversé la Manche pour découvrir pendant deux jours l’univers du ballet anglais. Il faut dire que le programme était particulièrement alléchant. Giselle au Royal Ballet, le Corsaire à l’English National ballet et Swan Lake de Matthew Bourne. J’ai pour ma part mis le dernier de côté mais ai bien profité du Royal Opera House et du Coliseum.

 

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On commence donc avec Giselle. J’étais très enthousiaste a l’idée de retrouver la troupe du Royal Ballet qui m’avait tant impressionnée à Monaco et encore plus de revoir le couple Marquez/ McRae dans une nouvelle œuvre.

Après un trajet un peu chaotique, c’est en srpintant que j’arrive au Royal Opera House. Tout d’un coup on comprend la détresse des touristes étrangers se perdant à Garnier ou Bastille. Mais je vais garder ma mauvaise foi bien française et dire que c’est la faute au bâtiment qui est un vrai labyrinthe d’escalier fait pour perdre le spectateur.

 

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Le rideau rouge s’ouvre (une chose que j’aime. Il s’ouvre en deux contrairement au parisien qui se lève) sur le traditionnel petit village de Giselle. L’enchantement peut commencer. Je suis peut être un public facile mais j’ai toujours aimé Giselle. Depuis toute petite il est dans la top liste de mes ballets préférés. C’est aussi le premier que j’ai vu à l’Opéra de Paris. Giselle c’est le charme désuet du premier acte, la pantomime, les villageois puis les willis, l’ambiance mystérieuse du deuxième acte, la musique… Et puis une belle histoire dont décidément je ne me lasse pas.

Le fait de découvrir le ballet avec une nouvelle troupe donne un peu l’impression de retomber en enfance. On s’émerveille à nouveau, on redécouvre, on est surpris.

 

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L’élément frappant du Royal Ballet, qui m’avait déjà marqué dans Manon, est la vie qu’ils apportent sur scène. Rien ne semble automatique et chaque danseur apporte une énergie et une conviction qui fait plaisir à voir. Ce sont également les rois de la pantomime. Jamais un ballet ne m’a semblé aussi limpide. Le passage de la mère de Giselle qui m’a parfois paru si long était ici véritablement passionnant.

 

Roberta Marquez campe une superbe Giselle. Naïve, romantique et définitivement sympathique. Elle met tellement de conviction dans son personnage que cela nous empêche de la trouver trop « cruche ». Elle est très bien accompagnée par Steven McRae qui lui aussi déploie une pantomime d’une clarté impressionnante. On voit parfaitement le prince cherchant à se faire passer pour un paysan. Bien dragueur au début, puis mal à l’aise face à l’arrivée de sa fiancée et qui réalise petit à petit le drame qui est en train de se créer devant ses yeux.

La scène de la folie était très réussie grâce à une Roberta Marquez très inspirée qui n’hésite pas y aller franchement. Sa Giselle perd complètement la tête et c’est assez prenant à voir.

 

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Au deuxième acte nous plongeons dans l’univers des willis. Ce passage ne possède certes pas la précision technique et de style de la production française mais réussi néanmoins à nous embarquer grâce à une interprétation glaçante de la part du corps de ballet. Si leur première apparition est pleine de mélancolie elles surprennent ensuite dans les passages les opposants aux hommes. Les voir ainsi froidement faire bloc pour les contraindre à danser jusqu’à la mort était très impressionnant. On comprenait tout d’un coup la peur saisissant les visiteurs du cimetière ou même précédemment des villageois lorsqu’on leur raconte la légende des willis. Il ne faut effectivement pas trop se frotter à elles !

 

Elles étaient magnifiquement menées par leur reine Myrtha. Claudia Dean arrive sur le plateau comme une apparition. Elle est d’une beauté qui lui donne un caractère assez irréel. Son interprétation très froide et autoritaire s’accorde parfaitement avec le corps de ballet. Elle reste impassible face aux supplications des hommes et garde un regard très dur tout au long de l’acte.

 

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Face à elle, nous retrouvons notre couple star. Les deux principals sont très émouvant que ce soit dans leurs pas de deux ou passages solos. Leur détresse et palpable. Roberta Marquez ne campe pas une Giselle distante et éthérée. Il reste encore beaucoup d’humanité en elle et il beau de voir son envie de sauvé son prince à tout prix. Steven McRae de son côté apparaît rongé par le remord et est très touchant (on en oublierai presque qu’il avait promis à cette pauvre Giselle de l’épouser alors qu’il savait très bien qu’il était fiancé et qu’elle en est morte de désespoir !).

 

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En conclusion, cette Giselle du Royal Ballet est un très beau moment et un bon moyen de redécouvrir ce ballet. Les interprètes (des étoiles aux membres du corps de ballet) sont tous très investis et font vivre cette histoire avec force et conviction.

 

On se retrouve très vite pour la suite des aventures londoniennes avec le Corsaire de Tamara Rojo et Matthew Gloding. 

 

Pour d’autres impressions sur Giselle, rendez-vous sur Impression danse, Blog à Petits Pas et Danses avec la plume.

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 16:17

Puisque tout le monde en parle il est temps pour moi aussi de revenir sur la venue du Bolchoï à Paris avec Illusions Perdues d’Alexeï Ratmansky.

Que dire sur le ballet en lui-même ? J’aime toujours découvrir de nouvelles œuvres et en particulier dans le répertoire classique, neo-classique, aussi j’étais assez curieuse malgré les échos partagés des premiers spectateurs.

 

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Et il faut bien avouer que les 30 première minutes font assez peur. Lenteur, longueurs… on ne voit pas l’acte se terminer avec en prime une musique assez désagréable à l’oreille. Pourtant ce ballet aurait tout pour plaire. Une belle histoire (je parle de l’argument en lui-même, pas de l’adaptation du livre), de beaux décors et costumes, de grands danseurs… Mais il manque l’essentiel. Des moments marquants. La chorégraphie se déroule, les décors changent, l’histoire est limpide et pourtant un sentiment d’ennui parcours l’œuvre.

 

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C’est beau, sympathique mais on n’en retient au final pas grand chose si ce n’est que ce ballet aurait pu être beaucoup plus que cela.

L’entrevue de Coralie et Lucien dans la chambre de ce dernier aurait pu être un grand pas de deux romantique, la dernière apparition de Lucien (qui conclue tout de même le ballet), une variation évoquant son désespoir… Oui, il m’a définitivement manqué quelque chose.

Le ballet ne manque toutefois pas de charme et l’ambiance du vieux Paris est bien retranscrite. Les scènes de ballet dans le ballet très plaisantes (en particulier la Sylphide).

 

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Reste aussi les interprètes. Le Bolchoï est une grande compagnie avec de grands danseurs et il est toujours un privilège de les voir évoluer sur scène. On sent beaucoup de conviction et d’envie dans la troupe quelle que soit la qualité de ce que l’on leur donne à danser. Evgenia Obrastzova était comme à son habitude lumineuse avec une danse d’une pureté et d’une grâce magnifique. Ekaterina Krysanova offre un très bon parallèle avec une danse vive, précise et beaucoup de caractère. Le héro de la soirée reste néanmoins David Hallberg, danseur super que je regrette de n’avoir pu voir dans la Belle en décembre. Techniques, lignes, implication, jeu, il porte le ballet avec force et conviction.

 

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Après le Bolchoï on passe à deux autres compagnie. Ce week end, une grande partie de la blogosphère française se délocalise à Londres pour deux jours de Corsaire et Giselle avec English National Ballet et le Royal Ballet. À moins de trouver un réseau wifi là bas il n’y aura pas de tweets du week end mais un bon compte rendu après ! Et pour patienter, vous pouvez relire mes impressions sur ma première rencontre avec le Royal Ballet il y a quelques mois.

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