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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 08:54

J’ai toujours joué de malchance avec la Dame aux Camélias d’Isabelle Ciaravola. Report de date, blessure… je l’ai toujours manquée. Autant dire qu’il était hors de question de je la loupe une nouvelle fois pour sa dernière série parisienne dans le rôle de Marguerite.

 

L’étoile est à l’heure actuelle la grande spécialiste des ballets néo-classiques narratifs de la compagnie. J’avais déjà été fortement touchée par ses interprétations dans Onéguine ou l’histoire de Manon. Seule la Dame me manquait.

 

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À la fin de la représentation, on est en droit de se demander qui pourra bien prendre sa succession. Elle est à ce jour la seule à apporter une telle vérité et une telle justesse à ces grands personnages. Sa Marguerite est en tout point formidable. Inutile de parler une nouvelle fois de son physique idéal pour ce genre de rôle, de ses très beaux  pieds et de ses jambes interminables. Par contre on peut tout de même mentionner ses bras extrêmement gracieux qui apportent une vraie douceur à son personnage.

Sa Marguerite n’est pas une grande dame comme celle d’Agnès Letestu ou d’autres. C’est une demi-mondaine qui s’amuse dans son style de vie et se joue de ses nombreux prétendants. Elle va se retrouver véritablement transformée et transportée par son amour pour Armand. L’évolution de ses sentiments est très claire dans le grand pas de deux du premier acte où elle passe de la femme gentiment amusée à la jeune fille séduite pour qui plus rien n’est impossible.

 

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Elle forme un très beau couple avec Karl Paquette qui m’a pas mal surprise. Je n’avais pas du tout accroché à son Armand lors de la dernière reprise mais tout a changé ici. Il était assez juste et émouvant. Il est de plus un partenaire toujours très attentif et c’est peu de dire que les périlleux pas de deux de Neumeier décollaient totalement avec une impressionnante fluidité. Ils forment un couple très harmonieux que soit dans leur danse ou leur interprétation. 

Le pas de deux de la campagne au deuxième était dans ce sens particulièrement touchant par la simplicité qu’il dégageait. On était là face à deux jeunes gens amoureux et insouciants. Le passage apportait un peu de poésie et une respiration bien nécessaire avant la terrible scène de la confrontation entre Marguerite et M. Duval père. Ce passage est certainement l’un de mes favoris quelle que soit la distribution mais ce soir il a pris une nouvelle dimension. Le regard froid d’Andreï Klem d’un côté les supplications d’Isabelle Ciaravola de l’autre… Cette dernière apparaissait d’ailleurs comme une toute petite chose à côté du massif danseur ce qui donnait à l’échange une impression générale bien différente de la distribution avec Agnès Letestu.

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Karl Paquette a su par la suite montrer un désespoir poignant dans sa variation de la lettre. Une belle attitude qu’il gardera tout au long de l’acte 3 avec notamment un black pas de deux de très haute volé qui fût d’ailleurs très applaudi.

L’acte 3 fût l’un des plus beaux qu’il m’ait été donné de voir sur ce ballet. La lente agonie de Marguerite qui a pu paraître un peu longuette certains soirs passait ici en un éclair en vous nouant la gorge. Cette histoire est quand même horriblement triste !! Les interprètes en on bien fait comprendre tous les enjeux pour chacun des personnages ce soir.

 

Un petit mot tout de même sur les seconds rôles qui étaient très efficaces. Nolwenn Daniel était une Prudence bien plus vive que lors de la première est s’accordait très bien avec Christophe Duquenne assez formidable de drôlerie en Gaston Rieux. Voilà un autre danseur qui manquera beaucoup la saison prochaine (ou celle d’après ? je m’y perds avec tous ces départs).

 

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J’ai eu au premier acte un peu peur pour la Manon de Myriam Ould-Braham que je ne trouvais pas du tout convaincante. L’étoile n’a pas assez exagéré le trait lors de la représentation ce qui est assez embêtant car Manon et Des Grieux sont des personnages de théâtre caricaturaux à ce moment du ballet.

Fort heureusement la danseuse a connu une belle évolution tout au long de la représentation. Elle a assez bien tenu tête à Isabelle Ciaravola dans la confrontation avec Marguerite avant de devenir franchement bouleversante au dernier acte. Sa variation était empreinte d’une telle tristesse qu’elle m’a beaucoup touchée. Et ce court passage où elle se retrouve habillée en Marguerite était très beau par l’implication des deux ballerines.

Enfin la dernière apparition de Manon et Des Grieux dans la chambre de la Dame aux Camélias fût pour moi l’un des moments les plus émouvants de la soirée. Il m’a rappelé la toute première que j’ai vu ce passage (avec Marguerite-Clairemarie Osta, Des Grieux-Christophe Duquenne et Manon-Isabelle Ciaravola).

 

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Effet de dernière, les applaudissements furent nourris lors des saluts avec de nombreux rappels et même une standing ovation du parterre.

On sentait les deux interprètes principaux très émus ce qui me fût confirmé par Karl Paquette à la sortie des artistes, « Il faut profiter au maximum des derniers moments ensemble ».

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Published by danse-opera.over-blog.com - dans Ballets opéra de Paris
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