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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 10:43
Le lac des cygnes (Park/ Alu/ Bullion)

On peut dire qu’on l’aura attendu cette représentation du Lac des cygnes ! À l’origine François Alu était programmé sur un grand nombre de Rothbart et deux Siegfried en compagnie d’Aurélie Dupont. Au final on devra se contenter d’un seul et unique Siegfried aux côtés de Sae Eun Park. Autant dire que la foule des Balletomanes Anonymes c’était déplacée en masse.

Quelques heures avant la représentation, un communiqué et un SMS de l’Opéra de Paris indique au public que suite à une grève la représentation sera donnée avec une mise en scène réduite. Pas un véritable problème si l’on prend en compte le fait que la mise en scène du lac n’est pas non plus extrêmement spectaculaire. Le ballet doit avant tout énormément à ses danseurs et tant qu’ils sont là, le spectacle est beau ! Au final je ne suis pas certaine qu’un public ne connaissant pas le ballet aurait vu la différence…

Mais revenons sur le spectacle. Au premier acte, plus que le par la valse, le regard est avant tout attiré par la paire François Alu/ Stéphane Bullion en périphérie de la scène. Les deux danseurs sont tous deux très bons acteurs et leur association est à ce titre très réussie. Ils sont constamment en mouvement et ne restent pas passifs. François Alu est au début un prince un peu chien fou qui veut s’amuser, danser, sauter. Il est vite rappelé à ses responsabilités par son mentor qui l’attire à lui, lui montre son trône, lui demande de s’assoir. Rothbart semble constamment entourer Siegfried. Sa présence et son ascendant sur lui sont forts.

Le prince de François Alu étant de nature plutôt joyeuse on se pose quelques questions sur la suite de l’histoire. Mais le premier danseur c’est toujours montré très mature artistiquement. Il semble bien réfléchir ses rôles et y apporte toujours beaucoup de justesse ainsi que ce petit truc en plus qui va nous accrocher.

Il surprend donc dans sa variation lente et à l’acte 2 par un véritable engagement. Un prince un peu perdu, comme si sa bonne humeur d’avant n’était qu’une façade pour cacher une mélancolie plus profonde.

À l’acte 2, Sae Eun Park fait son entrée dans le rôle d’Odette. D’emblée on est fasciné par son extraordinaire travail de bras. De véritables ailes. Son interprétation est assez juste aussi il est un peu frustrant de ne pas réussir à pointer précisément ce qui ma manqué. Je n’ai jamais pu totalement entrer dans son personnage. Peut être parce qu’elle était trop éthérée, trop immatérielle. On ne la sent pas assez humaine du coup ses intention restent floue. Quelle histoire nous raconte-t-elle ? Est-elle vraiment amoureuse de Siegfried ? Ou juste triste ?

Le troisième acte a été quelque peu amputé des danses de caractère et on ne s’en plaindra pas vraiment ! Cela laissait plus de place au pas de trois très réussi avec trois interprètes au top et où Sae Eun Park a dessiné un personnage plus clair. François Alu de son côté c’est amusé avec une variation impressionnante.

Le quatrième acte est toujours dominé par le corps de ballet féminin, magnifique, mélancolique. C’est très beau.

Pour conclure François Alu a une nouvelle fois fait fort. On ne peut que regretter qu’il n’ait pas eu droit à plus de dates pour roder son personnage. On peut penser ce que le l’on veut de lui (trop brut, pas assez de distinction), il n’empêche que la compagnie manque de technicien comme lui capable de souffler le public sur un simple pas. Mais aussi quelqu’un de charismatique et d’intelligent dans ses interprétations. Il pourrait se contenter de sa technique spectaculaire mais apporte également un plus à ses personnages ce qui fait de lui un danseur à part.

Sae Eun Park de son côté est une danseuse talentueuse avec énormément de capacités. Il lui reste maintenant à s’ouvrir un peu plus.

Un petit mot sur cette série du lac des cygnes : elle fût vraiment plaisante. On a assisté à la même hécatombe que lors de la dernière reprise mais elle fût cette fois bien mieux gérée. Benjamin Millepied a fait beaucoup de tests, propulsé pas mal de jeunes sur le devant de la scène et sur un nombre important de dates. C’est intéressant pour le public. Surtout que les que les solistes ont fait un excellent travail et nous ont apporté des émotions fortes. Intéressant aussi pour les danseurs qui petit à petit se créer une expérience des grands rôles sans la pression d’un titre d’étoile.

Et encore une fois bravo au corps qui assure quelles que soient les circonstances.

Le lac des cygnes (Park/ Alu/ Bullion)

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Vadim 17/04/2015 19:21

Maintenant que tous les spectacles sont terminés on peut dire honnêtement et sans hésiter que le Cygne de Mademoiselle Héloïse Bourdon était de loin le plus impérial et surtout le plus inspiré. Il était surtout parfaitement dans l'esprit du grand Noureev et de la tradition de l'Opéra de Paris. Ses interprétations vont rester en mémoire on ne pourra plus programmer un Lac sans penser à elle.
Pour moi une véritable étoile est née sous nos yeux durant cette saison qui devrait briller encore et encore.

U.G.O. 10/04/2015 21:58

J'ai le sentiment, mais c'est tout à fait personnel, que ce couple d'une part est mal assorti ( malgré tous les efforts de Alu pour donner une âme au partenariat) et ça, je ne m'y attendais pas du tout, et d'autre part que, pour les mêmes raisons , je n'ai pas vu le Lac des Cygnes. J'ai vu un spectacle surprenant inattendu, pas désagréable du tout, surtout au niveau technique où Alu a placé la barre très haut, mais de l'esprit de Noureev, rien. Park est une danseuse certes intéressante , en devenir et appliquée, mais qui en dehors de son port hiératiquement un peu travaillé, n'exprime aucun des sentiments que l'on vient partager avec Odette et Odile à l'Opéra de Paris? C'est froid, c'est encore très scolaire, c'est étriqué, c'est mécanique et surtout ce n'est pas inspiré du tout, c'est très loin des propositions fulgurantes de Bourdon ou majestueuses de Hécquet .Je ne peux pas dire que je me suis ennuyé, par ce que Alu à contrario est une bête de scène, mais j'aurais rêvé justement à voir son Siegfrieg tellement bien contrôlé, qu'il partage cette communion intérieure avec Bourdon, par exemple, qui s'est montré sur cette série absolument dans le style Noureev, la seule à mon sens qui ait compris et exprimé toute la profondeur du double rôle avec une véritable dimension artistique quasi internationale. Tout comme Laura Hécquet qui dans un tout autre registre s'est démarquée elle aussi de la banalité et a fait des propositions très inspirées.
J'ai beaucoup aimé la connivence Stéphane Bullion et Alu , très beau duo, puissant et maîtrisé
Maintenant que j'ai vu à peu près tous les couples de la série je propose une soirée supplémentaire (en rêve) c'est moins cher, Heymann / Bourdon / Alu

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