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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 10:32

 

Ah il fallait les mériter ces adieux ! Un incident sur le RER m’a propulsé dans une course folle pour arriver à temps au Palais Garnier. Une petite dose d’émotions fortes avant celles qui allaient venir.

 

C’est donc hier, jeudi 10 octobre (le jour de mes 25 ans en plus, quel beau cadeau !), qu’Agnès Letestu faisait ses adieux au public parisien sur un ballet qu’elle a su marquer de son empreinte au fil des ans : la Dame aux Camélias.

Inutile de faire un compte rendu de la représentation. Ces spectacles ont toujours une saveur particulière. Ils sont traversés par une émotion spéciale. On cherche alors, les regards, les petits gestes entre les danseurs. Et hier nous y avons eu droit avec un partenariat au sommet entre Agnès Letestu et Stéphane Bullion. Les deux étoiles étaient en osmose totale. Tout n’était que sourires et gestes tendres aux deux premiers actes, passion déchirante au troisième. Stéphane Bullion était d’ailleurs particulièrement inspiré ce soir. À lui aussi la grande Agnès va beaucoup manquer. Avec qui va-t-il bien pouvoir danser ? Nous avons pris les paris à la fin de la représentation !

 

Tous les autres interprètes seraient à citer avec en tête Eve Grinsztajn, une des danseuses phares de cette série. Elle a réussi à se glisser avec autant de succès dans les rôles de Manon qu’Olympia et a illuminé la scène de soir en soir. Hier soir c’était dans la robe violette de Manon qu’on la retrouvait pour une dernière danse bouleversante.

À noter la très grande fraicheur de Léonore Baulac, délicieusement frivole en Olympia. On ne peut que souhaiter la revoir plus souvent titulaire sur d’autres ballets.

 

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                               photo: blogapetitpas.fr

 

Mais place à la Reine de la soirée. Le sentiment général qui transparaissait chez les balletomanes hier était clairement la nostalgie. Agnès Letestu est de ces danseuses que l’on imaginait ne jamais voir partir. Elle a toujours été là (pour les plus jeunes bien sûr). Pour ceux qui ont commencé à aller au ballet ces quinze dernières années elle a été la référence en matière de ce que devait être une étoile. La grande Agnès avec sa classe légendaire, sa technique impeccable mais jamais ostentatoire, ses interprétations respirant l’intelligence. On a tous un souvenir marquant d’Agnès Letestu. De tous ces rôles, elle a réussi à sortir quelque chose d’intéressant. Même quand elle n’avait pas le physique ou personnalité pour, elle s’imposait avec grâce et élégance. C’était de plus une ballerine qui parlait très bien de son métier. Il était toujours passionnant de l’écouter (et la voir) en interview.

 

Pour ouvrir la boîte à souvenirs, la première fois que j’ai vu la belle Agnès sur scène était la toute première fois que j’ai vu un ballet à l’Opéra de Paris : Giselle. J’étais toute petite et en garde finalement assez peu de souvenirs mais elle était restée depuis mon étoile de référence.

 

Depuis j’ai eu la chance de beaucoup la voir danser dans des rôles très où elle n’a jamais déçu. Je garderai je pense longtemps cette dernière image d’une Marguerite agonisant se dirigeant vers un carré de lumière les bras tendu vers le public avant de s’écrouler.

 

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                                      photo : dansomanie

Hier soir le public était venu nombreux pour lui aussi lui faire ses adieux. C’est toute simple dans robe blanche et sous une pluie de paillettes que l’étoile c’est présentée sur le devant de la scène. Visiblement intimidée elle a vite fait revenir son partenaire et le corps de ballet. Les mots qui qualifieraient le mieux ce moment sont simplicité et classe. Elle est allée se poster sur les avant-scènes pour se rapprocher encore du public a fait venir sur scène quelques personnalités notamment Ghislaine Thesmar avec qui elle a beaucoup travaillé au cours de sa carrière (petit rappel de Tout près des étoiles !). Le beau moment d’émotion fût évidemment la venue sur le plateau de son partenaire de toujours José Martinez, (LE grand couple de la danse d’il y a quelques années) venu lui apporter un bouquet de fleurs blanches. Bouquet qu’elle a par la suite posé au bord de la scène en « offrande » à son public. Un acte à l’image de la danseuse.

 

Avec le départ d’Agnès Letestu c’est toute une page qui se tourne. Une nouvelle aire commence et on a pour l’instant un peu de mal à voir de quoi elle sera faite. Je ne vais pas vous saper le moral en vous disant qu’en l’espace d’un an et demi nous allons aussi perdre Nicolas LeRiche, Isabelle Ciaravola, Aurélie Dupont (et aussi Christophe Duquenne)…

Et dans 10, 20 ans quand nous seront un gang de balletomanes avertis, on pourra bassiner les petits jeunes en leur disant que quand on avait leur âge on a eu la chance de pouvoir voir tous ces grands danseurs sur scène !

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Published by danse-opera.over-blog.com - dans Ballets opéra de Paris
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