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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 10:37

La nouvelle reprise de Coppélia au Palais Garnier c’est terminée mercredi 30 mars de façon tout à fait particulière avec les adieux de son chorégraphe et ancienne étoile de l’Opéra de Paris, Patrice Bart.

 

Je me suis rendue à la représentation avant tout pour découvrir le ballet (et oui je ne connaissais pas cette version) et évidemment pour le défilé qui reste un moment magique d’années en années. Ce n’est pas que je n’apprécie pas Patrice Bart mais disons que si tous ces éléments ne c’étaient pas combinés je ne suis pas certaine que j’aurai fait le déplacement spécialement pour lui.

Pourtant, je me suis surprise à être assez émue par le bel hommage qui lui a été rendu ce soir-là.

Voici quelques impressions.

 

 

La représentation s’ouvrait donc par le défilé. Je trouve que c’est un magnifique moyen de faire ses adieux. J’avais déjà pu le remarquer lors de ceux de Manuel Legris. On a ici une impression d’une grande unité. Toute une troupe (et une école) derrière un danseur qui se retire.

Il est toujours émouvant de voir ces petits rats si sérieux et concentrés dans ce moment solennel. Puis arrive le corps de ballet, les premiers danseurs dont certains ont eu droit à de belles ovations. Ainsi, Myriam Ould-Braham (qui dansait le rôle titre il y a quelques jours de cela), la ligne des nouveaux premiers danseurs (Magnenet, Hoffalt, Chaillet) ont été particulièrement applaudies (en tout cas dans le coin où je me trouvais !). De fortes acclamations se sont également faites entendre au passage de José Martinez, dont je n’avais pas réalisé que c’était sans doute le dernier défilé, et Nicolas LeRiche.

Puis arrive Patrice Bart en costume noir. Seul, il prend sont temps pour descendre la scène sous les applaudissements du public et du corps de ballet. Il profite quelque peu de l’instant avant de rappeler vers lui les étoiles actuelles. Un moment assez touchant. Le défilé c’est aussi un symbole. En plus de 50 ans de carrière on peut imaginer qu’il en a usé tous les postes (assit par terre, en rang sur le côté, puis sur le devant de la scène).

 

                     Copie-de-P1030111.JPG

                                             Emilie Cozette, Jérémie Bélingard, Isabelle Ciaravola, Karl Paquette

 

Les lumières se rallument, le temps de reprendre ses esprits avant la représentation. Le temps pour moi également de faire connaissance avec ma sympathique voisine de loge que je salue si elle passe par là !

 

Puis nous sommes partit pour Coppélia. Lorsqu’on ne connait que la version « traditionnelle » de ce ballet, l’argument de cette relecture parait pour le moins obscur sans lecture du programme. Ici, plus de jeune homme tombant sous le charme d’une jeune fille à travers une fenêtre. Jeune fille qui se révèle être un automate créé par Coppélius.

Ici, Coppélius est un homme brisé par la disparition de la femme qu’il aime. La grande différence avec les versions que j’ai déjà pu voir est qu’il n’est pas excessivement âgé et surtout, il danse !

 

                        Copie-de-P1030118.JPG

                                                                             Mathias Heymann

 

Du côté du petit village, nous suivons l’histoire de Frantz,  jeune étudiant fan de papillons et sa fiancée Swanilda. Dès le début on se demande un peu ce qu’elle trouve à ce jeunot un peu niai. Aussi il n’est pas très surprenant de la voir rapidement tomber dans les bras du ténébreux Coppélius (pour le compte de fées on repassera). Le pas de trois entre les principaux protagonistes est très intéressant. C’est en grande partie dû à la réelle complicité existante entre Dorothée Gilbert et José Martinez. On sent assez rapidement que la Swanilda de la jeune étoile n’en a pas grand-chose à faire de son naïf fiancé.

 

Leurs échanges sont entrecoupés de danses de caractère très sympathiques et bien emmenées par un corps de ballet déchaîné. Boostés par l’enjeu de la soirée, ils poussent quelques cris de guerre avec une énergie qui emporte rapidement l’adhésion du public.

 

                      Copie-de-P1030119.JPG

                                                                           José Martinez

 

Il faut également signaler les excellentes prestations des amies de Swanilda. Pendant quelques jours, la rumeur avait courue que quelques étoiles pourraient se glisser dans ces rôles au deuxième acte. Il n’en n’a rien été mais cela n’a pas empêché leur passage d’être très sympathiques. La descente de l’escalier au deuxième acte reste un grand moment. La remontée également avec une Mathilde Froustey qui va se retrouver à la porte, enfermée à l’intérieur. Malgré toutes ses supplications, la fameuse porte ne s’ouvrira que le temps qu’il lui soit balancé un livre s’occuper un peu !

 

                                  Copie-de-P1030139.JPG

                                                          Dorothée Gilbert et Patrice Bart

 

Mais parlons maintenant plus en détails des principaux interprètes. Dorothée Gilbert a incontestablement été la reine de la soirée et a reçu de véritables ovations à chacune de ses variations. Tout chez elle semble fait avec un naturel déconcertant. Difficile de s’imaginer que deux mois plus tôt elle avait dû renoncer au Lac des Cygnes pour cause de blessure. Le tout était vraiment enthousiasmant, en particulier les danses écossaises et espagnoles du deuxième acte. Ce type de rôle de caractère lui correspond bien et nous ferait attendre une reprise de Don Quichotte avec impatience.

José Martinez est parfait en Coppélius. Torturé comme il faut, charmeur et énigmatique, il accompagne sa prestation d’une technique impeccable. Finalement personne ne sait la date de son départ en retraite mais je suis heureuse de l’avoir vu, peut être pour la dernière fois, et de ne pas être restée sur l’impression de son Siegfried.

Mathias Heymann campe un bon Frantz, naïf est joueur. On ne lui en demande pas vraiment plus. Il n’était en revanche pas aidé par une chorégraphie tarabiscotée et inutilement compliquée qui ne m’a pas vraiment plu. Reste ces sauts, toujours aussi beaux.

 

                                    Copie-de-P1030149.JPG

                                                                           Patrice Bart

 

Patrice Bart a fait son retour sur scène pour les saluts accompagnés d’une pluie de pétales de roses. Toutes les étoiles passées et présentes étaient sur scène. L’ambiance était assez festive ce qui n’a pas empêché l’émotion de passer.

 

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Published by danse-opera.over-blog.com - dans Ballets opéra de Paris
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