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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 21:50

Depuis fin septembre, les Ballets Trockadero de Monte Carlo sont à Paris. Cette troupe d’hommes parodiant les plus grands ballets classiques en tutus et pointes ne visite pas si souvent que cela notre pays aussi leur venue aux Folies Bergères était un petit événement.

Ma découverte des Trocks date de 6 ou 7 ans lorsque j’étais tombée par hasard sur la diffusion de leur DVD dans une FNAC parisienne. Avec ma meilleure amie nous étions restées scotchées une demi-heure à rire devant l’écran. On s’était à l’époque promis de les voir en live un jour.

Les prix et la ruée vers les places nous ont vite calmées mais cette fois à quelques jours d’un anniversaire, l’occasion était trop belle. Un beau cadeau plus tard, nous voici aux Folies Bergères. Une connaisseuse de ballet et une novice, le mix parfait pour apprécier la soirée sur des niveaux différents.

Mais assez parlé de moi. A la troupe maintenant. Il serait trop simple de réduire les ballets Trockadero à un drag-show avec des mecs qui portent des tutus et montent sur pointes pour faire rire le public. Ce n’est pas tant le côté travesti qui amène le rire que les vraies bonnes idées et gags qui émaillent le spectacle. Les Trocks sont de vrais danseurs, et de bons danseurs. Ils montent sur pointe aussi bien que des femmes et reproduisent parfois à l’identique de grandes variations du répertoire sans trembler.

La soirée s’ouvre avec la traditionnelle annonce des très nombreux remplacements de dernière minute d’étoiles aux noms imprononçables.

On commence avec le grand « tube » de la compagnie : le Lac des cygnes. Nous sommes à l’acte 2 au bord du lac avec un méchant très méchant et théâtral qui bat des bras sous des éclairs en carton qui font très peur (ou pas). Cette partie est certainement la plus grand public du ballet. L’histoire est connue de tous, la musique aussi. Les gags sont bien visibles avec les grands cygnes assommants les membres du corps de ballet à coup de grands battements, les petits cygnes ne sachant pas où placer leur tête, la ballerine principale tout en « over-émotion » et grandes envolées lyriques. Le prince de son côté fait beaucoup rire avec son jeu très limité, ses gestes un peu niais et sa façon de traverser la scène de long en large en prenant un air inspiré. Au final les non-initiés rient de bons cœurs aux gags et les connaisseurs font de même en repérant les quelques clins d’œil.

lac.jpg

Après l’entre-acte on reste dans le même registre avec le pas de deux du cygne noir. Ici un tout petit prince ressemblant à un petit jeune enthousiaste à qui l’on confie son premier grand rôle se retrouve confronté à une ballerine un peu diva faisant deux fois sa taille. Ici pas vraiment de passage comique (si ce n’est ce satané cygne blanc qui essaye de se taper l’incruste). On est plutôt impressionné par les qualités techniques des interprètes en particulier celui jouant Odile qui a enchainé à une très belle variation, une magnifique série de fouettés. Vraiment impressionnant.

go.jpg

Le rideau tombe et se relève quelques secondes plus tard sur Go for Barocco qui penche très fort du côté de la parodie des œuvres de Balanchine. Après deux soirées parfois longuettes passées en compagnie des œuvres du chorégraphe au Palais Garnier cette bouffée d’air frai était la bienvenue. Il semble que le ballet reste drôle et sympathique même pour une personne ne connaissant pas Balanchine ce qui n’était pas évident à la base. Et pour ceux ayant enchainé plusieurs Sérénades, Agon et autre Fils prodigue c’était un pur bonheur. Les poses acrobatiques, les bras qui s’emmêlent au point que l’on ne s’y retrouve plus coinçant les ballerines dans des situations cocasses... On se régale.

Le deuxième acte se terminait avec un autre grand classique de la troupe, la mort du cygne. C’était le morceau que je connaissais le mieux et pourtant ce cygne perdant ses plumes au fur à et à mesure de son évolution sur scène me fait toujours autan rire. Son agonie est assez rapide mais très efficace et a déclenché des tonnerres d’applaudissement de la part du public.

cygne.jpg

Pour terminer la soirée, nous avons droit à Valpurgeyeva Noch, une satire hilarante d’un acte de divertissement (ressemblant fortement à certaines productions russes). C’est ultra kitsch avec les nymphes et leurs jolis voiles, les faunes, les héros en toges, la ballerine enchainant les virtuosités avec un air outrageusement concerné et le danseur blond peroxydé au sourire carnassier.  Tout ce petit monde cherche à exprimer leurs purs sentiments à grand renfort de gestes outrés et lyriques. Je dois dire que ça m’a fait mourir de rire !

 Les-Ballets-Trocadero-de--005.jpg

En conclusion une soirée extrêmement sympathique qu’il aurait été dommage de manquer. Derrière l’humour on voyait un réel amour de la danse et du ballet et surtout des danseurs extraordinaires qui vont bien plus loin que le concept « mecs qui jouent les ballerines » auquel on a tendance à les cantonner.  

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Published by danse-opera.over-blog.com - dans Ballets hors opéra
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