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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 22:47

Il y avait du monde, beaucoup de monde hier soir au Palais Garnier pour le Gala Hommage à Rudolph Noureev. Rarement on avait vu autant de monde chercher des places à l’extérieur. La salle était pleine à craquer y compris les stalles dont même les places sans visibilités ont trouvées preneurs. Du haut des 4e loges l’ambiance était donc assez chaude mais pas dans le sens positif du terme ! Les gens cherchaient à se replacer, se posaient devant d’autres gens, qui les faisaient bruyamment connaitre leur mécontentement, recevant en échange divers noms d’oiseaux !

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                                             Myriam Ould-Braham et Christophe Duquenne

 

Au premier rang du balcon, les futurs directeurs de l’Opéra et de la danse, Stéphane Lissner et Benjamin Millepied n’avaient pas ce problème !  Ils ont donc pu pleinement profiter du spectacle et contempler l’héritage de Noureev sur la compagnie. On se demande bien ce qu’ils ont dû en penser…

Deux heures de spectacle avec des extraits vus et revus. En-soi ce n’est pas gênant si l’envie et le brio sont là. Malheureusement la soirée en manquait grandement. En interview, Brigitte Lefèvre elle-même ne semblait pas y croire et elle avait raison. On avait du mal à voir l’hommage. La soirée a semblée triste, terne et surtout manquant de vie et de panache. C’était joli, sage mais rien de plus... à quelques exceptions près!

La première partie était clairement la plus faible. Seuls Eve Grinsztajn et Vincent Chaillet ont réellement réveillé la salle avec un Fandango du tonnerre ouvrant le pas de deux de Don Quichotte. Les deux premiers danseurs étaient extrêmement investit et convainquant, un vrai plaisir à voir.

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                                                   Emilie Cozette et Hervé Moreau

 

La seconde partie était nettement supérieure. On a tout d’abord pu apprécier la grande élégance d’Hervé Moreau dans le pas de deux du cygne blanc. A la suite, le pas de trois du cygne noir avait goût de trop peu. Quel est l’intérêt de distribuer Mathieu Ganio et Dorothée Gilbert dans les rôles titre si c’est pour couper les variations et la coda ? Autant les distribuer dans Don Quichotte où ils auraient pu montrer toute leur virtuosité et leur enthousiasme.

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                                           Laetitia Pujol et Nicolas LeRiche

 

Mais là où cet « hommage » a vraiment pris de l’ampleur c’est avec l’arrivée sur scène de Nicolas LeRiche et Laetitia Pujol. Voilà deux étoiles qui ont su nous emporter. En l’espace de quelques minutes, ils ont posé une ambiance, nous ont emmenés à Vérone. A un an de la retraite, Nicolas LeRiche est le plus beau des jeunes premiers. Fou amoureux de sa belle Juliette il s’est vu pousser les ailes. Une technique impeccable et impressionnante, une vraie passion et une belle complicité avec Laetitia Pujol elle aussi très convaincante. Il n’en fallait pas plus pour renverser le public qui leur a réserver une véritable ovation.

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                                              Agnès Letestu et Stéphane Bullion

 

Et ce n’était que le début. Ils ont été suivis par Mathias Heymann enfin de retour sur scène après près d’un an et demi d’absence pour cause de mauvaise blessure. Si l’étoile m’avait toujours impressionné par sa si belle danse je dois avouer que j’étais moins fan de l’interprète. Et il faut croire que cette longue absence lui a été bénéfique. Le jeune homme et apparu transfiguré. Très mature avec un vrai engagement dramatique. Son solo de Manfred était la seule vraie curiosité du programme. Une pièce très peu reprise et assez inconnue pour le public. Il a réellement su captiver le public, l’émouvoir. Une émotion très présente aux saluts avec cette belle ovation des spectateurs et la joie si évidente de l’étoile à être à nouveau sur scène. Un très, très beau moment difficile à oublier.

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                                                  Isabelle Ciaravola

 

Pour conclure la soirée, des extraits du 3e acte de la Bayadère. Dans la catégorie « c’est dommage » on peut regretter que l’acte n’ait pas été présenté dans son intégralité. Au programme une jolie descente des ombres, un pas de deux très bien emmené par Stéphane Bullion et la Reine Agnès, puis la conclusion du ballet. Ce qu’il faut retenir de cet extrait est évidemment la si belle, si grande Agnès Letestu. Cette danseuse est d’une classe folle et en impose quoi qu’elle fasse. Stéphane Bullion de son côté est toujours très convainquant lorsqu’il est associé à l’étoile. J’attends avec impatience de revoir leur Dame aux Camélias même si cela signe le départ d’Agnès Letestu…

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        N. LeRiche, L. Pujol, M. Ganio, D. Gilbert, B. Pech, E. Cozette

 

Au final vous l’aurez compris, c’est la déception qui domine. Quelques très beaux passages qui valaient à eux seuls le déplacement mais tout de même l’impression que ce « gala » aurait pu être tellement plus. Où était Noureev dans cette soirée ? Lui qui a donné tant d’importance à la danse masculine pourquoi avoir coupé la majorité des variations dans les pas de deux ? Pourquoi pas de pièces plus rares ? Et surtout pourquoi cette impression de léger ennui ? Nicolas LeRiche, Laetitia Pujol, Mathias Heymann, Agnès Letestu (aussi Eve Grinsztajn et Vincent Chaillet) ont semblé être les seuls à vraiment vouloir montrer et exprimer quelque chose en dépassant le simple exercice du gala.

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Published by danse-opera.over-blog.com - dans Ballets opéra de Paris
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