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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 15:02

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Même en retournant mille fois les phrases dans ma tête j'ai du mal à trouver les mots pour parler des adieux d'Isabelle Ciaravola. J'aurai voulu écrire quelque chose de touchant, beau, émouvant, un peu à son image en fait, mais je me contenterai de faire simple.

Ceux qui lisent ce blog ou me connaissent un peu savent bien toute l'affection et l'admiration que j'ai pour cette danseuse. Elle a été la première à vraiment me marquer lors de ma première saison complète en tant que spectatrice. Découverte lors d'un plein feux (maintenant Rencontres) sur Genus la création de McGregor j'avais alors découvert ses grandes capacités (ces jambes, cette souplesse qui faisait des merveilles dans ce répertoire), puis elle m'a envouté dans le 3e acte de Raymonda avant de franchement m'émouvoir en Manon dans la Dame aux Camélias. P1000370.JPG

 


C'est ce jour que j'ai compris qu'il y avait quelque chose de particulier chez cette danseuse. Une capacité à toucher le public, une justesse dans l'interprétation des sentiments. De tous ces rôles, Isabelle Ciaravola a su sortir quelque chose d'unique. Elle a eu l'intelligence de ne pas vouloir tout danser et est devenue inoubliable dans tout ce qu'elle a interprété. La seule danseuse pour qui je prends une place les yeux fermés et me démène pour assister à chaque prise de rôle ou reprise.

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Ce que j'ai toujours aimé chez elle était sa capacité à me surprendre. Je l'ai vu 5 fois dans Onéguine. Et à chaque fois elle m'a émue par un geste, une intension, un regard, différent des fois précédentes. Sa prise de rôle en Tatiana lors de l'entrée du ballet au répertoire qui s'est accompagnée de sa nomination reste encore à ce jour ma plus belle soirée à l'Opéra. A l'époque nous avions sous les yeux un partenariat fusionnel entre Isabelle Ciaravola et Hervé Moreau et une grande tragédienne.

 

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D'ailleurs lorsque je pense aux plus belles représentations auxquelles j'ai assisté dans ma vie spectatrice, beaucoup se rapportent à elle. La Dame, Manon, Giselle, Onéguine... Sa dernière Tatiana en fera également assurément partie avec une émotion présente tout au long du ballet qui trouve son apogée dans cet extraordinaire pas de deux final (je ne ferai pas de retour sur la représentation en elle-même donc saluons également la performance d'Hervé Moreau, le plus parfait des Onéguine) à l'issu duquel l'étoile s'écroule à genoux sur scène de désespoir. Encore un moment qui m'a prise par surprise et a su me toucher.

 

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Isabelle fait partie des étoiles les plus populaires de l'Opéra et la longue ovation qu'elle a reçu hier soir en était bien la preuve. Simple et généreuse elle a su créer une belle relation de proximité avec son public qui lui a bruyamment et longuement manifesté son admiration. Un moment de communion d'une chaleur rarement vu lors d'adieux. Sous une pluie d'étoiles dorées Isabelle a semblé remercier chaque spectateur présent en restant de longs moments à regarder et saluer le public. Une pluie de bouquets de fleurs a accompagné les saluts qui se sont poursuivis pendant une demie heure devant une salle debout et allumée. L'étoile a même été rappelée une toute dernière fois après le tombé final de rideau.

 

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Après la représentation quelques privilégiés ont pu assister au cocktail au cours duquel Isabelle est apparue comme une princesse dans sa belle robe pour se voir remettre la légion d'honneur par une Brigitte Lefèvre visiblement émue. Dans un discours simple, drôle et touchant, l'étoile a rendu hommage à ses maîtres, ses collègues, ses trois grands partenaires tous présents auprès d'elle (dont deux sur scène hier soir) Mathieu Ganio, Karl Paquette et Hervé Moreau. A eux aussi la belle corse va beaucoup manquer.


Elle a ensuite passé la soirée à signer des autographes, poser pour des photos et recevoir encore plus de fleurs ("il va falloir que j'investisse dans des vases" a-t-elle lâché à la fin de la soirée) et de cadeau jusqu'à ce que le grand foyer se vide vers minuit et demi.

 

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Si les adieux d'Agnès Letestu il y a quelques mois m'avaient rendu nostalgique, ceux d'Isabelle Ciaravola me touchent profondément. Voilà une danseuse qui va énormément me manquer. Aucune interprète parisienne n'est actuellement capable d'apporter au répertoire au néo-classique ce qu'elle réussissait à créer.

Je suis extrêmement heureuse d'avoir eu la chance de pouvoir la voir dans tous ses grands rôles ces 7 dernières années et garderai toujours en tête ses grandes interprétations.

Parce que j'aime la danse pour les émotions qu'elle me procure, pour cette capacité à exprimer tous les sentiments par le mouvement, parce que je vais voir des ballets pour être touchée, surprise et vivre/partager des choses hors du commun, merci Isabelle!

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