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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 21:12

Après deux représentations de Cendrillon, il était maintenant temps de découvrir l’autre ballet de cette fin d’année, celui donné au Palais Garnier, Onéguine.

Lors de son entrée au répertoire de la compagnie en avril 2008, j’avais vraiment craqué sur ce ballet que je trouvais efficace et très bien construit. Un certain nombre d’événements lui avait en plus été relié comme la double nomination Isabelle Ciaravola/Mathias Heymann le soir de la première ou les adieux de Manuel Legris un mois plus tard.

Cette reprise fût pour le moins perturbée avec une cascade de blessures entrainant des prises de rôles surtout chez les messieurs.

Ainsi Hervé Moreau qui fût le plus beau et le plus vrai des Onéguine il y a trois ans a annoncé ce mois-ci sa démission de l’Opéra de Paris suite à une blessure chronique. C’est une immense perte pour l’Opéra... Mathieu Ganio le remplacera aux côtés d’Isabelle Ciaravola.

Le jeune retraité José Martinez a finalement annulé sa venue entrainant la titularisation de Karl Paquette aux côtés de Dorothée Gilbert.

Enfin, la blessure de Nicolas LeRiche sur Cendrillon une semaine tout juste avant la première a plongée tout le monde dans l’effroi poussant la direction à appeler en catastrophe Evan McKie, étoile du ballet de Stuttgart pour assurer les représentations auprès d’Aurélie Dupont. Il est tout de même regrettable qu’il faille attendre le retrait de l’une de nos étoiles maison pour inviter un danseur dont c’est tout de même le répertoire de prédilection... On invite Lopatkina à danser le Lac, Jiri Bubenicek sur du Neumeier, cela semble logique d’inviter un danseur de la compagnie de Cranko pour danser un de ses ballets.

 

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Quoi qu’il en soit, la présence à Paris d’Evan McKie a apporté un regain d’intérêt à la première distribution que j’ai enfin pu découvrir hier soir.

Tout d’abord, ce ballet est toujours aussi bien construit. Il est composé de trois actes assez courts de deux scènes chacun. L’intrigue est très lisible même sans connaitre l’histoire. Tout pourra-t-on regretter que l’opéra ai une nouvelle fois fait appel à l’orchestre colonne qui après le Lac des cygnes l’an dernier nous fait encore grincer des dents avec une partition de Tchaïkovski.

 

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Le premier acte se passe chez l’héroïne Tatiana (oui pour moi c’est elle l’héroïne du ballet malgré son titre) et sa sœur Olga. Les scènes de corps de ballets sont très efficaces et très bien emmenées par une Myriam Ould-Braham charmante de naïveté. Elle est comme à son habitude pleine de fraicheur et s’accorde bien avec le Lenski de Josua Hoffalt. Les deux amoureux sont mignons comme tout dans leurs pas de deux. Si le premier danseur a pu paraitre un peu crispé à son entrée en scène, il se lâche vite et nous offre des sauts et pirouettes magnifiques. Vivement son acteur vedette dans Cendrillon !

Arrive enfin Onéguine dont le costume noir tranche avec les couleurs pastelles du reste du groupe. Evan McKie est réellement impressionnant dans ce rôle. Tout chez lui est juste. Chaque attitude est réfléchie et s’accorde parfaitement avec ce que le attend du personnage. Il est distant, amusé par la candeur de Tatiana et déploie une danse magnifique.

Il sait se montrer très bon partenaire dans le pas de deux du rêve même s’il s’agit du premier passage où l’on sent vraiment le manque de répétition entre les deux étoiles. L’un des portés n’est jamais passé même s’il a toujours été rattrapé très naturellement.

 

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Au deuxième acte, nous sommes au bal. Un passage toujours très sympathique où l’intrigue va totalement basculer. Onéguine rend sa lettre à Tatiana voulant lui faire comprendre qu’il ne partage pas ses sentiments. Devant l’incrédulité de la jeune fille la déchire sous ses yeux avant d’aller flirter avec sa sœur (la grande classe). Evan McKie sait ici se montrer cruel sans pour autan être totalement détestable. On ne peut que louer encore une fois l’extrême clarté de son jeu qui rend l’intrigue lisible. Aurélie Dupont apparait quand à elle un peu effacée, pas forcément très touchante lorsqu’Onéguine la rejette. On est ému par son sort mais c’est plus à cause de la situation que du jeu de l’étoile. Néanmoins, elle offre une variation absolument impeccable et techniquement très enthousiasmante.

Mais le drame approche. Olga danse avec Onéguine dans une totale insouciance. Myriam Ould-Braham joue un Olga très naïve, qui n’a aucune idée de ce qu’elle est en train de provoquer. Elle s’amuse et c’est tout. Son fiancé lui ne trouve pas ça drôle du tout et va provoquer son rival en duel.

Josua Hoffalt se montre extrêmement juste dans cette partie, que soit au bal ou au duel. Sa variation est une vraie réussite tant sur le plan technique que de l’interprétation. Il est infiniment touchant. Malheureusement pour lui, Onéguine aura le dessus ce qui nous entraine tout droit vers le troisième.

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Dix ans ont passé, Tatiana est maintenant mariée et heureuse. On peu toutefois s’interroger sur la présence de Karl Paquette dans un rôle aussi court et, il faut bien le dire, pas bien passionnant. L’étoile danse quasiment tous les soirs, sur quatre rôles et deux ballets différents. Il est étonnant que la direction n’ai pas voulue le de ce personnage pour y mettre un premier danseur.

J’ai de plus trouvé le pas de deux entre les deux époux assez plat. Il ne s’y passait pas grand-chose. Aurélie Dupont faisait très grande dame mais je préfère la simplicité et la tendresse de Clairemarie Osta.

Onéguine arrive, il regrette, voit toute sa vie défiler et nous amène jusqu’au pas de deux final. Celui qu’il ne faut absolument pas louper ! Il peut rattraper une soirée moyenne ou ruiner belle représentation.

Hier, il m’a permit de totalement revoir mon jugement sur l’interprétation d’Aurélie Dupont. Elle était absolument magnifique. Les deux danseurs ont su apporter une réelle osmose qui rendait se passage poignant. Le meilleur moyen de terminer une déjà bien belle soirée.

 

Au final, cette représentation nous a offert une distribution très équilibrée où chacun était juste et à sa place. Evan McKie fût l’une des vraies belles surprises de cette fin d’année. E

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Published by danse-opera.over-blog.com - dans Ballets opéra de Paris
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