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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 21:12

Après deux représentations de Cendrillon, il était maintenant temps de découvrir l’autre ballet de cette fin d’année, celui donné au Palais Garnier, Onéguine.

Lors de son entrée au répertoire de la compagnie en avril 2008, j’avais vraiment craqué sur ce ballet que je trouvais efficace et très bien construit. Un certain nombre d’événements lui avait en plus été relié comme la double nomination Isabelle Ciaravola/Mathias Heymann le soir de la première ou les adieux de Manuel Legris un mois plus tard.

Cette reprise fût pour le moins perturbée avec une cascade de blessures entrainant des prises de rôles surtout chez les messieurs.

Ainsi Hervé Moreau qui fût le plus beau et le plus vrai des Onéguine il y a trois ans a annoncé ce mois-ci sa démission de l’Opéra de Paris suite à une blessure chronique. C’est une immense perte pour l’Opéra... Mathieu Ganio le remplacera aux côtés d’Isabelle Ciaravola.

Le jeune retraité José Martinez a finalement annulé sa venue entrainant la titularisation de Karl Paquette aux côtés de Dorothée Gilbert.

Enfin, la blessure de Nicolas LeRiche sur Cendrillon une semaine tout juste avant la première a plongée tout le monde dans l’effroi poussant la direction à appeler en catastrophe Evan McKie, étoile du ballet de Stuttgart pour assurer les représentations auprès d’Aurélie Dupont. Il est tout de même regrettable qu’il faille attendre le retrait de l’une de nos étoiles maison pour inviter un danseur dont c’est tout de même le répertoire de prédilection... On invite Lopatkina à danser le Lac, Jiri Bubenicek sur du Neumeier, cela semble logique d’inviter un danseur de la compagnie de Cranko pour danser un de ses ballets.

 

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Quoi qu’il en soit, la présence à Paris d’Evan McKie a apporté un regain d’intérêt à la première distribution que j’ai enfin pu découvrir hier soir.

Tout d’abord, ce ballet est toujours aussi bien construit. Il est composé de trois actes assez courts de deux scènes chacun. L’intrigue est très lisible même sans connaitre l’histoire. Tout pourra-t-on regretter que l’opéra ai une nouvelle fois fait appel à l’orchestre colonne qui après le Lac des cygnes l’an dernier nous fait encore grincer des dents avec une partition de Tchaïkovski.

 

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Le premier acte se passe chez l’héroïne Tatiana (oui pour moi c’est elle l’héroïne du ballet malgré son titre) et sa sœur Olga. Les scènes de corps de ballets sont très efficaces et très bien emmenées par une Myriam Ould-Braham charmante de naïveté. Elle est comme à son habitude pleine de fraicheur et s’accorde bien avec le Lenski de Josua Hoffalt. Les deux amoureux sont mignons comme tout dans leurs pas de deux. Si le premier danseur a pu paraitre un peu crispé à son entrée en scène, il se lâche vite et nous offre des sauts et pirouettes magnifiques. Vivement son acteur vedette dans Cendrillon !

Arrive enfin Onéguine dont le costume noir tranche avec les couleurs pastelles du reste du groupe. Evan McKie est réellement impressionnant dans ce rôle. Tout chez lui est juste. Chaque attitude est réfléchie et s’accorde parfaitement avec ce que le attend du personnage. Il est distant, amusé par la candeur de Tatiana et déploie une danse magnifique.

Il sait se montrer très bon partenaire dans le pas de deux du rêve même s’il s’agit du premier passage où l’on sent vraiment le manque de répétition entre les deux étoiles. L’un des portés n’est jamais passé même s’il a toujours été rattrapé très naturellement.

 

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Au deuxième acte, nous sommes au bal. Un passage toujours très sympathique où l’intrigue va totalement basculer. Onéguine rend sa lettre à Tatiana voulant lui faire comprendre qu’il ne partage pas ses sentiments. Devant l’incrédulité de la jeune fille la déchire sous ses yeux avant d’aller flirter avec sa sœur (la grande classe). Evan McKie sait ici se montrer cruel sans pour autan être totalement détestable. On ne peut que louer encore une fois l’extrême clarté de son jeu qui rend l’intrigue lisible. Aurélie Dupont apparait quand à elle un peu effacée, pas forcément très touchante lorsqu’Onéguine la rejette. On est ému par son sort mais c’est plus à cause de la situation que du jeu de l’étoile. Néanmoins, elle offre une variation absolument impeccable et techniquement très enthousiasmante.

Mais le drame approche. Olga danse avec Onéguine dans une totale insouciance. Myriam Ould-Braham joue un Olga très naïve, qui n’a aucune idée de ce qu’elle est en train de provoquer. Elle s’amuse et c’est tout. Son fiancé lui ne trouve pas ça drôle du tout et va provoquer son rival en duel.

Josua Hoffalt se montre extrêmement juste dans cette partie, que soit au bal ou au duel. Sa variation est une vraie réussite tant sur le plan technique que de l’interprétation. Il est infiniment touchant. Malheureusement pour lui, Onéguine aura le dessus ce qui nous entraine tout droit vers le troisième.

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Dix ans ont passé, Tatiana est maintenant mariée et heureuse. On peu toutefois s’interroger sur la présence de Karl Paquette dans un rôle aussi court et, il faut bien le dire, pas bien passionnant. L’étoile danse quasiment tous les soirs, sur quatre rôles et deux ballets différents. Il est étonnant que la direction n’ai pas voulue le de ce personnage pour y mettre un premier danseur.

J’ai de plus trouvé le pas de deux entre les deux époux assez plat. Il ne s’y passait pas grand-chose. Aurélie Dupont faisait très grande dame mais je préfère la simplicité et la tendresse de Clairemarie Osta.

Onéguine arrive, il regrette, voit toute sa vie défiler et nous amène jusqu’au pas de deux final. Celui qu’il ne faut absolument pas louper ! Il peut rattraper une soirée moyenne ou ruiner belle représentation.

Hier, il m’a permit de totalement revoir mon jugement sur l’interprétation d’Aurélie Dupont. Elle était absolument magnifique. Les deux danseurs ont su apporter une réelle osmose qui rendait se passage poignant. Le meilleur moyen de terminer une déjà bien belle soirée.

 

Au final, cette représentation nous a offert une distribution très équilibrée où chacun était juste et à sa place. Evan McKie fût l’une des vraies belles surprises de cette fin d’année. E

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 16:38

Et non je n’étais pas à la première d’Onéguine hier soir. J’y serais mardi et les premières impressions donnent terriblement envie !

En attendant je vais vous parler de la première distribution de Cendrillon découverte mercredi soir. On pouvait sur la toile lire les pires horreurs sur cette distribution et le ballet en général. J’y allais donc pleine d’appréhensions et de préjugés. J’ai pourtant passé une excellente soirée (sans exagérer). La surprise fût au rendez-vous.

 

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Toute d’abord je suis arrivée à l’heure cette fois ! C’est tout de même agréable de pouvoir  apprécier le ballet en entier même si le premier acte est le plus faible.

Nous entrons donc dans la maison de Cendrillon pour découvrir Agnès Letestu en souillon. Forcément Letestu et souillon sont deux mots qui ne vont pas du tout ensemble ! Difficile d’imaginer la grande, belle et si classe Agnès Letestu en pauvresse esclave de sa belle-mère. Pourtant l’étoile à cette capacité étonnante de s’adapter à tout type de situation et à réussir à nous faire croire à une l’histoire pour laquelle elle ne semble pas faite sur le papier. Quand elle danse avec son ballet, se fait maltraiter par ses sœurs, on y croit. C’est touchant.

 

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Les deux sœurs justement, elles étaient ce soir interprété par un duo particulièrement au diapason : Ludmila Pagliero et Mélanie Hurel. Les deux premières danseuses sont particulièrement étonnantes. Aucune ne tire la couverture sur elle. Chacune brille à sa façon avec sa propre personnalité. Leurs scènes sont particulièrement efficaces, un vrai bonheur à regarder. Elles sont bien accompagnées par un Stéphane Phavorin qui campe une marâtre complètement déjantée. Il joue à fond sur le ridicule et le burlesque et cela fonctionne très bien. Le public, s’il n’applaudit pas, ne peut s’empêcher de rire.

Puis voici la bonne fée qui débarque sous la forme d’un producteur ici pour accompagner Cendrillon vers son destin de star. Yann Saïz n’a rien à envier à Karl Paquette dans ce rôle. C’est toujours un plaisir de voir le sujet dans rôles de premier plan même si je regrette encore qu’on ne puisse le voir en acteur vedette.

Le départ de Cendrillon de sa maison nous amène au tableau des quatre saisons particulièrement long et peu intéressant. Le petit intérêt de cette représentation était de pouvoir y découvrir quelques sujets et coryphées (Aubane Philbert, Sabrina Mallem) en soliste. Elles furent excellentes mais difficile de passionner pour ce passage.

La fin du premier acte est toujours l’occasion d’avoir une pensée très émue pour des 12 coups de minuits qui ont bien du courage d’assumer un costume si ridicule chaque soir. C’est bête car l’idée de personnifier cet élément de l’histoire est bonne mais le string bleu sur collant c’est juste pas possible.

 

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Au deuxième acte nous passons aux tableaux de cinémas qui arrachent toujours quelques rires ou sourires dans la salle. Puis la scène que tout le monde attend, celle du bal. L’occasion de voir enfin arriver le prince sous forme d’acteur vedette.

Stéphane Bullion n’est pas le premier danseur que l’on imagine dans ce rôle et pourtant il s’en sort étonnamment bien. Ses variations sont propres et nettes, son jeu très travaillé. Il est vraiment drôle lorsqu’il se retrouve confronté à l’hystérie des deux sœurs cherchant à l’impressionner. Ses expressions à l’adresse du producteurs l’air de dire « mais qu’est-ce que c’est que ces filles » sont excellentes.

L’entrée d’Agnès Letestu sous les flashs des photographes m’a semblée moins féérique que celle de Dorothée Gilbert. Peut être l’étoile semble-t-elle moins timide/impressionnée que sa consœur. Elle est déjà une star et le sait.

Le pas de deux du tabouret était néanmoins bien maitrisé et touchant.

 

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L’acte trois est toujours un peu « bizarre ». La recherche de Cendrillon par le prince et ses potes à base de petits sauts à travers la scène et de visites dans une taverne espagnole ou autres est quand même assez particulière. Heureusement le dénouement est proche et nous retrouvons vite les sœurs toujours aussi en forme et Cendrillon qui a récupéré ses haillons. L’essayage de la pantoufle de vair (qui est ici une chaussure à paillettes) est toujours aussi drôle avec Ludmila Pagliero, Mélanie Hurel et Stéphane Phavorain qui ont chacun leur façon de se jeter sur le pauvre acteur vedette.

Le pas de deux final est toujours un peu long mais très bien exécuté et conclue en beauté la soirée.

A noter toutefois que le spectacle continu aux saluts avec une marâtre ravie de l’accueil qui lui est fait et des sœurs ne pouvant s’empêcher de se filler des coups.

Au final il est étonnant de voir à quel point une soirée dont on n’attend pas grand-chose peut se révéler excellente.

 

Prochaine représentation : la découverte d’Evan McKie en Onéguine !

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 15:49

Avant de revenir demain sur la très représentation de Cendrillon du 7 décembre, faisons comme promis un petit point sur les distributions d’Onéguine.

Tout d’abord, Onéguine est un ballet que j’aime beaucoup. Il est assez court bien construit et donne à ses interprètes de magnifiques rôles pour briller. Il est donc nécessaire d’avoir des interprètes convaincants.

Les distributions ont été pas mal chamboulées par la blessure de Nicolas LeRiche. Ce dernier devant assurer la première avec Aurélie Dupont, tout le monde c’est demandé qui pourrait bien le remplacer et si cela allait impliquer une valse des dates de tous les interprètes. La moitié des solistes étant en même temps distribués sur Cendrillon la marge de manœuvre de la direction était assez réduite.

Voilà donc comment une étoile du Stuttgart Ballet c’est retrouvée sur la première lui donnant un intérêt tout particulier. Revenons aux distributions par dates.

 

Tatiana : Aurélie Dupont  Onéguine : Evan McKie  Lenki : Josua Hoffalt  Olga : Myriam Ould-Braham

9, 11, 13, 16 et 19 décembre

 

Vous pouvez me jeter des pierres mais bien que j’adore ce danseur, je n’étais pas emballée à l’idée de voir Nicolas LeRiche en Onéguine, rôle qui ne lui correspond pas vraiment. Le couple Dupont/LeRiche ne m’a jamais totalement convaincue et je les préfère avec d’autres partenaires.

La venue d’Evan McKie, principal du Stuttgart ballet est un petit événement et il est bien malheureux qu’il faille une blessure d’une de nos plus belles étoiles pour penser à inviter des danseurs de cette troupe dont c’est le répertoire naturel.

J’ai vraiment hâte de le découvrir. Cette distribution est particulièrement enthousiasmante avec également dans les seconds rôles Josua Hoffalt et Myriam Ould-Braham.  Josua a totalement la technique et le caractère pour ce rôle. Quant à Myriam elle était l’une des plus belles Olga que j’ai vu lors de l’entrée du ballet au répertoire.

 

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Tatiana : Clairemarie Osta Onéguine : Benjamin Pech  Lenski : Josua Hoffalt (10 et 14) Fabien Révillon (20, 22, 24) Olga : Mathilde Froustey

10, 14, 20, 22, 24 (14h30)

 

Clairemarie était l’une des Tatiana les plus émouvantes. Elle apporte toujours quelque chose de très personnel dans ses rôles et avait réussit à vraiment me toucher lors de l’entée au répertoire. Il lui manquait juste un partenaire avec lequel s’accorder. Je ne la trouvais pas très en phase avec Manuel Legris et espère que cela changera avec Benjamin Pech. Toutefois elle est assurément une interprète à ne pas manquer sur cette série.

Benjamin Pech est un danseur que j’ai beaucoup aimé il y a quelques années et qui n’a cessé de me décevoir depuis (impression toute personnelle bien sûr). Sur le papier Onéguine lui correspond bien et est en accord avec le type de rôle vers lesquels il s’oriente maintenant. A voir.

Jolie distribution pour les seconds rôles. Il va être intéressant de voir Fabien Révillon dans un rôle avec un peu de profondeur dramatique pour l’instant on ne l’a vu que dans des rôles très techniques.

Mathilde Froustey risque d’être une Olga totalement différente de celle Myriam Ould-Braham mais pas moins intéressante. J’espère juste qu’elle ne la jouera pas trop peste.

 

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                                                                  Photo: Sebastien Mathé 

 

 

Tatiana : Isabelle Ciaravola Onéguine : Mathieu Ganio  Lenki : Florian Magnenet  Olga : Muriel Zusperreguy

21, 24 (20h), 26, 28 et 30 décembre

 

Isabelle Ciaravola était ma Tatiana number one ! C’est l’un de ses plus grands rôles et j’ai hâte de voir comment elle l’a fait évoluer. Son partenariat avec Hervé Moreau était exceptionnel et on ne peut que regretter encore une fois le départ de ce si beau danseur…

A priori je n’imagine pas du tout Mathieu Ganio en Onéguine (plutôt en Lenski) mais il peut se révéler surprenant. Son partenariat avec Isabelle Ciaravola fonctionne très bien ce qui promet de beaux pas de deux.

Florian Magnenet ne sait plus où donner de la tête en cette fin de saison ! Il y a 3 ans je n’avais pas été très convaincue par son Lensli mais c’est un danseur qui a beaucoup évolué.

 

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                                                                  Photo: Michel Lidvac

 

Tatiana : Dorothée Gilbert  Onéguine : Karl Paquette  Lenski : Aurdic Bezard  Olga : Eve Grinsztajn

27, 29 et 31 décembre

 

La seule distribution que je ne verrai pas. J’avoue que si Dorothée avait eu un autre partenaire je me serais peut être laissée tenter mais là non. Je dois faire une overdose de Karl Paquette. Il est certainement le danseur que j’ai le plus vu l’an dernier et en début de saison ! De plus, je n’avais pas du tout accroché à son Armand Duval dans la dame aux Camélias. Je me contenterai donc de lire les impressions des autres.

Néanmoins, je reste curieuse de voir Dorothée dans un rôle dramatique. J’avais déjà manqué sa Juliette et espère que l’erreur sera vite réparée.

 

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                                                                  photo: Anne Deniau

 

D’ici demain, rendez-vous avec un compte rendu de Cendrillon !

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 19:16

La saison des ballets de fin d’année a enfin commencé ! Cette année deux ballets s’affrontent à l’Opéra de Paris. Onéguine au Palais Garnier, Cendrillon à Bastille.

Pas mal de distributions intéressantes et un vrai casse-tête pour choisir ses places. D’un côté on veut une Cendrillon pour tel danseur, de l’autre Onéguine pour telle danseuse, ah mais ce soir je peux pas aller à Garnier je suis à Bastille, au non deux Cendrillon deux soir de suite c’est pas possible…

Au final mon planning a été réglé. J’ai toutes les distributions que je veux aux dates qui m’arrangent.

Aussi, lorsque cela ne se passe pas comme prévu, ça me contrarie !

 

La soirée du 1er décembre a donc très mal commencé. Mes amis de RATP ne faisant jamais les choses comme il faut, le RER a trainé, trainé pour finalement s’immobiliser à Cité universitaire. De là démarre une folle course poursuite entre le tram, la ligne 4 et la ligne 1. Je réussi à sauver les meubles en arrivant à 19h 34 précise à l’Opéra Bastille. Mais là horreur/malheur, aucun retard n’est toléré. J’ai beau être placée au dernier rang du parterre contre l’allée, pas moyen d’entrer dans la salle. Me voici donc contrainte de passer le premier acte devant un écran de diffusion sur lequel on ne voit absolument rien du spectacle. Je rumine. D’autan plus que ce n’est pas donné les places ! Il est fini le temps où on pouvait se permettre d’aller voir une distribution pas bien passionnante juste par curiosité. A l’heure où l’on peut payer jusqu’à 40€ un fond de loge de côté, il faut soigneusement choisir ses représentations. Autan dire que j’ai passé trois bons quart d’heure à maudire l’Opéra, la direction le service marketing…

 

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                                                            Erwan Leroux, Yann Saïz

 

Aussi il va m’être bien difficile de commenter cette représentation. Comment, en effet parler de la prestation des artistes lorsque l’on a manqué un tiers du spectacle ?

Je ne vais donc parler que de ce que j’ai vu.

Le second acte s’ouvre donc sur les scènes de cinéma. Des passages peu chorégraphiés mais assez plaisants. La scène du prisonnier est toujours aussi efficace en grande partie grâce au décidément excellent François Alu. King Kong est assez rigolo pour son côté gadget et remporte un beau succès auprès du public.

 

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                                                                        Karl Paquette

 

Puis nous arrivons au bal avec de beaux danseurs tout vêtus de doré. Les deux sœurs et la marâtre de Cendrillon amènent le côté comique de la situation. La toute nouvelle première danseuse Alice Renavand est impayable dans sœur bleue. Elle en fait des tonnes pour faire apparaitre une peste qui n’a décidément pas inventé l’eau chaude. Elle ne quitte jamais son personnage et il est réjouissant de l’observer lorsque sa sœur danse. Elle ne reste pas statique. Elle l’encourage, bouge, aborde des mimiques assez hilarantes. Le revers de la médaille est que Nolwenn Daniel apparait pour le coup comme très en retrait. Elle n’est pas sur la même longueur d’ondes. Leurs deux approches sont différentes et ne vont pas extrêmement bien ensemble. Difficile en revanche de se faire une idée de la marâtre de Simon Valastro quand on n’a pas vu le premier acte. Pour ce qui est des suivant, j’ai trouvé son personnage assez méchant et du coup pas très drôle. C’est un point de vue qui se défend car après tout dans le conte elle est la méchante de l’histoire. Cependant, dans cette version ballet, la belle-mère est vraiment là pour apporter du comique. C’est dommage car le sujet excelle d’ordinaire dans ce registre.

 

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                                                   Alice Renavand, Nolwenn Daniel

 

Autres invités du bal, Alessio Carbone qui fait preuve de beaucoup de second degré en professeur de danse. Il ne désespère jamais malgré l’incompétence flagrante de ses élèves.

Karl Paquette est quand à lui très à son aise en producteur/bonne fée mais avec tout ce qu’il danse en cette fin d’année avait-il vraiment besoin de ce rôle en plus ?

Venons en maintenant aux héros. Nicolas LeRiche a fait une entrée un peu fébrile avant de quitter la scène à la fin de sa variation. Je dois avouer que su le coup, je n’ai pas soupçonné le moindre problème.

Toutefois quelques secondes plus tard c’est bien Yann Saïz toujours dans son costume de metteur en scène qui a commencé le pas de quatre avec les sœurs vite rejoint par Karl Paquette. Honnêtement, lorsque l’on connait mal (ou pas) la chorégraphie, on y voit que du feu. Tout c’est fait le plus naturellement du monde, sans panique, sans que l’on ressente quelque chose d’anormal. Cela semblait faire partie de la chorégraphie.

Mais au moment de la rencontre avec Cendrillon l’acteur vedette m’a paru bien grand et bien chevelu pour être Nicolas LeRiche ! Vérification à la jumelle, il s’agit bien de Florian Magnenet. Le premier danseur (qui performait tout de même la veille aux côtés de Marie-Agnès Gillot) a dû être catapulté en catastrophe sur scène. Il n’était pas coiffé, pas maquillé et visiblement pas échauffé.

Il ne c’est toutefois pas économisé. Malgré une variation un peu allégée il a assuré un très beau pas de deux du tabouret avec une Dorothée Gilbert d’un naturel désarmant. On avait l’impression que tout était prévu, tout était facile. L’étoile campe une bien belle Cendrillon. Son entrée sous les flashs des photographes était féérique. Pour le coup, elle faisait plus princesse que starlette mais qu’importe. On vient aussi voir un conte de fée.

 

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                                                             Dorothée Gilbert, Florian Magnenet

 

L’acte 3 c’est déroulé dans une sérénité tout à fait étonnante aux vues des circonstances. Florian Magnenet c’est investit à 100% dans son rôle d’acteur vedette en quête de sa belle. Dorothée était pour sa part très touchante une fois redevenue souillon. Leur pas de deux final avait un vrai souffle. On sentait que le courant passait entre les deux interprètes. Attention tout de même pour Florian Magnenet à ne pas prendre trop souvent cet air « ravi de la crèche » que ne renierait pas Mathieu Ganio. Toutefois il n’est pas évident de garder le second degré demandé à l’acteur vedette tout au long du ballet. Et puis je trouve Magnenet fait pour ces rôles de princes qui n’ont pas grand-chose à dire et se contentent de danser la mèche au vent. C’est simple, il me fait penser à Eric le prince de la petite sirène ! Il n’est certainement pas une étoile en puissance mais assure bien sa fonction de premier danseur.

On peut donc pour cette représentation dire un immense Bravo à tous les solistes pour leur sang froid et leur professionnalisme. Je pense tout particulièrement à Karl Paquette et Yann Saïz (qu’il serait bien en acteur vedette !) qui m’ont impressionnée. Et évidemment un grand bravo à Dorothée Gilbert et Florian Magnenet qui malgré les circonstances ont réussit à me faire passer une très bonne soirée (c’était pourtant bien mal partit !!). Cela ne doit pas être évident d’assurer le rôle titre masculin quand une partie de la salle est là pour un autre. Une dizaine de personnes autour de moi sont d’ailleurs parties au 2e entre acte déçues de ne pouvoir voir LeRiche, elles ont été bien bêtes !

 

Après les commentaires, les questions.

La blessure de LeRiche si elle est sérieuse va à coup sûr entrainer une valse des distributions. Brigitte Lefebvre a dû passer une bien mauvaise nuit !

L’étoile devait assurer la première d’Onéguine dans une semaine. Sera-t-il remplacé ? Ou alors un autre couple prendra sa place ? Aurélie Dupont assurant les dernières Cendrillon avec Josua Hoffalt, difficile d’imaginer qu’elle décale ses Tatiana. Un nouvel interprète alors ? Karl Paquette sera-t-il le nouveau sauveur de la situation ?

La suite au prochain épisode (c’est horrible on dirait presque un teasing de série télé).

Pour moi ce sera la semaine prochaine avec la distribution Bullion/Letestu. En espérant que tout ne change pas d’ici là !

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 15:28

Le 25 novembre prochain va commencer une longue saison de Cendrillon à l’Opéra Bastille. La période de Noël est toujours particulièrement chargée pour les balletomanes. Cette année le ballet de Noureev se retrouve en face d’Onéguine de John Cranko au Palais Garnier.

Le second programme est bien plus attrayant  que le premier qui pourtant se rempli plus vite. Je ne saurais que trop vous conseiller un petit détour par le Palais Garnier cet hiver. Onéguine est un très beau ballet, bien construit et plein d’émotion. Les distributions sont assez intéressantes et feront l’objet d’un prochain article.

Cendrillon est certainement l’un des « grands classiques » les moins réussit que présente l’Opéra de Paris. L’adaptation du conte qu’en fait Noureev apparait aujourd’hui un peu datée. Toutefois, les étoiles (féminines) se bousculent sur le rôle titre ce qui promet de belles soirées. L’occasion de faire un petit point sur les distributions.

 

Cendrillon : Agnès Letestu  Le Prince : Stéphane Bullion  Les sœurs : Ludmila Pagliero et Mélanie Hurel  La mère : Stéphane Phavorin 

25, 27 novembre ; 4, 7 et 12 décembre

Une habituée et une prise de rôle pour la première. Si Agnès Letestu a connait déjà bien Cendrillon et a même été immortalisée en DVD ce sera une première pour Stéphane Bullion. J’ai du mal à imaginer le danseur étoile sur ce rôle. Il aurait été bien plus à son aise sur Onéguine mais il fallait bien des étoiles pour Bastille.

Du côté des « seconds » rôles, Stéphane Phavorin fait des merveilles dans le rôle de la mère. Ce sera également l’occasion de découvrir Ludmila Pagliero dans un registre purement comique.  

 

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                                                                      photo : Icare 

Cendrillon : Drotohée Gilbert  Le Prince : Nicolas LeRiche  Les sœurs : Alice Renavand et Nolwenn Daniel  La mère : Simon Valastro

 29 novembre, 1er et 3 décembre

Seulement trois dates pour l’un des couples les plus attrayants de la série. Nous aurions déjà dû voir les deux étoiles ensembles l’an dernier sur le Lac des cygnes si Dorothée Gilbert ne c’était pas blessée. Il s’agit sans doute là de l’une des dernières occasions de revoir Nicolas LeRiche dans un rôle classique. Quant à Dorothée Gilbert, elle devrait camper une Cendrillon tout à fait réjouissante. A noter également la présence d’Alice Renavand chez les sœurs. On a « accusé » la jeune femme de ne pas assez se préoccuper du classique. L’occasion est faite pour elle de prouver le contraire et j’ai hâte de la découvrir dans ce rôle.

Cendrillon : Marie-Agnès Gillot  Le Prince : Florian Magnenet  Les sœurs : Sabrina Mallem et Amandine Albisson  La mère : Aurélien Houette

30 novembre, 6, 10 et 14 décembre

En voilà une distribution qui ne fait pas du tout envie ! En tout cas pour son couple principal. Je suis un peu méchante car je pense que Florian Magnenet peut faire un très bon prince. Toutefois j’ai un mal fou à m’imaginer Marie-Agnès Gillot dans le rôle de la jeune et fragile Cendrillon. On peut toujours être surpris mais je n’en n’aurais pas l’occasion car j’ai revendu ma place pour le 30. Toutefois j’aurais adoré découvrir les sœurs de Sabrina Mallem et Amandine Albisson. Je pense qu’elles vont toutes deux être excellentes.

Mais il faut bien faire des choix au milieu de toutes ces distributions…

 

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Photo: http://www.nbs.or.jp/blog/1003_parisopera/

 

Cendrillon : Laétitia Pujol  Le Prince : Jérémie Bélingard  Les sœurs : Caroline Bance et Christel Granier La mère : Simon Valstro

9, 13, 16, 20 et 23 décembre

Je ne me rappelle même plus la dernière que l’on a vu Jérémie Bélingard dans du classique. Il y est pourtant souvent excellent. Laétitia Pujol n’est pas une danseuse qui me touche mais elle peut être intéressante.

 

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Cendrillon : Emilie Cozette  Le Prince : Karl Paquette  Les sœurs : Laure Muret et Géraldine Wiart  La mère : Alexis Renaud

19, 21, 25 et 30 décembre

Encore une distribution pas bien excitante. Enfin si l’on est fan de l’une des deux étoiles j’imagine que l’on passe un très bon moment. Personnellement, je passe mon tour. J’ai d’ailleurs une place à vendre pour le 21 (15€) si cela intéresse quelqu’un.

Cendrillon : Aurélie Dupont  Le Prince : Josua Hoffalt  Les sœurs : Ludmila Pagliero et Mélanie Hurel  La mère : Stéphane Phavorin 

22, 26, 28, 31 décembre

 

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Ca sent bon pour Josua Hoffalt qui hérite du réveillon du 31 en compagnie d’Aurélie Dupont. Les mêmes circonstances (avec cette fois Dorothée Giblert) avaient values sa nomination à Karl Paquette il y a deux ans. Après il est évident que ce ne serait pas bien original. Bonjour l’effet de surprise !

Je verrais en tout cas avec plaisir le premier danseur en Prince. Voilà un danseur intéressant, enthousiasmant même la plupart du temps qui est en constante progression. Même si la nomination ne vient pas sur cette série gageons qu’elle ne saura tarder (enfin il faut tout de même se souvenir de Ludmila Pagliero plusieurs fois annoncée nommée et que l’on attend encore).

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 15:37

Allez, il est temps de revenir sur le concours de promotion des garçons.

Quadrilles :

1.       François Alu (promu)

2.       Maxime Thomas (promu)

3.       Takeru Coste

4.       Alexandre Labrot

5.       Florent Melac

6.       Cyril Chokroum

 

Peu de concurrents cette année pour les quadrilles hommes. Il faut dire que seulement deux postes étaient à pourvoir.

La variation imposée extraite de Napoli a été absolument redoutable pour les concurrents. Le tout semblait assez laborieux et les deux grands pliés en fin de variation ont coupé les jambes de pas mal de candidats.

Au final, seuls trois candidats s’en sont tirés avec les honneurs, François Alu, Alexandre Labrot et Florent Melac. C’était propre, bien fait avec enthousiasme. C’est logiquement qu’ils forment mon trio de tête.

Ces bonnes impressions se sont vérifiées lors des variations libres. François Alu a littéralement écrasé la concurrence avec sa variation extraite de la Bayadère (comme le dit Fab, c’est l’hallu !). La technique était parfaite, les sauts d’une hauteur impressionnante. On en regrettait de ne pouvoir applaudir tant c’était enthousiasmant. Le jeune a à coup sûr un bel avenir dans la compagnie.

Plusieurs candidats pouvaient prétendre à la seconde place et le résultat final n’est pas honteux. Maxime Thomas a fait une bonne prestation sur In the middle, somewhat elevated de Forsythe.

Alexandre Labrot et Florent Melac étaient également excellents chacun dans leur style.

Takeru Coste se retrouve classé troisième après un formidable AREPO. Sa variation imposée était tout de même assez limite. Cette place est donc surprenante. Dommage pour les autres…

 

f-alu.jpg

                                                        François Alu (photo: Sébastien Mathé) 

 

 

Coryphées :

1.       Pierre Arthur Raveau (promu)

2.       Alexandre Gasse

3.       Sébastien Bertaud

4.       Axel Ibot

5.       Yann Chailloux

6.       Gregory Dominiak


Le concours des coryphées était très équilibré et enthousiasmant. Le niveau était excellent et la Mazurka imposée de Suite en Blanc a permit de faire ressortir pas mal de personnalités.

Hugo Vilgiotti, Alexandre Gasse et Pierre-Arthur Raveau ont présenté une technique exemplaire et pleine de promesses pour les années à suivre.

Sébastien Bertaud c’est imposé comme la plus forte personnalité de sa classe. Il a une grande prestance dès son entrée en scène et s’impose avec classe dans le style de Lifar. Il confirme ensuite avec sa variation libre Speaking in tongues de Paul Taylor. Il est l’un des seuls à avoir réussit à poser une vraie atmosphère, proposer quelque chose de différent des multiples princes déjà vus. Il impose réellement un caractère de soliste et se détachait du reste du groupe.

Il est vraiment dommage de le voir encore une fois coincé dans cette classe des coryphées tant il est évident qu’il est à sa place chez les sujets. Toutefois après ce qu’il c’était passé l’an dernier (un très bon concours, 5 postes et pas de promotion) j’avais peu d’espoir. Vraiment dommage.

Personnellement, Bertaud mit à part, j’aurais parié sur une promotion d’Alexandre Gasse. Il m’a impressionné avec ses Sept danses grecques.

A noter également Yann Chailloux et Axel Ibot qui ont présenté deux Don José très différents mais tout aussi intéressant l’un que l’autre.

Le promu Pierre-Arthur Raveau a fait un beau concours, très équilibré. Toutefois il est jeune et n’est coryphée que depuis un an. Il aurait peut être été profitable pour lui de passer un an de plus dans cette classe… J’attends maintenant de le voir dans de petits rôles pour me faire une idée plus précise de ce danseur.


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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 18:08

Dix followers en plus rien qu’aujourd’hui sur Twitter !

Le concours annuel de promotion du corps de ballet de l’Opéra de Paris ne failli donc pas à se réputation d’événement le plus suivit de la saison ! Il faut dire que tout le monde s’y intéresse. Qu’on ait eu une place ou pas, qu’on soit près de Garnier ou au travail, tout le petit monde des balletomanes va garder tout la journée un œil sur son téléphone ou sur Internet pour avoir des nouvelles. Que ce passe-t-il ? Qui s’en sort le mieux ? et au final qui est promu ?

La course aux places a été compliquée cette année. Je remercie donc la personne qui m’en a procurée une ! Ce matin à 8h c’est donc pleine de motivation que j’ai bravé la terrible grève du RER B et ses wagons bondés pour aller chercher mon précieux sésame.

Malheureusement, un rendez-vous m’a contrainte à sécher l’après-midi. Je n’ai donc (à mon grand regret) pas pu voir les coryphées et surtout les sujets, classe la plus surveillée chaque année. Celle qui déchaîne à coup sûr toutes les passions !

Voici donc quelques petites impressions sur la classe des quadrilles ainsi que des commentaires sur les résultats des autres catégories.

Tout d’abord, un grand bravo à toutes les danseuses pour l’énergie et le talent qu’elles ont mit dans ce concours. Cela ne doit pas être évident de se présenter comme ça devant une salle bien remplie. Si l’on compte qu’en plus près de la moitié de la compagnie est chaque soir sur scène pour la Source, elles ont bien du courage.

 

Quadrilles

1.         Marine Ganio Promue

2.         Juliette Hilaire Promue

3.         Lydie Vareilhes Promue

4.         Laetizia Galloni Promue

5.         Jennifer Visocchi

6.         Léonore Baulac

 

Très jolie classe que celle des quadrilles, très homogène aussi, beaucoup plus que l’an dernier. On ne compte pas de grosse catastrophe et le niveau était très bon.

La variation imposée de la belle au bois dormant n’a pas semblé poser d’énormes difficultés aux concurrentes hormis les sissones qui étaient parfois un peu laborieuses.

J’ai néanmoins beaucoup aimé le naturel de Laétizia Galloni et la grâce de Claire Gandolfi. Marine Ganio, Miho Jujii et Sofia Parcen ont également fait de belles prestations.

Globalement Marine Ganio est celle qui a fait le concours le plus enthousiasmant. Sa variation libre était magnifique. La technique était parfaite, l’intention était là. On voyait beaucoup de joie de danser ce qui était un plaisir à voir. Je suis ravie de sa première. Si ça n’avait tenu qu’à moi, elle serait déjà passé l’an dernier où elle nous avait présenté une Carmen absolument géniale.

J’ai également beaucoup aimé le libre de Lydie Vareilhes. Assez court mais intense, qui mettait parfaitement en valeur les qualités de la jeune femme. Elles étaient donc toutes les deux dans mon top 4.

J’y avais également placé Miho Fujii qui nous a offert une magnifique variation de l’ombre (les Mirages, Lifar). Il est vraiment dommage qu’elle ne soit même pas classée.

En ce qui concerne les autres promues, Laetizia Galloni a fait un concours très équilibré. Sa variation libre (Diane et Actéon) était pleine de fraicheur.

Juliette Hilaire a aussi fait bonne impression avec une Aurore nickelle techniquement et une très bonne prestation sur Forsythe. Pas de grande injustice donc dans cette classe dont les résultats représentent bien les performances du jour.

Cela nous montre également à quel point il est difficile de faire des pronostics pour les quadrilles. Une danseuse peut être présentée comme favorite (Barbeau, Baulac) et décevoir le jour-même. Mais dans le cas des deux jeunes femmes on ne peut pas dire qu’elles aient déçue. Elles sont juste tombées sur plus fortes qu’elles le jour J.

 

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                                                         Marine Ganio (photo dansomanie) 

 

 

Coryphées :

 

1.       Silvia Saint-Martin Promue

2.       Lucie Clément Promue

3.       Caroline Robert Promue

4.       Eléonore Guérineau

5.       Charlotte Ranson

6.       Aubane Philbert

Je n’ai donc pas vu ce concours et ne peux me permettre de des commentaires généraux.

Silvia Crystel Saint-Martin est à coup sur l’un des grands espoirs de la compagnie. Elle avait scotché tout le monde l’an dernier avec un concours quasi-parfait et semble avoir confirmé cette année. C’est une danseuse sûre techniquement et dotée d’une belle personnalité. Je me rappelle l’avoir trouvée très touchante dans Roméo et Juliette où elle arrivait à émouvoir avec le rôle pourtant très bref du double dem Juliette. Elle avait construit un vrai personnage et c’était un plaisir à voir.

Je connais mal les deux autres promues. On a déjà pas mal vu Caroline Robert dans des petits rôles sa promotion semble donc normale.

On remarquera qu’une fois de plus Eléonore Guérineau échoue au pied du podium prouvant qu’elle est vraiment mal aimée de la direction.

A titre personnel je suis assez déçue du non classement de Pauline Verdusen, une danseuse attachante et intéressante que l’on avait pas mal vu la saison dernière.

 

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                                             Silvia Saint-Martin (photo Sébastien Mathé)

 

 Sujets :

1.       Alice Renavand Promue

2.       Amandine Albisson

3.       Héloïse Bourdon

4.       Aurélia Bellet

5.       Charline Giezendanner

6.       Laura Hecquet

 

La classe des sujets est celle qui attise toutes les passions et pourtant je ne vais pas faire polémique (désolée !). La promotion d’Alive Renavand me semble logique et méritée. Cela au moins deux saisons qu’elle est distribuée comme une première danseuse, il ne lui en manquait que le titre !

J’aurais pu contester une promotion l’année dernière et argué qu’on ne la voyait que dans le contemporain mais après l’avoir vu dans Phèdre en début de saison j’ai revu mon jugement. Cette fille a vraiment quelque chose. Elle a réussit à exister et presque même à voler la vedette à Marie-Agnès Gillot ce qui est tout de même un exploit. Elle apporte quelque chose de fort à chacun de ses rôles et est une artiste singulière. Après c’est vrai qu’on ne la voit jamais dans du classique. J’ai envie de dire, la faute à la direction qui ne l’y distribue pas. Pour l’avoir vu en danseuse de rue, je sais qu’elle peut y faire de très belles choses et l’attend maintenant dans des rôles de premier plan dans ce domaine.

Pour le reste du classement on ne peut évidemment que noter l’absence de Mathilde Froustey éternelle mal-aimée. Pour moi la jeune femme c’est tout même tirée une balle dans le pied en présentant Delibes Suite en libre. Elle a déjà dansé cette variation à Varna et la présente dans de nombreux galas. On a l’impression qu’elle n’a pas fait l’effort de choisir quelque chose de nouveau. C’est bien dommage quand on voit son immense potentiel.

Amandine Albisson et Héloïse Bourdon s’affirment comme les espoirs de leur catégorie avec ces supers classements. Maintenant… il faut les voir ! Surtout Héloïse qui ne fait même pas de purge ! C’est bien beau d’avoir 25 représentations de Cendrillons avec que des étoiles (et 3 ou 4 dates pour MAG) mais il est passé où le temps où on distribuait Myriam Ould-Braham sur Aurore ou Dorothée Giblert sur Kitri alors qu’elles n’étaient que sujet ?

Sinon le classement de Charline Giezendanner me réjouit. Je savais qu’elle ne passerait pas mais elle obtient tout de même une belle place.

A noter le retour en douceur de Laura Hecquet que l’on attendait plus haut.

 

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                                                 Alice Renanvand (photo: Agathe Poupeney)

 

Demain au tour des garçons !

Malheureusement pas de compte rendu le soir même pour cause de dernière Source (longue journée !!) mais vous pouvez toujours me suivre sur Twitter pour avoir des impressions en live !

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 16:44

Le concours de promotion approche !

Pour l’occasion, comme l’an dernier, j’ai donné mes pronostics au blog de Danses avec la plume. Plusieurs autres bloggeuses se sont prêtées au jeu et il est assez amusant de voir à quel point les résultats se recoupent parfois que ce soit dans les pronostics où les préférences.

Les débats post-concours promettent d’être intéressants.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 16:18

On prend presque les mêmes et on recommence.

La représentation du 3 novembre dernier avait pour attrait principal la découverte de Myriam Ould-Braham dans le rôle de Naïla. Le reste de la distribution était quasi identique à la représentation du 28 octobre.

C’était donc l’occasion de voir l’évolution de Florian Magnenet et Laura Hecquet en Djemil et Nourreda quelques jours après leur première.

 

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Les choses se sont globalement bien mieux déroulées. Laura Hecquet semblait plus investit dans son rôle. Elle était plutôt touchante dans le premier acte en princesse lointaine et nostalgique. Elle réussit à bien rendre la rivalité avec la favorite du Khan au second acte. Il faut dire qu’elle a beaucoup de répondant en face d’elle avec Aurélia Bellet qui campe une Dadjé assez autoritaire et sûre de son pouvoir qu’elle voit peu à peu vaciller. Toutefois Laura Hacquet peine toujours à émouvoir après avoir été rejetée par le Khan. On aimerait un peu plus d’abandon dans son pas de deux avec Djemil.

 

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Le chasseur était toujours interprété avec conviction par Florian Magnenet. Ce dernier, par ses belles lignes offre une danse très agréable à regarder. Dommage qu’elle soit émaillée de quelques fautes techniques qui gâchent un peu le tout.

Il est néanmoins un très bon partenaire pour Myriam Ould-Braham. Décrite comme la Naïla idéale, j’avais plus que hâte de découvrir la première danseuse. Dès son entrée en scène elle impose en effet sa danse aérienne, presque immatérielle qui sied magnifiquement bien au personnage. Elle survole techniquement toute la chorégraphie et tout coule de source (mouahaha, jeu de mot même pas fait exprès !) dans le passage des nymphes. Cette partie ne demande pas beaucoup d’efforts au niveau de l’interprétation toutefois j’aurais aimé un peu plus de clarté dans les sentiments. Si on ne connait pas l’argument ce dernier reste bien flou (j’ai d’ailleurs dû ré expliqué ce passage à ma voisine).

 

Copie-de-P1040498.JPG

 

Tout s’arrange au second acte et particulier au moment du sacrifice de Naïla vraiment touchant. On peut tout de même regretter que la première danseuse n’ait pas été choisie pour la captation vidéo. Son style épuré correspondait bien mieux au rôle de Naïla que la danse plus terrienne de Ludmila Pagliero qui aurait été (je me répète) une Nourreda parfaite.

Au niveau des seconds rôles, Alessio Carbone m’est apparu comme le plus faible des Zaël. Sa danse est tout à fait agréable à regarder mais elle n’a pas le brio de celle de Mathias Heymann. Son personnage est en revanche un peu plus réfléchi mais m’est apparu moins sympathique que celui proposé par Allister Madin (affaire de goûts…).

 

Copie-de-P1040499.JPG

 

Il ne me reste plus maintenant qu’une seule représentation de la Source. Je ne sais pas encore si je la commenterai car il s’agit une nouvelle fois de la première distribution. Il sera toutefois intéressant de voir l’évolution des danseurs entre le début et la fin de série. De plus, j’ai appris a apprécier de plus en plus ce ballet au fil des représentations et ils sera donc très plaisant de le voir une dernière fois.

D’ici la fin de la semaine, vous aurez droit à un retour sur les résultats du concours de promotion interne de l’Opéra. Je ne parle que des résultats car je n’ai pour l’instant toujours pas de billet pour y assister… Je tenterai ma chance le jour-même mais ai peu d’espoir.

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 18:53

Comme promis, voici un petit retour sur la représentation du 28 octobre.

Alors qu’une grande partie de troupe était partie en tournée à Biarritz, ce sont les petits jeunes qui ont prit le pouvoir sur la scène du Palais Garnier vendredi dernier.

Au programme, Charline Giezendanner que l’on avait plus vu sur le devant de la scène depuis la Petite danseuse de Degas, dans le rôle de Naïla, le très en vogue Florian Magnenet en Djemil, Laura Hecquet revenue d’une longue blessure en Nourreda et pour finir, le tout nouveau sujet Allister Madin en Zaël.

 La soirée était donc placée sous signe de la nouveauté et de la fraicheur.

 

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Florian Magnenet campe un Djemil plutôt sympathique. Il monte bien mieux à la corde Karl Paquette qui (lorsque je l’ai vu) laissait ses jambe pendre pendant la montée. Merci pour la crédibilité. Djemil est très fort mais quand même. Le premier danseur n’est pas techniquement plus intéressant que l’étoile. Il faut dire que les variations de ce personnage ne sont pas particulièrement valorisantes. Néanmoins, les belles lignes de Florian Magnenet font passer le tout.

Du côté des caucasiens, Christophe Duquenne campe un très bon Mozdock même s’il n’a pas le tranchant de Vincent Chaillet dans sa danse. Il campe un vrai grand frère, plus protecteur et moins violent que son collègue premier danseur.

 

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La Nourreda de Laura Hecquet était très attendue mais ne m’a pas totalement convaincue. Sa danse est d’une très belle qualité, ses lignes toujours aussi belles mais le tout demeure trop froid, trop lointain. Cela peut passer au premier acte où la jeune femme est censée être nostalgique et un peu « ailleurs ». Ca l’est moins au second où ne sent pas d’évolution. Le jeu n’est pas assez clair et l’on n’est pas touché par le sort de la pauvre jeune femme. Sa tristesse après avoir été rejetée par le Khan n’est pas assez évidente et on a du mal à être ému.

Passons maintenant au royaume des nymphes. Charline Giezendanner campe une Naïla tout à fait charmante. Elle est mutine à souhait et rend l’histoire tout à fait limpide. Elle a en plus développé une belle complicité avec Florian Magnenet et leur pas de deux était très plaisant. Mais le vrai pas de qui m’a touché est celui de Naïla et du Khan très bien campé par Emmanuel Hoff. Tout était très fluide et les portés spectaculaires. Les passages où la jeune femme se jette dans les bras de son partenaire étaient particulièrement bien réalisés et impressionnants.

 

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Au côté de l’esprit de la Source, Allister Madin se révèle très convaincant en Zaël. Sa technique est très assurée même si malheureusement, le fait d’avoir vu Mathias Heymann la veille n’est pas à l’avantage du sujet. Toutefois, prise individuellement, sa prestation était de haut et enthousiasmante. Il a également fait preuve de belles qualités interprétatives qui nous donnent envie de la revoir dans un rôle de plus grande importance.

Tout cela nous amène à la conclusion du ballet. Ces dernières scènes qui m’ont parue si longues lors d’autres soirées étaient ici un pur bonheur. Charline Giezendanner était certainement la plus émouvante  des Naïla. L’histoire, l’hésitation de la nymphe, sa résignation, la douleur de son amour à sens unique, étaient ici limpide. Les quatre interprètes ont rendus se passage extrêmement touchant et mettait totalement en valeur le fait que malgré sa perfection technique, la première distribution (celle qui sera filmée, et donc qui restera) manquait cruellement d’émotion sur la fin.

 

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Bravo donc aux petits jeunes qui s’ils n’étaient pas encore tout à fait rodés, pas parfait techniquement, ont réussit à véritablement donner vie à cette histoire et à lui apporter ce dont elle avait besoin, de l’engagement et de l’émotion.

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