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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 13:35

 

La saison parisienne démarrant un peu doucement, le week end dernier était l’occasion de voir ce qu’il se fait ailleurs en France en allant découvrir les deux seules compagnies d’envergure du pays à proposer du classique (mais pas que !) en dehors de l’Opéra de Paris.

Les ballets de Toulouse et Bordeaux ont chacun choisi de rendre hommage à Serge Lifar quasiment en même temps ce qui nous permet de pouvoir (re)découvrir pas mal d’œuvres du chorégraphe en à peine deux jours.

 

Samedi, direction Toulouse. Une ville au passage très agréable avec une belle architecture et une bonne ambiance (même s’il n’y a plus de restos ouverts après 22h30 !).

 

Le ballet de Toulouse dirigé depuis 3 ans par l’ancien danseur étoile de l’Opéra de Paris Kader Belarbi est une compagnie en plein de renouveau qui propose des saisons extrêmement intéressantes. La troupe est de petite taille (environ 35 danseurs) mais regorge de talents.

J’ai été totalement séduite par cette compagnie qui respire la joie de danser. Les artistes ont de quoi faire en enchainant de nombreux rôles au fil de la même soirée. Ils ont présenté au public un spectacle très aboutit et il faut bien le dire, franchement enthousiasmant. J’en suis ressortie enchantée.

 

Le programme nous offrait deux œuvres (assez rares à Paris) de Serge Lifar et Roland Petit ayant pour point commun leur compositeur Henri Sauguet. Les deux partitions étaient pour moi des découvertes (hors extraits entendus de ci de là).  Elles ont chacune une ambiance bien à elles et permettent d’entrer dans le ballet avec force.

 

Les-Mirages_Avetik-Karapetyan_Maria-Gutierrez.jpg

 

La soirée débute avec les Mirages qui nous fait pénétrer dans le palais de la Lune avec un homme qui va dérober la clé des songes et rejoindre un univers où il croisera des femmes, des marchands avant de voir tout ce à quoi il aspire s’évanouir.

De prime abord, l’argument du ballet n’est pas limpide et il me faudra une petite explication pour tout comprendre. Cela n’empêche pas d’apprécier le spectacle.

L’atmosphère du ballet est tout à fait particulière et mystérieuse.

Dans ce décor gris, les numéros s’enchainent. On croise ainsi la très pétillante Chimère de Caroline Betancourt, la séduisante femme de Béatrice Carbone. Mais aucune d’elle ne s’éternise laissant l’homme (rôle finalement assez peu valorisant qui semble plus ‘passer les plats’ qu’autre chose) seule avec son ombre.

Car la véritable ‘star’ de la pièce c’est bien elle. Tour à tour implacable ou mélancolique elle trouve en Maria Gutierrez une interprète de choix. Extrêmement charismatique, elle propose une palette très large d’émotions et nous emporte à travers la nuit.

 

Un très beau ballet, très bien servi par ses interprètes qui laisse un souvenir durable.

 

À côté, les Forains, œuvre de jeunesse de Roland Petit peut paraître plus anecdotique. La danse n’est pas encore très développée mais le sens du spectacle lui est déjà là. Petit a toujours su raconter des histoires fortes de manière limpide et nous en avons un bel exemple ici.

Ces forains sont franchement émouvants avec l’énergie qu’ils mettent dans le spectacle pour offrir les meilleurs numéros possibles à un public enthousiaste mais bien ingrat qui ne leur laissera même pas une petite pièce pour vivre. La pièce est pleine de mélancolie et touche juste.

 

forains-2759.jpg

 

Sa construction (une suite de numéros) permet à chaque interprète de briller même s’il est vrai que le clown et la petite fille (absolument adorable) sont des rôles particulièrement valorisants qui remportent facilement l’adhésion du public. À leurs côtés Artyom Maksakov et Béatrice Carbone forment un beau couple de « héros » dans les rôles du prestidigitateur et de la belle endormie, tandis que Virginie Baïet-Dartilongue fait une belle apparition en Loïe Fuller après avoir joliment ouvert la pièce.

 

2014-toulouse-forains

 

On ne peut donc qu’être frustré par cette salle si peu remplie. Lorsque le spectacle est d’une telle qualité, on aimerait que le plus grand nombre en profite.

Alors si vous habitez la région ou avez l’occasion d’y faire un petit voyage, ne manquez surtout pas le ballet du Capitole, vous y passerez une soirée dont vous vous souviendrez !

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Published by danse-opera.over-blog.com - dans Ballets hors opéra
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