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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 13:42

Enfin ma première représentation de la Source.

Jusque là je n’avais pu découvrir le ballet que par la répétition AROP qui en avait été donné il y a quelques semaines. Une répétition qui m’avait franchement inquiétée quand à la suite des événements. Décors de cordes, costumes trop clinquants, ballet lent et un peu ennuyeux…

Heureusement la représentation d’hier soir n’est pas venue confirmer cette impression. Quelques éléments me gênent toujours mais dans l’ensemble, on passe une bonne soirée.

 

Copie-de-P1040397.JPG

Le premier acte s’ouvre sur le décor de la fameuse source. Elle a ici été légèrement transformée avec un amas de cordes en guise de troncs d’arbres et des rideaux déchirés. L’ensemble confère une atmosphère étrange et merveilleuse à la scène. C’est assez efficace.

Au bord de cette source, des elfes tous plus excellents les uns que les autres. Allister Madin, Fabien Révillon, Adrien Bodet et Hugo Vigliotti sont pleins d’énergie avec une excellente technique et forment avec Mathias Heymann un quintet de choc. Le danseur étoile est d’ailleurs l’une des (la ?) grandes stars de la soirée. Nous l’avions un peu perdu après sa nomination. Il a été souvent blessé et lorsqu’il était sur scène, malgré ses grandes qualités, on avait du mal à retrouver ce qui nous plaisait tant chez lui. Avec le rôle de Zaël, le public est enchanté. Technique superlative, joie de danser, générosité, tout est là.

 

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                                                          Christophe Duquenne

 

Mais la tranquillité de la source va bientôt être troublée par un convoi. Celui de Nourreda, jeune femme ayant quitté son village pour aller se marier avec un homme qu’elle ne connait pas. L’arrivée des caucasiens est l’un des moments les plus sympas de l’acte 1. Les danses de caractères sont énergiques et bien menées par un Vincent Chaillet impressionnant de force et de charisme.

Isabelle Ciaravola campe une Nourreda sensible et émouvante. Pourtant sa personnalité artistique l’emmènerait plus vers le rôle de Naïla. C’est un peu la particularité de cette distribution. Ciaravola est presque trop aérienne pour Nourreda alors que Ludmila Pagliero est trop terrienne pour Naïla. Mais je vais y revenir.

 

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                                                                 Vincent Chaillet

 

Auprès de la source, Nourreda aperçoit une fleur, la plus belle qu’elle ai jamais vue. Malgré tous leurs efforts, ni son frère, ni sa suite ne réussira à l’atteindre. C’est alors qu’arrive Djemil vêtu de son plus beau pyjama qui (parce qu’il est le héro et donc le plus fort) va décrocher le précieux talisman. Il va néanmoins commettre une belle boulette en soulevant le voile de Nourreda pour admirer son beau visage.

Battu et laissé pour mort par les hommes de Mozdock (le frère de Nourreda pour ceux qui ne suivent pas) il va alors être secouru de la plus étrange des façons. Parce que nous sommes dans un conte, c’est Naïla l’esprit de la source qui va le sauver grâce à sa fleur magique. Ludmila Pagliero est une bien belle danseuse que j’ai beaucoup apprécié dans ce qu’elle a fait jusque là. Ici elle réussit à être mutine, touchante, le tout avec une technique de fer. Toutefois, elle a du mal à convaincre en être éthéré, irréel. Trop humaine, trop terrienne, elle aurait fait une bien meilleure Nourreda.

Plus embêtant, sa complicité avec son partenaire Karl Paquette n’est pas évidente. La faute certainement au manque de répétition, Pagliero ayant dû remplacer Pujol sur la première distribution.

Avec l’arrivée de Naïla, nous débarquons dans la pure féérie avec le monde des nymphes. Des tutus, bleus, des tutus roses/violets, des diamants partout… C’est tout à fait charmant. Cette partie reste néanmoins la plus faible du ballet à mon goût. La faute en très grande partie à la musique ennuyeuse au possible. Pour une histoire d’amour, elle manque sérieusement de lyrisme et de souffle romantique. On du mal alors à être emporté. C’est dommage car la chorégraphie est intéressante malgré des alignements approximatifs.

 

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                                                                      Isabelle Ciaravola

 

Deuxième acte. Nous sommes cette fois-ci dans le palais du Khan. C’est à ce moment là que le concept du décor « tout en cordes » a commencé à me gêner. C’est un peu vide. L’argument le plus souvent avancé est que son minimalisme fait contrepoids à luxuriance des costumes de Christian Lacroix. Mais dans cette partie justement les costumes ne sont pas des plus heureux. Les Odalisques se retrouvent ainsi affublées de tenues orangées dont la brillance avait de quoi aveugler. On ne parle même pas des coiffes hautes qui doivent terriblement gêner les danseuses. La chorégraphique est toutefois assez sympa et rend le divertissement plaisant.

Arrive la caravane de Nourreda qui en quelque secondes renverse le cœur du Khan s’attirant ainsi la jalousie de sa favorite Dadjé formidablement interprétée par la trop rare Nolwenn Daniel. L’ambivalence entre les deux femmes est très marquée. A la danse lente et sensuelle de Nourreda s’oppose celle énergique et très technique de Dadjé. La partie de Nourreda est certainement la moins valorisante et on ne peut s’empêcher de se dire qu’Isabelle Ciaravola mérite mieux.

Alors que la fête bat son plein chez le Khan, débarquent six drôles de personnages. Il s’agit de Zaël et les quatre elfes venus aider Djemil à conquérir la belle Nourreda. On nage encore en plein conte puisque cela ne semble interpeller personne que les intrus soient tout vert ou bleus. Djemil quand à lui a fait un petit effort en revêtant une veste verte toute pleine de cristaux de Swarovski sur son pyjama qui n’aurait pas été très classe pour une telle soirée. Manque de bol, il se fait repérer par le frère de Nourreda et doit partir se cacher pendant que les Elfes font l’animation.

 

 

Alors débarque Naïla dans le palais. Une apparition qui met en valeur l’une des faiblesses du ballet. L’argument est très flou ! Comment est arrivée Naïla ? Pourquoi ? On ne comprend pas et il faut s’en référer au programme (et quand on en n’a pas et bien tant pis !). A peine débarquée dans le palais, Naïla charme immédiatement le Khan (qui est quand même un cœur d’artichaut ou alors il les lui faut toutes) qui va rejeter Nourreda.

On passe ainsi à l’un des plus jolis passages du ballet, le plus néo-classique également : le pas de deux entre Nourreda et Djemil. C’était simple et émouvante. Isabelle Ciaravola et Karl Paquette forment un beau couple, complice, qui a l’habitude de danser ensemble.

Retour de Naïla et Zaël pour la fin qui ne fini jamais. Le passage est pourtant essentiel. Naïla offre sa fleur talisman à Djemil pour sauver Nourreda. Alors que la vie revient chez la jeune femme, elle quitte la nymphe qui s’est donc sacrifiée pour le bonheur de celui qu’elle aime mais qui ne l’a jamais aimé en retour.

Cette partie aurait pu être grandiose mais elle est juste longue (le retour de toute les nymphes n’était peut être pas nécessaire). L’action est confuse et la mort de Naïla passe presque inaperçue. Le tout manque de souffle dramatique.

Cette re-création de la Source par Jean-Guillaume Bart était certainement l’un des ballets les plus attendus des balletomanes cette saison. Au final nous avons droit à une belle production, une chorégraphie intéressante, un vrai ballet classique. L’œuvre ne manque pas de défaut on se laisse malgré tout emporter par l’histoire pour passer une bonne soirée.

 

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                                                      Ludmila Pagliero, Karl Paquette

 

Il ne reste plus maintenant qu’à découvrir les autres dostributions et on commence dès se soir avec la prise de rôle de Charline Giezendanner dans le rôle de Naïla. Le compte rendu n’arrivera pas tout de suite pour cause de courtes vacances en famille. On enchaînera ensuite avec Myriam Ould-Braham et Florian Magnenet.

Entre temps, certainement des nouvelles du concours que je commenterai quoiqu’il arrive.

L’occasion de passer une petite annonce : tu as envie que je fasse un super article sur le concours de promotion du ballet de l’Opéra de Paris ? Et bien fais-moi parvenir un place !

Je mobilise actuellement tous mes réseaux pour trouver une place sans beaucoup de succès. Aussi si quelqu’un a un ticket d’entrée en trop, ce serait très gentil de m’en faire profiter, vous aurez droit à ma reconnaissance éternelle (oui au moins !).

 

D’ici là portez-vous bien !

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Published by danse-opera.over-blog.com - dans Ballets opéra de Paris
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