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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 11:27

En ce premier jour d’août, il est temps de revenir sur la saison 2011/2012 de l’Opéra de Paris. Oui juste de l’Opéra de Paris cette année car je n’ai pu aller voir suffisamment de spectacles extérieurs (hormis les Etés de la danse) pour vraiment en parler...

Cette saison s’annonçait assez sympathique avec des reprises de ballets assez rares (Phèdre, Manon, Appartement...), le retour de Bayadère et la création de la Source. Au final subsiste tout de même l’impression d’une saison en demi-teinte. Pour préparer ce bilan, j’ai relu ce que j’avais écris sur la saison 2010/2011 et je pourrai finalement faire les mêmes reproches qu’à l’époque ! Les grands classiques ont majoritairement déçus (en grande partie à cause de distributions anarchiques et de blessures en série) et les bonnes surprises sont venues de programmes sur le papier moins forts mais plus intéressants et mieux gérés.

 

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                                                              La Source (photo: Anne Deniau)

 

La saison avait commencé de la plus étrange des façons avec le programme Lifar/Ratmansky. La reprise de Phèdre m’a plongée dans la perplexité la plus totale. Le ballet est apparu comme assez daté et ses excellents interprètes n’ont pas pu y faire grand-chose. Quant à Psyché, il est assez drôle de constater qu’en fin de saison à l’heure où blogueurs et forumeurs faisaient leurs bilans, bien peu pouvaient se rappeler le nom de la pièce ! Ca veut tout dire.

Nous avons ensuite enchainé avec l’une des meilleures surprises de l’année : la re création de la Source. Je dois bien l’avouer la première représentation ne m’avait pas du tout emballée. Eclairages trop faibles, costumes trop clinquants... Cela m’avait complètement sortie du ballet et empêché d’apprécier la chorégraphie et l’histoire. Mais à force de le revoir j’ai commencé à comprendre l’enthousiasme général et ai fini la série en regrettant de ne pas avoir pris plus de places.

Restait tout de même le problème des distributions... Un problème commun à tous les « classiques ». Aucune ne m’a complètement emballée et c’est bien dommage.

 

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                           Cendrillon: Stéphane Bullion, Agnès Letestu (photo: Sebastien Mathé)

Cela nous amène vers les représentations de Cendrillon que je couplerai avec celles de la Bayadère. On se demande ce qui passe par la tête de la direction lorsqu’elle propose de telles distributions au public. Positionner des danseurs sur quatre rôles et deux voir trois ballets différents. Programmer deux soirées de front dans les deux théâtres. Faire alterner aux danseurs contemporain et classique dans la même semaine... Avant même que les représentations ne commencent on savait que ça ne fonctionnerai pas. Et on avait raison ! Une avalanche de blessures s’est abattue sur les séries de Cendrillon et Bayadère au point de se retrouver avec  à peine un titulaire encore valide en fin de parcours. Même Karl Paquette a montré qu’il n’était pas le surhomme que l’on croyait en renonçant à Solor pour cause de blessure. 

 

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                                             Appartement : Vincent Chaillet (photo: Sebastien Mathé)

Toutefois Cendrillon a été assez sympathique. Même si le ballet n’est pas le plus réussi des Noureev, les solistes étaient bons et le corps de ballet enthousiaste. On ne peut pas en dire autant de la Bayadère, gros point noir de la saison, avec des danseurs qui semblaient à bout de forces dès les premières représentations. Cela faisait mal au cœur de voir toutes ces ombres si tremblotantes dans un acte qui n’est censé être que magie.

Les bonnes surprises sont venues des « néo-classiques » et en particulier d’Onéguine. J’avais adoré ce ballet lors de son entrée au répertoire et il faisait déjà partie de mes « tops » de la saison à l’époque. Cette année, plus d’effet de surprise mais une œuvre toujours aussi sympa et des danseurs extrêmement bien castés (merci les ayants droits de Cranko). Je retiendrai évidemment le partenariat magique de Mathieu Ganio et Isabelle Ciaravola, la très belle et toujours si émouvante Clairemarie Osta et la venue d’Evan McKie, danseur qu’il fut un véritable bonheur de découvrir.

 

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                                                         Onéguine: Josua Hoffalt (Michel Lidvac)

En parlant d’émotion et de Clairemarie Osta, il faut évidemment évoquer les adieux de l’étoile, très beau moment de cette saison. Et à évoquer le partenariat Ganio/ Ciaravola on ne peut pas passer à côté de leur Manon. Dommage qu’ils n’aient pas eu des seconds rôles à leur hauteur car ils faisaient partie des plus beaux titulaires parisiens de ces rôles.

Un petit mot aussi sur Appartement, ballet jubilatoire aux interprètes exceptionnels. Mon seul regret fût de ne pas avoir pris plus de places pour cette soirée (et donc moins pour la Bayadère).

Enfin, cette saison nous a offert trois nouvelles étoiles. J’étais ravie d’assister à la nomination de Josua Hoffalt, danseur que j’apprécie beaucoup. Même si c’était attendu c’était un beau moment d’émotion. Maintenant, il faut arrêter de le distribuer avec Aurélie Dupont avec qui il n’a aucune alchimie sur scène et le faire danser avec Dorothée Gilbert ou Myriam Ould-Braham avec qui il s’accorde bien mieux (oui un Don Quichotte Hoffalt/Gilbert et un Heymann/Ould-Brahaù ça serait tellement chouette).

 

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                                  Manon: Mathieu Ganio, Isabelle Ciaravola (photo Michel Lidvac)

 

La nomination de Ludmila Pagliero me laisse un peu plus indifférente. C’est une danseuse que j’apprécie vraiment mais de là à la voir étoile... Elle a aussi eu la malchance de se blesser juste après son sacre ce qui nous a privé de sa Manon et sa Lise. Il faudra attendre la saison prochaine pour réellement voir ce qu’elle peut faire sur des rôles titres.

La saison c’est enfin achevé sur un grand sourire. Ou deux plus précisément. Le premier fût la nomination de Myriam Ould-Braham sur la Fille mal gardée, tellement inattendu mais qui fait vraiment plaisir. Le second fût la distribution Froustey/Raveau/Alu/Phavorin sur ce même ballet. L’une de mes plus belles représentations de l’année.

 

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     La fille mal gardée : Myriam Ould-Braham, Josua Hoffalt, Simon Valastro (photo: Julien Benhamou)

 

Pour conclure, cette saison n’a pas vraiment tenu toutes ces promesses. Il m’en reste un sentiment bien plus partagé que l’an dernier ou (malgré les mêmes problèmes de distribution) j’avais passé d’excellents moments devant Roméo et Juliette, le lac des cygnes, les soirées Roland Petit  et Mats Ek ou la venue du Bolchoï.

L’année prochaine s’annonce également un peu triste avec beaucoup de contemporains et très peu de grands classiques mais peut être aurons-nous droit à de bonnes surprises.

 

Je vous laisse donc pour le mois d’août durant lequel (à part actualité exceptionnelle) il n’y aura pas d’actualité.

Il ne me reste plus qu’à vous remercier chers lecteurs d’être toujours fidèles au poste !

Je vous mets tout de même à contribution pour la fin de l’année ! Je pars fin août pour 10 jours en Toscane (sans voiture, je préviens !) donc si vous avez des bons plans ou même juste une liste des choses incontournables à voir ou à faire dans la région, vos avis sont les bienvenus par mail ou en commentaire !

Bonne vacances à ceux qui en ont et bon courage à ceux qui travaillent.

Rendez-vous à la rentrée !

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Published by danse-opera.over-blog.com - dans Autre
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commentaires

Eco du Tam Tam 18/09/2012 11:24

Encore un superbe article, merci !

danse-opera.over-blog.com 18/09/2012 12:21



merci à vous de me lire!



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